Ancien directeur d'EM Lyon, Patrick Molle échoue à la tête de France Business School

A l'instar de Richard Descoing à Science-Po Paris, l'ancien directeur d'EM Lyon avait initié un projet original regroupant quatre écoles de commerce via un recrutement hors norme : France Business School. Celle-ci vient d'imploser.

 Ancien directeur d'EM Lyon, Patrick Molle échoue à la tête de France Business SchoolPatrick Molle

L'Ecole de Commerce de Clermont vient de tirer sa révérence. La création d'un nouveau type d'écoles de commerce avec un mode de recrutement original a échoué.

 En 2012, quatre écoles - l’ESCEM de Tours/Poitiers, et les ESC de Clermont-Ferrand, Brest et Amiens – menacées par une érosion du nombre de leurs candidats et donc de leurs recettes, décident de fusionner pour donner naissance à France Business School (FSB).

 Plus qu’une fusion, le projet, porté par Patrick Molle, ancien directeur de l’EM Lyon, se veut l’invention d’un nouveau type d’école qui casse les codes traditionnels des ESC, à commencer par le marqueur clé des grandes écoles : le recrutement via les classes préparatoires.

 Plus de concours traditionnel : à la place, FBS propose des "Talent days" au cours desquels on évalue le potentiel des candidats à travers des tests, des entretiens et des jeux de rôles.

 Un dispositif très lourd organisé dans vingt-et-une villes de France et d’Europe.

 Pour Patrick Molle, repris sur le site du Nouvel Observateur : "Le modèle classique des business schools est à bout de souffle, ce système auto-reproducteur formant des élites à une pensée étroite, je ne veux pas le détruire, mais le faire évoluer".

 Seulement, son approche ne séduit pas le milieu plutôt  conservateur des grandes écoles. Ayant changé son concours, FBS est exclue de la Conférence des Grandes Ecoles. Et le ministère lui retire le label de Master dans l’attente d’une nouvelle évaluation.

 Problème pour contrebalancer ces mauvaises nouvelles : les "Talents days" n’ont pas percé, et la rentrée 2013 a été mauvaise : 343 étudiants admis en grande école contre 1 300 programmés et 430 en bachelor contre 560 prévus. Soit un manque à gagner à "7 à 8 millions d’euros", à multiplier par trois années : le risque potentiel est un déficit de 25 millions d'euros.

 La rentrée 2014 ne s’annonçait pas sous de meilleurs auspices.

 Patrick Molle voulait initier une "révolution" de même nature que celle introduite à Science Po par Richard Descoings avec les concours ZEP. Seulement, le manque de promotion de cette nouvelle voie d’accès en école de commerce a provoqué une très forte baisse du nombre de candidats.

 Conséquence : il y a quelques jour, l'on apprenait que les campus d'Amiens, Brest, Clermont-Ferrand et Tours-Poitiers allaient reprendre leur autonomie et revenir à une organisation "beaucoup plus réaliste".

 France Business School ne meurt pas tout à fait. Le nom va continuer d'exister comme marque pour la promotion internationale des quatre écoles qui retrouvent leur indépendance.

Publiée le 05 sept. 2014 par LARGERON Dominique.
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