Conjoncture : la stagnation, au mieux, comme perspective...

L'engagement du gouvernement de réduire le déficit du budget de l'Etat d'ici 2017, va se dérouler dans les plus mauvaises conditions qui soient : dans la stagnation, cadre annoncé par l'Insee Rhône-Alpes d'ici la fin de l'année. La majorité des clignotants régionaux sont au rouge ou à l'orange, sauf l'emploi dans les services qui devrait continuer à croître. Seule consolation, selon un sondage, la population est à 67 % prête à faire des efforts pour redresser les comptes de la nation...

Conjoncture : la stagnation, au mieux, comme perspective...
Nous sommes devant une montagne qu'il va bien falloir escalader. Le problème est que la force d'inertie, la faiblesse de l'élan pris va nous demander des efforts encore accrus.
 
Il est l'heure de payer le prix de la pusillaminité de nos dirigeants politiques. Aucun gouvernement de droite comme de gauche n'a eu le courage de s'attaquer au déficit de l'Etat qui depuis la première crise pétrolière, en 1973, ne cesse de grossir.
 
Comme l'on prouvé les exemples canadiens ou suédois qui ont su, dans le passé trouver en eux-mêmes et à travers un vrai consensus national, les moyens de revenir à un budget de l'Etat à l'équilibre, nous avons en France choisi la voie de la facilité qui ne peut être éternelle.
 
La seule consolation dont peut se prévaloir le gouvernement à l'heure actuelle est selon un sondage (*) l'appui de la population, prête à 67 %, à faire des efforts pour redresser les comptes du pays. Une nouveauté qui illustre une vraie pris de conscience, mais qui pourrait ne pas durer...
 
Le seul souci est que nous engageons cette épreuve alors que l'économie s'annonce au mieux stagnante d'ici la fin de l'année, vient de préciser l'Insee Rhône-Alpes dans sa dernière note de conjoncture.
 
Ce qui se serait avéré déjà douloureux en période de croissance s'annonce franchement ardu. Nous entrons dans le dur.
 
Il va falloir que cette année, le gouvernement trouve 7,5 milliards d'euros supplémentaires, puis 33 milliards en 2013.
 
Et peut-être autant en 2014 et les autres années suivantes, si la croissance ne revient pas. « Sœur Anne ne vois-tu rien venir ? » Pour l'heure, l'Insee Rhône-Alpes n'est pas optimiste. « Dans la région, la conjoncture nationale et internationale laisse présager au mieux, une stagnation de la situation économique régionale », indiquent les conjoncturistes régionaux.
 
Le problème est que la grande majorité des moteurs susceptibles de tirer la croissance sont à l'arrêt ou au ralenti.
 
Quant la construction ne va pas, l'économie s'enrhume : sur les douze derniers mois, la construction de logements neufs est en recul de 10 %, un repli nettement plus marqué qu'au plan national (- 2,5 %).
 
La situation est pire pour les locaux industriels, illustrant une baisse de l'investissement (- 13,5 %, contre – 3,6 %).
 
Ce nest pas mieux dans l'automobile dont les immatriculations chutent au niveau régional de 10,2 % en un an.
 
De leur côté, les investissements des entreprises sont en léger repli au 1er trimestre 2012 (- 0,1 %), puis stables au deuxième ; grâce à la baisse de l'euro, les exportations devraient en revanche repartir un peu au second semestre.
 
Quelques indicateurs restent heureusement positifs : c'est le cas des créations d'entreprises (+ 5,7 %), mais, surtout portées par le statut d'auto-entrepreneurs, elles s'avèrent en trompe l'œil.
 
Reste que pour l'heure les défaillances d'entreprise se maintiennent sur une tendance baissière, sauf dans le commerce impacté par la baisse du pouvoir d'achat des ménages.
 
Même la fréquentation hôtelière, un des points forts de Rhône-Alpes, semble fléchir en avril, tout en se maintenant à un niveau satisfaisant cependant depuis le début de l'année.
 
Cette situation guère encourageante se retrouve dans les statistiques de l'emploi, l'intérim en première ligne, reculant de près de 9 % sur un an.
 
Seul le secteur des services, il est vrai le plus important, voit encore ses effectifs croître (+ 0,4 % au cours des trois derniers mois). Ce qui n'empêchera pas le chômage de poursuivre son mouvement de hausse ininterrompu depuis plus d'un an. Cette montée du chômage devrait se poursuivre au cours des prochains mois, mais rester inférieure de un point au chômage national, une caractéristique régionale qui perdure.
 
Au total, la toute petite croissance de 0,2 % qui avait été annoncée pour le 2ème trimestre 2012 s'est muée selon l'Insee Rhône-Alpes en stagnation.
 
Seule perspective encourageant évoquée par les conjoncturistes de l'Insee : « La demande mondiale adressée à la France serait en croissance modérée au second semestre 2012. » Ce qui permettrait à la croissance de reprendre un peu de vitesse pour mieux démarrer en 2013 avec un acquis un peu plus positif.
 
Pas de quoi s'attendre à un redémarage fulgurant. Il faudra se contenter de ce peu là.
 
(*) Ce sondage a été réalisé par l'Ifop du 5 au 6 juillet par téléphone auprès d'un échantillon de 1 005 personnes représentatif de la population française âgé de 18 ans et plus.
 
Le dessin de Chapatte
Publiée le 09 juil. 2012 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 10 juil. 2012
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