Internet, dernière bouée ?

Dominique Largeron

A l'instar d'autres secteurs de l'économie sérieusement secoués par le développement du Web, la vieille gloire lyonnaise Infogrames accentue le cap vers Internet. Avec un risque de basculement vers les USA.

Internet, dernière bouée ?

Un certain nombre de décideurs ont actuellement les neurones qui chauffent. Leur faut-il accélérer le cap vers lnternet, quitte à abandonner leur mode de diffusion traditionnel ? Dans la presse, aux USA, un certain nombre de grands quotidiens régionaux ont déjà franchi le pas, arrêtant le papier pour ne plus paraître que sur la Toile. Un phénomène qui, comme à l'ordinaire  va traverser l'Atlantique avec un certain décalage pour faire irruption en Europe. Le processus a d'ailleurs débuté.

Certaines formes de distribution spécialisée ou les radios musicales secouées par le site Web Spotify qui permet aux internautes d'écouter leur sélection musicale sans les télécharger, s'interrogent aussi.

Le dernier acteur en date à accélérer le pas est la société de jeux vidéo lyonnaise, Infogrames.

En annonçant une perte record de 226 million d'euros pour son exercice 2008/2009, clos fin mars, contre un déficit net de 51 millions d'euros lors de l'exercice précédent, l'ancienne gloire lyonnaise a annoncé une accélération de son positionnement sur les jeux en ligne ; et ce, afin de retrouver des couleurs.

Il est plus que temps : la perte affichée représente près de deux fois son chiffre d'affaires annuel de 136,4 millions d'euros. Le dernier exercice positif date de...1999 !

La société a décidé de sortir de la distribution de jeux vidéo en Europe et en Asie. L'objectif est de se tourner vers les jeux en ligne massivement multi-joueurs (MMO), à l'instar de « Champion online » qui fera irruption sur la Toile en septembre prochain, ou de « Star Trek online » dans la foulée du nouvel opus cinématographique.

« Nous voulons créer un leader des jeux en ligne du 21ème siècle, en transformant les activités d'édition », assure David Gardner, 43 ans, le Directeur général du Groupe, transfuge du leader mondial des jeux vidéo, Electronics Art.

Le problème est que la réponse est un peu tardive et que de nombreux autres concurrents n'ont pas attendus Infogrames pour se positionner sur les jeux en ligne. L'expérience montre que sur le Net, il ne faut arriver ni trop tôt, ni trop tard. Certes, rien n'est perdu pour Infogrames. En rachetant la société spécialisée dans le jeux en ligne, la Californienne Cryptic Studios qui dispose de jeux dernier cri et d'une technologie de pointe, la Lyonnaise s'est donné les moyens de réussir cette transition qu'elle espère salvatrice.

Mais un autre risque de se faire jour : celui de voir basculer le poids de la société créée par Bruno Bonnell, de Lyon vers les Etats-Unis. D'ores et déjà, Jeff Lapin, directeur général délégué,  le bras droit du Pdg, est basé aux USA. Le basculement vers le Web pourrait se traduire par un autre basculement, géographique, cette fois.

Publiée le 04 juin 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 04 juin 2009
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