Cité de la gastronomie : Lyon repêché, va pouvoir prendre sa revanche

Le vaudeville gastronomique vient de connaître son épilogue. Evincé dans un premier temps, Lyon va rejoindre le réseau des Cités de la gastronomie constitué par Tours, Dijon et Rungis. Chargée de la thématique « nutrition et santé », la ville de Paul Bocuse a une véritable carte à jouer grâce au futur écrin de cette Cité, l'Hôtel-Dieu, ses 14 000 m2 de surface et ses sept restaurants.

Cité de la gastronomie : Lyon repêché, va pouvoir prendre sa revanche

Le choc avait été rude. Souvenez-vous du désappointement général à l'annonce du résultat de la Mission chargée de désigner la Cité française de la gastronomie. Non seulement, ce n'était pas une seule ville qui avait été choisie comme annoncé préalablement, mais un réseau composé de Dijon, Tours et Rungis. Et humiliation absolue : Lyon n'y figurait pas.

Seule la possibilité d'un éventuel repêchage était évoqué par Jean-Robert Pitte, le président de la Mission (MFPCA) qui-humiliation supplémentaire- évoquait en parlant du site du projet lyonnais « d'une chambre de bonne ».

« Le dossier était bâclé ! »

Et ce dernier d'enfoncer le clou en répondant à une question d'un journaliste du Figaro : pourquoi avoir évincé Lyon ? « Le dossier était bâclé ! La municipalité ne s'est absolument pas investie. Malgré son entregent et son activisme, je n'ai jamais rencontré le maire, Gérard Collomb. Quant au groupe Eiffage, avec lequel s'est associée la ville pour aménager l'Hôtel-Dieu, il nous avait promis de nombreux documents ; nous n'en avons jamais vu la couleur. » (*)

Bref, il avait eu l'impression d'avoir été snobé par Lyon dont le maire aurait été trop sûr de son fait et le lui aurait fait payer.

D'où, à l'annonce de ce résultat à connotation très politique, la déclaration ulcérée de Gérard Collomb : «"Lyon aura de toute manière une Cité de la gastronomie, avec ou sans Paris, car on n'a jamais eu l'habitude d'avoir des mannes publiques et on fera comme par le passé entre Lyonnais »

Une menace qui manifestement-et logiquement- n'a pas été prise à la légère. Lyon a été in fine repêchée et rejoint donc à l'arraché le réseau des villes « Cité de la gastronomie » et c'est une excellente chose. Mais pour quoi faire ? Comment ces différentes Cités de la gastronomiques vont-elles se se distinguer ?

En fait, chacune d'entre elles aura sa spécialité.

A Lyon, la Cité de la Gastronomie s'intéressera plus particulièrement à une thématique associant "nutrition et santé".

Dix-huit millions d'euros

Lyon met sur la table 18 millions d'euros, mais surtout l'écrin, l'Hôtel Dieu au sein duquel prendront place un hôtel Intercontinental cinq étoiles et sept restaurants et 14 000 m2.

La gastronomie étant porteuse, on peut imaginer que cette Cité dans un tel écrin devrait constituer un véritable appel d'air touristique.

En apparence, on ne voit pour l'instant pas trop comment la thématique « nutrition et santé » pourrait être véritablement « vendeuse », même si se trouve là une référence très forte à l'histoire hospitalière du site choisi, l'Hôtel Dieu.

En fait, rien n'empêchera la future Cité de la gastronomie de développer d'autres thèmes. Ils sont d'ores et déjà affichés dans le projet municipal :ce ne sera pas une « Cité de la Gastronomie » d'un seul bloc, mais bien au contraire, « un parcours des saveurs » qui ménera d'un dôme à l'autre, d'une cour à un bâtiment : elle sera donc dispersée sur 14 000 m2 sur l'ensemble des 51 500 m2 de l'Hôtel-Dieu.

Elle offrira ainsi neuf restaurants « du snack à l'établissement gastronomique, en passant par le bar lounge » et ce, sur une superficie globale de 4 900 m2.

 Les commerces à thématiques culinaires qui seront situés autour de la cours du Midi et au sein du « Passage de l'Hôtel-Dieu représenteront une superficie de 2 700 m2. Un grand Marché des Terroirs se déploiera, de son côté, sur 900 m2 au sein de la Cour Saint-Martin.

 Il faudra y ajouter un espace de congrès et de convention doté d'un amphithéatre de 500 places et des salles de sous-commissions, le tout sur 2 900 m2 ; et enfin, un espace muséal, consacré à la fois aux expositions, aux formations et aux événements, le tout sur 3 600 m2.

En sus : un « centre ressources pour les chercheurs » et un « centre de Recherche&Développement pour imaginer le repas gastronomique de demain ».

Un sondage favorable à Lyon

De son côté, Dijon annonce mettre 45 millions d'euros sur la table tout en s'octroyant sans doute l'une des plus belles thématiques du réseau : celle consacrée au vin.

De son côté Rungis, devenu « Rungis Grand Paris » se dirigera vers « la créativité et la mixité des expressions artistiques de la gastronomie ». Vaste programme.

Et enfin, Tours sera chargé des « sciences humaines et sociales ».

Les quatres villes travailleront-elles véritablement en réseau ou, concurrence aidant, chacune d'entre elles tenteront-elles de tirer la couverture à elles ? En réalité, c'est le public qui départagera tout ce petit monde. Et à cet égard si l'on prend en compte un sondage réalisé en janvier dernier par le Figaro.fr et auquel ont participé neuf mille Internautes, Lyon semble avoir une petite longueur d'avance. Ils étaient 57,71 % à voter pour la cité rhodanienne, largement plébiscitée.

De bon augure. Reste désormais à mieux réussir le projet que ne le fut l'entrée en lice...

 (*) Le Figaro.fr du 25/01/2013

Publiée le 24 juin 2013 par LARGERON Dominique.
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