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L'espionnage chez Renault : quelle leçon ?

Dominique LargeronL'espionnage chez Renault : quelle leçon ?

L'affaire d'espionnage chez Renault est révélatrice de l'impératif dans lequel nous sommes engagés. Face à la Chine et les autres pays émergents qui forment des ingénieurs et des chercheurs par dizaine de milliers, notre seule chance de continuer à développer notre économie et notre niveau de vie, est d'avoir une longueur d'avance en matière de recherche et de R&D, bref de nous diriger plus que jamais vers l'économie de la connaissance.

Quel rapport avec l'espionnage chez Renault ? Elle valide tout simplement cette analyse car si les Chinois (s'il s'agit d'eux, ce qui n'est pas encore totalement prouvé) espionnent, cela prouve que le fossé est encore suffisamment important pour que des sociétés de l'Empire du Milieu emploient des moyens illégaux pour se mettre à niveau.

Cela prouve aussi a posteriori que le choix de Renault d'investir aussi massivement dans la voiture électrique (4 milliards d'euros) est sans doute aussi le bon.

Une étude concernant la R&D vient justement de paraître permettant de remettre les choses à leur vraie place, au-delà des peurs et des fantasmes.

Il s'agit du rapport biennal de l'Observatoire des sciences et techniques (OST) qui analyse l'évolution de la R&D au niveau régional, national et mondial. Il est riche d'enseignements.

Ce rapport permet d'abord d'établir un état des forces en présence.

Premier constat : « l'Asie poursuit son ascension », constate Thierry Weil, Président du Conseil d'administration de l'OST, dans la préface de ce rapport.

En termes de montants investis dans la R&D, la Chine se classe désormais troisième (9,3 % de la dépense de R&D mondiale), en phase de rattrapage du Japon (13,5 %). La Corée du Sud est sixième (3,7 %) et l'Inde est huitième (2,2 %).

De 2002 à 2007, les dépenses de R&D de la Chine sont passées de 5,1% de son PIB (39,2 milliards de dollars) à 9,2 % (102,3 milliards de dollars) et celles de la Corée du Sud de 2,9 % à 3,7 %. Par ailleurs, « 43 % des étudiants du monde sont en Asie, 24 % sont en Europe, 14 % en Amérique du Nord et 5 % en Afrique » ajoute Thierry Weil. Impressionnant.

Comment se situe la France dans ce contexte ? En progrès. Au niveau national, le rapport souligne la progression des dépenses de R&D dans l'activité nationale entre 2005 et 2008 : elles sont passées de 36,2 milliards d'euros en 2005 à 40,6 milliards d'euros en 2008, soit près de la moitié de celles de la Chine. Si l'on raisonne Europe, cette dernière reste largement en tête.

Les auteurs du rapport notent également l'accroissement des personnels de R&D (+ 21 % en dix ans) et plus particulièrement des chercheurs (+ 45 %).

Autre donnée intéressante à l'heure où l'argent public se fait de plus en plus rare : cette progression est surtout le fait du privé qui a triplé le nombre de ses chercheurs depuis 1981. Parallèlement, suite au travail de sensibilisation mené par l'Inpi (Institut national de la propriété industrielle), le taux de dépôt de brevets par les PME était en 2009 en hausse de 6,8 % par rapport à 2008 (- 3,6 % cependant, tous déposants confondus).

Autre point positif, les étudiants sont de plus en plus mobiles : «  en 2007, 62 150 étudiants français sont partis faire des études supérieures à l'étranger ; c'est 23 % de plus qu'en 2002 » se félicite Thierry Weil.

Descendons maintenant un échelon en dessous. Quid de Rhône-Alpes ? Là encore, les nouvelles sont plutôt encourageantes. Le rapport souligne les retombées positives de la politique des pôles de compétitivité, mise en place depuis 2005.

Ainsi, malgré des dépenses de R&D inégalement réparties sur le territoire, l'implication croissante des institutions régionales a provoqué des effets positifs. « Elles ont, depuis 2008, un rôle reconnu dans la politique des pôles de compétitivité : elles peuvent mieux dialoguer avec des universités désormais capables de définir des stratégies adaptées à leurs atouts et contraintes spécifiques, liées notamment aux ressources et aux besoins de leur territoire », précise le rapport.

Riche de quinze pôles de compétitivité, Rhône-Alpes s'octroie ainsi 12 % des dépenses nationales de R&D, en hausse : la seconde place derrière l'Ile de France (41,3 %). Et ce n'est pas, là, un hasard. Ce pourcentage montre que c'est par une alchimie rassemblant tous les acteurs, publics et privés confondus que l'on peut optimiser notre système de R&D.

Dernière certitude : il faut que cet effort non seulement perdure, mais s'accentue. Notre avenir en dépend.

Publiée le 10 janv. 2011 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 10 janv. 2011
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