Après un mandat particulièrement chahuté, Jean-Paul Chifflet quitte, serein, le Crédit Agricole

Dominique Largeron

L'ancien directeur du Crédit Agricole du Sud Est basé à Lyon qui a grimpé tout en haut de la pyramide de la banque mutualiste dans des conditions particulièrement difficiles en prenant les rênes de Crédit Agricole SA en 2009, a présenté ses derniers résultats annuels avant de prendre, le 20 mai prochain, à 66 ans, sa retraite.

Après un mandat particulièrement chahuté, Jean-Paul Chifflet quitte, serein, le Crédit AgricoleJean-Paul Chifflet

Lorsqu'il a remplacé en novembre 2009 Georges Pauget poussé vers la sortie, comme nouveau directeur général de Crédit Agricole, Jean-Paul Chifflet savait que la partie n'allait pas être facile. Il n'a pas été déçu !

Il prenait la tête d'une société située tout en haut de la pyramide de la banque verte en tant qu'organe coté du Crédit Agricole chapeautant la banque de détail LCL (ex-Crédit Lyonnais), et la banque d'affaires Calyon, mais aussi la banque grecque Emporiki, un véritable gouffre à milliards qu'il a in fine réussi à revendre se séparant d'un véritable boulet !

De surcroît, Calyon, la banque de financement et d'investissement avait subi de plein fouet la crise financière accusant une perte de 2,8 milliards d'euros sur 2007 et 2008.

Le choix de Jean-Paul Chifflet s'était fait naturellement. Le directeur général du Crédit Centre-Est (Lyon/nord de Rhône-Alpes) en poste depuis 2000 affichait alors trente-six ans de carrière au sein de la banque verte.

Il avait déjà été choisi en 2006 comme secrétaire général de la FNCA (Fédération Nationale du Crédit Agricole), l'instance de réflexion, d'expression et de représentation des Caisses régionales.  Et avait fait l'unanimité des directeurs généraux des 39 Caisses.

D'origine ardéchoise, ce pur produit du sérail, qui a débuté sa carrière comme animateur commercial dans la Caisse du Sud-Est en 1973, amateur de rugby et de saint joseph (il possède un hectare de vigne à Saint-Jean-de-Muzols) a réussi son parcours à la tête de la Banque verte et ce, malgré les chausse-trappes qui n'ont pas manqué au cours des dernières années.

Il part en laissant un des meilleurs résultats des banques françaises

En partant, il affiche un des meilleurs résultats des banques françaises, avec un bénéfice net pour le groupe de 4,9 milliards d’euros.

Pour arriver à cette situation, il s'est appuyé sur ses deux moteurs : la banque de proximité, et les métiers, qui ont connu une très bonne performance en 2014.

Il laisse la Banque verte avec un ratio de fonds propres durs de 13,1 % à fin 2014. Plutôt confortable.

 Il laisse cependant un contentieux, celui du litige avec les autorités américaines sur les embargos qui pourrait coûter plus ou moins cher à la banque.

 Sur ce sujet, il explique à notre confrère Les Echos que « Nous sommes dans une phase d’explication et de discussion avec les autorités américaines, avec lesquelles nous coopérons depuis le début. Notre dossier est sans commune mesure avec ceux d’autres institutions bancaires, car l’assiette des transactions n’est absolument pas comparable. »

"Nous avons remis le Crédit Agricole sur le bon chemin"

Dans une interview au même quotidien de l'économie, il se félicite des laisser une maison verte en bon état : « Le redressement opéré depuis deux ans montre que notre organisation actuelle fonctionne. Nous avons remis le Crédit Agricole sur le bon chemin et lui avons donné les moyens de son avenir. "

Il quittera la direction de Crédit Agricole SA le 20 mai, après l’Assemblée générale et pourrait être remplacé par Philippe Brassac, le secrétaire général de la Fédération du Crédit Agricole. Le poste que Jean-Paul Chifflet occupait lui-même avant de gravir le dernier échelon de la Banque Verte.

Publiée le 18 févr. 2015 par LARGERON Dominique.
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