Etats-Généraux de l'industrie : et maintenant ?

Dominique LargeronEtats-Généraux de l'industrie : et maintenant ?

Christine Lagarde, ministre de l'économie prend goût à la vie lyonnaise. Elle avait tenu, en compagnie de Christian Estrosi, ministre de l'industrie, à ouvrir elle-même, en décembre dernier, les Etats-Généraux de l'industrie pour la région Rhône-Alpes.

Signe qui se voulait fort, elle était à nouveau présente à Lyon, la semaine dernière, pour présider la synthèse finale des travaux organisés dans les huit départements de la région.

Christine Lagarde n'a pas effectué à cette occasion de grandes révélations, laissant ce soin à Nicolas Sarkozy qui annoncera au cours de la deuxième quinzaine de février, quelles mesures il entend mettre en œuvre pour remettre l'industrie sur le devant de la scène économique française.

Si la présence à Lyon de la ministre de l'économie n'a pas été riche en informations, on a pu comprendre à travers ses interventions et à partir des quarante propositions stratégiques prioritaires dressées suite aux différentes réunions par Jacques Gerault, préfet de région, quelle pouvait être la suite.

Mais auparavant le bilan qui doit être dressé de ces Etat-Généraux de l'industrie en Rhône-Alpes doit prendre en compte ce qui constitue la bonne surprise de cette initiative : la très importante mobilisation, aussi bien des chefs d'entreprises, que des organisations patronales ou encore des syndicats de salariés.

Tous unis pour l'industrie ! Ce thème du retour vers l'industrie a manifestement fait l'unité de tous, toutes opinions politiques ou idéologiques confondues.

Cet engouement et cet espoir ont cependant un corollaire, souligné aussi bien par François Turcas, président régional de la CGPME que par Jean-François Martin, président régional du Medef qui ont d'une même voix lancé à la ministre de l'économie : « Vous ne devez pas nous décevoir !»

Est-ce si sûr ? En clôturant ces Etats-Généraux de l'Industrie Christine Lagarde évoque ce qu'elle appelle les trois « r » qui doivent servir de cadre à la politique industrielle à venir : le « r » de recherche, comme crédit d'impôt recherche et pôles de compétitivité ; le « r » de la réforme de la taxe professionnelle. Le troisième « r », étant celui du redressement des finances publiques qui pourrait être aussi celui... de la  rigueur. Christine Lagarde rappelle à cet égard l'engagement du gouvernement de retrouver les 3 % de déficit du budget de l'Etat en 2013. Il va falloir très sérieusement serrer les cordons de la bourse publique. De quoi tout de même jeter un petit froid.

Il reste que deux éléments paraissent assurés : une décentralisation financière pourrait bien être annoncée. Il y aura probablement un fonds régionalisé en Rhône-Alpes pour le financement de l'industrie, peut-être via une déconcentration de l'important guichet du FIS (Fonds d'Innovation Stratégique) en Rhône-Alpes.

Autre nouveauté qui se profile, expliquant sans doute la présence par deux fois en Rhône-Alpes de Christine Lagarde : « J'ai bien noté que vous êtes candidat à l'expérimentation... ». Première région mécanicienne de France, première région plasturgiste ou encore première région sous-traitante, Rhône-Alpes pourrait bien devenir plate-forme d'expérimentation de la nouvelle politique industrielle annoncée aux plus hauts niveaux de l'Etat. Avec les avantages que ce privilège peut impliquer.

Autre paramètre, souligné par le responsable régional de la CGPME : il est nécessaire de traduire rapidement le « Small Business Act » européen que la Commission de Bruxelles a lancé dans le but de donner la priorité aux PME, dans les politiques et le processus de décision au sein de l'Union Européenne, bien sûr, mais aussi au niveau national et régional.

Il reste une certitude, derrière les espoirs soulevés : toute la région, ses vingt-six bassins d'emplois ont travaillé ensemble, avec enthousiasme pour que l'on retourne aux fondamentaux : une vraie politique économique pour maintenir dans la région une industrie forte, apte à générer des services puissants (un emploi dans l'industrie génère trois emplois de cols blancs).

Pour laisser des traces, ce travail collectif doit être poursuivi, intensifié. Ce n'est vraiment pas le moment de baisser la garde.

Publiée le 08 févr. 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 08 févr. 2010
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