Conjoncture : la rentrée devrait être douce

Dominique Largeron

L'effet Macron qui a semble t-il déjà donné une dose supplémentaire de dynamisme à l'économie française ne devrait pas s'estomper à la rentrée.

C'est en tout cas ce que suggèrent les dernières données de la conjoncture économique fournies à la fois par l'Insee Auvergne-Rhône-Alpes et par la direction régionale de la Banque de France

N'oublions surtout pas d'où l'on vient et la terrible crise des subprimes qui a failli engloutir l'économie mondiale et dont le souvenir tend malheureusement à s'estomper dans beaucoup d'esprits.

On commémorera l'année prochaine les dix ans de la plus grosse crise économique depuis la fin de la dernière guerre.

Un chiffre rappelé par Jean-Philippe Grouthier, le nouveau directeur régional de l'Insee à Lyon, l'illustre abondamment : neuf ans après, la région vient juste de voir l'emploi retrouver le niveau d'avant crise ! Ce niveau a été retrouvé par la création de 15 400 emplois.

Sans cette crise majeure, la PIB national et régional serait peut-être 10 % plus élevé qu'aujourd'hui ; ce qui, convenez- en, résoudrait bien des problèmes de dette ou de déficits sociaux !

Alors que l'horloge de l'Histoire va frapper ses dix coups où en est-on ? Accentuées par le résultat des élections et l'arrivée au pouvoir de son président pro-business, presque toutes les planètes, événement rare, sont alignées en France.

L'immobilier reprend du poil de la bête


Les services, le secteur le plus dynamique ont créé pas moins de 10 200 emplois sur un an dans la région.

L'investissement des entreprises a en outre légèrement augmenté (+ 0,4 % au 1er trimestre). Il s'agit de faire face à la hausse des chiffres d'affaires ; + 3,4 % dans l'industrie manufacturière.

L'immobilier reprend lui aussi du poil de la bête : 58 200 logements ont ainsi été autorisés entre avril 2016 et mars 2017, soit une hausse de 11 %.

Même les exportations qui donnaient encore ces derniers mois des signes de faiblesse tendent à se redresser : elles ont augmenté de 2,1 % au 2ème trimestre en Auvergne-Rhône-Alpes. Tous les secteurs progressent.

Autre chiffre intéressant pour l'Etat : il a engrangé dans la région au 1er trimestre 4,5 % de TVA de plus sur un an, illustration de la reprise de la consommation.

L'industrie a perdu 1 400 emplois

Le seul bémol provient de l'industrie qui perd encore des emplois : 1 400 sur un an. Et encore faut-il  minorer quelque peu ces pertes. La révolution numérique qui touche de plus en plus d'entreprises industrielles est synonyme de productivité et donc de moindres créations d'emploi. De même, dans les emplois industriels recensés, l'intérim n'est pas comptabilisé et l'on sait que l'industrie qui en est grosse consommatrice, utilise près de la moitié des emplois intérimaires actuellement en forte hausse.


Au bilan, donc, après une hausse du PIB de 0,5 % au premier trimestre, puis une autre du même ordre au second, l'économie française devrait, selon l'Insee afficher à la fin de l'année son plus fort taux de croissance  depuis 2011 : 1,6 %. Ce qui devrait relancer les créations d'emplois et inverser-enfin- nettement la courbe du chômage. L'Insee prévoit ainsi au niveau national un taux de chômage de 9,4 %. On en est déjà en Auvergne-Rhône-Alpes à 8,3 % de la population active.

Tout ceci, si, bien sûr dans notre monde incertain aucune crise ne survient pas pendant l'été ou si à la rentrée le vote de la Loi Travail n°2 ne provoquait pas des grèves et des troubles sociaux, ce qui n'est pas assurément le scénario le plus probable.

Aucune raison donc de de vous gâcher vos vacances que je vous souhaite excellente.




Publiée le 17 juil. 2017 par LARGERON Dominique.
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