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Elections à la CCI de Lyon : pas seulement un combat d'hommes...

Dominique LargeronElections à la CCI de Lyon :  pas seulement un combat d'hommes...

Comme on peut le lire ci-contre, le Medef a présenté jeudi 28 octobre sa liste, menée par Benoît Soury, pour les élections à la CCI de Lyon. Dix jours après celle de la CGPME.

Elle aura un autre retard à rattraper si l'on en croit le sondage réalisé à la fois par le journal économique Vox et la chaîne de télévision locale TLM : celui-ci crédite l'organisation patronale de Laurence Parisot dans le Rhône, de seulement 35 % des suffrages pour 57 % à la CGPME.

Ce sondage signé Ipsos et portant sur 501 chefs d'entreprise fait hausser les épaules de Benoît Soury. Il est vrai qu'élaborer un tel sondage est très complexe car cette élection comporte six collèges d'inégale importance. Il s'agit donc pour le sondeur de pondérer chacun d'eux. De plus, cette fois-ci, les grandes entreprises disposeront de plus de bulletins de vote que les autres car elles pourront prendre en compte chacune de leurs filiales : une seule banque pourra par exemple décompter l'ensemble de ses agences filialisées à l'heure du scrutin et disposer à elle seule de plus d'une centaine de voix.

Il reste néanmoins que ce scrutin qui se déroulera du 25 novembre au 8 décembre intéresse, une fois n'est pas coutume, les chefs d'entreprises. Il connaîtrait même une participation record : celle-ci pourrait selon le sondage Vox/TLM, dépasser les 40 %, voire au-delà, ce qui mécaniquement joue en faveur de la CGPME. C'est une évidence de dire qu'il existe beaucoup plus de petites entreprises que de grandes : 93,1 % d'entre elles ont moins de dix salariés. Et celles-ci lorgnent plus du côté de la CGPME qui se place en défenseur des petites entreprises, que du Medef.

Il suffit de regarder les deux programmes en lice pour le constater : plus que d'un combat d'hommes ou d'organisations, il s'agira au travers de cette élection de choisir entre deux visions de l'entrepreneuriat.

Ce combat devrait d'abord se cristalliser autour l'Ecole de Management lyonnaise, EM Lyon, qui pèse très lourd dans le budget de la CCI : près de 10 %. Philippe Grillot, le candidat de la CGPME veut que son coût ne soit à l'avenir plus supporté par la CCI, mais par les collectivités locales. Benoît Soury veut au contraire conforter la subvention apportée à EM Lyon, pour l'aider encore à grandir à l'occasion de son rapprochement avec Centrale. Même démarche pour les grandes infrastructures comme l'aéroport Lyon-Saint Exuépry ou Eurexpo qui pour le Medef doivent rester essentiels dans la stratégie de la CCI.

Autre différence : Benoît Soury se félicite de faire rentrer dans sa liste de grandes entreprises comme Renault Trucks, Areva, GDF-Suez, April, Akka qui avaient dans le passé pris leurs distances avec la CCI. De son côté, la CGPME entend ouvrir plus largement encore la CCI aux plus petites.

La CGPME qui se targue de ne mettre dans sa liste que des candidats détenteurs de leur entreprise, dénonce la liste adverse qui ne serait composée que de dirigeants d'entreprises salariés. Une remarque qui aurait pu faire mouche. C'est la raison pour laquelle le Medef insiste bien sur le fait que 60 % de ses soixante candidats sont propriétaires de leur entreprise totalement ou partiellement.

Sachant enfin que les deux listes présentent des candidats de qualité, reconnus par leurs pairs, la différence devrait se faire en grande partie sur le programme. Et sur une forte occupation du terrain pendant la campagne. Les deux organisations patronales y mettent les moyens : la CGPME annonce un budget de campagne de 150 000 euros, le Medef de 280 000 euros. Pour une bonne part et pour la première fois, cette campagne se déroulera aussi sur la Toile.

Une campagne dont l'issue reste malgré tout incertaine. Elle sera d'autant plus vive que ses conséquences se feront sentir jusqu'au au sein de la chambre régionale, la CRCI actuellement présidée par le Medef Jean-Paul Mauduy. En cas de victoire de la CGPME à la CCI de Lyon et à condition qu'une certain nombre d'autres chambres rhônalpines tombent dans son giron, ladite Chambre régionale pourrait pour la première fois avoir un président issu des rangs de l'équipe de François Turcas.

Ce serait alors une prise essentielle : avec la réforme des chambres de commerce en cours en France, c'est désormais là que l'argent sera collecté et que se situera réellement le pouvoir...

Publiée le 02 nov. 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 15 déc. 2010
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