Effort de recherche : Rhône-Alpes ne se situe qu'à la quatrième place des régions françaises

Dominique Largeron

Dans la région Rhône-Alpes on a un peu trop tendance à se gargariser sur la place importante de la Recherche&Développement. Or, une récente étude de l'Insee remet quelque peu les choses à leur place. Même si Rhône-Alpes est proche de l'objectif européen de 3 %, la région se situe derrière l'Ile-de-France, Midi-Pyrénées et la Franche-Comté. Explications.

Effort de recherche : Rhône-Alpes ne se situe qu'à la quatrième place des régions françaises

Qui l'eût cru : avec 4,8 % de son PIB dans la Recherche, la région Midi-Pyrénées est très largement en tête en France, en matière d'effort de recherche.

 L'ile-de-France suit logiquement derrière avec 3 % tout rond, puis la France-Comté avec 2,9 %. La région Rhône-Alpes n'arrive qu'en quatrième position avec 2,7 %.

 Pas mal, tout de même, car la région se situe à un niveau proche de l'objectif européen (3 %), mais ce pourcentage n'est pourtant pas vraiment en phase avec le statut de Rhône-Alpes comme deuxième région française, derrière l'Ile de France.

 La moyenne française : 2,2 % du PIB seulement

 Il est en tout cas nettement supérieur à la moyenne française qui ne s'établit qu'à 2,2 %. Il existe en effet de grandes disparités entre les régions, quatorze d'entre elles se situant à un niveau inférieur aux 2 % de PIB et non des moindres, comme l'Aquitaine : 1,6 %. Pas glorieux.

 Tel est le bilan que vient de tirer l'Insee, à travers une étude nationale sur l’effort de recherche dans les régions françaises.

 Que l'Ile-de-France, siège de nombreuses sociétés qui y ont regroupé leurs services de Recherche, figure en deuxième position, s'explique facilement.

 Pour Midi-Pyrénées et sa capitale Toulouse, l'explication est là aussi évidente. Airbus et 'industrie aéronautique, la plus dynamique dans notre pays actuellement y est pour beaucoup.

 Plus surprenante est la troisième place de la France-Comté. Elle s'explique en fait par la forte présence de l'industrie automobile et surtout de Peugeot qui certaines années figure en tête du palmarès des entreprises déposant en France le plus de brevets.

 Reste qu'en Midi-Pyrénées (aéronautique) et en France-Comté (automobile), la recherche privée est parfois concentrée dans un petit nombre de branches d’activité.

 Par exemple en Midi-Pyrénées ou en Auvergne, les trois premières branches représentent plus de 70 % de la dépense régionale des entreprises en R&D.

 Une Recherche & Développement plus équilibrée en Rhône-Alpes

 En Rhône-Alpes, la R&D apparaît plus équilibrée : elle est plus diversifiée. Ainsi, les trois principales branches représentent moins de 40 % de la dépense régionale des entreprises.

 En 2012, les dépenses de Recherche & Développement s’élevaient à 5,6 milliards d’euros en Rhône- Alpes, soit 12 % de la dépense intérieure de recherche et développement (DIRD). Ces dépenses représentent donc 2,7 % du PIB régional.

 Comme au niveau national, la R&D en Rhône-Alpes est principalement issue des entreprises.

 Mais aussi, bonne nouvelle, les PME de Rhône-Alpes tiennent une place non négligeable dans ce domaine.

 La dépense en R&D de ces entreprises représentent 0,4 % du PIB régional : autre bonne nouvelle, il s'agit là de la part la plus élevée parmi celle des autres régions françaises.

 Importante concentration dans les Métropoles

 On ne s'étonnera pas en revanche, de constater que la recherche est très concentrée dans deux Métropoles qui trustent 70 % des chercheurs : les effectifs de conception-recherche sont surtout regroupés dans les zones d’emploi de Lyon (43 %) et de Grenoble (26 %).

 Et, avec 6 % de l’ensemble des emplois de la zone, la R&D est une spécificité de la capitale iséroise.

 On touche là aussi du doigt l'importance de la recherche académique : les deux grands pôles universitaires de Lyon et de Grenoble, captent près de 9 000 doctorants (11 %), loin derrière l’Île-de-France (40 %) mais devant les universités de Provence-Alpes-Côte d’Azur (7 %) ou Midi-Pyrénées (6 %).

 Au final, Rhône-Alpes n'est que quatrième, mais elle affiche, une recherche plus équilibrée et plus diversifiée. Reste désormais à capitaliser sur ces atouts. Et pour ce faire, on attend avec impatience le résultat de l'Idex (Initiative d'excellence) véritable pierre angulaire pour laquelle, la région a déjà été recalée une fois. Réponse début 2016...

Publiée le 03 juil. 2015 par LARGERON Dominique.
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