L'export, enjeu de la reprise

L'export, enjeu de la reprise

La reprise viendra-t-elle de l'international ? L'un des moteurs les plus importants de la croissance économique de la région Rhône-Alpes a de tous temps été la force de ses exportations dont le poids est plus lourd que le PNB régional (Rhône-Alpes pèse 9,9 % du PNB national, mais 12,5 % des exportations nationales). La Région est en la matière historiquement excédentaire. Or, bien évidemment avec la crise, ce moteur s'est grippé. Les exportations régionales ont connu une chute vertigineuse : - 10,4 %. Cette grande claque trouve son origine dans le poids de la mécanique, de l'automobile, de la plasturgie dans l'économie régionale, tous secteurs qui ont fortement souffert et souffrent encore.

D'où l'idée montante selon laquelle, l'export constitue l'enjeu central de la reprise française.
C'est la raison pour laquelle, pour encourager les PME à exporter, le gouvernement a lancé, le 5 octobre dernier, Cap Export, le nouveau dispositif de complément d'assurance-crédit public,  permettant aux exportateurs de bénéficier de garanties pour des acheteurs étrangers qui ne sont plus couverts par des assureurs crédits privés. Une aide distribuée par la Coface et Euler Hermes, valable  jusqu'à la fin 2010 et destinée à encourager les PME à se tourner vers les marchés « lointains » comme la Russie, la Chine, l'Inde, le Brésil, voire moins lointains comme les pays du Maghreb.
De son côté le bras armé du conseil régional, Erai (Entreprise Rhône-Alpes international)  a vu son budget doubler avec le même objectif : donner le goût du grand large aux PME régionales.

En apparence, les chiffres sonnent l'alerte. Si l'on se base sur les statistiques des Douanes, le nombre d'entreprises exportatrices ne cesse de diminuer depuis 2001 dans l'Hexagone. Elles étaient 95 483 en 2008, 2 500 de moins qu'en 2007 (- 2,8 %).
Des chiffres en trompe l'œil selon Marc Hoffmeister (journal et site Classe Export) pour qui, si contrairement à l'Allemagne, la France manque de PME moyennes grandes fortement exportatrices, le nombre de petites PME exportatrices  de 3 à 10 millions d'euros de chiffre d'affaires ne cesse de croître. Et surtout qu'une foultitude de TPE qui se sont mises à l'international, échappent pour une part aux statistiques dans la mesure où elles s'appuient sur le e.commerce pour vendre dans le monde entier. Quel viticulteur de la vallée du Rhône ne vend pas directement une partie de sa production aux Etats-Unis ou à Hong Kong ? Fort peu, à vrai dire. Ces nouveaux exportateurs intéressent diablement les pouvoirs publics car leur poids est destiné à croître et prospérer.

Une certitude : si l'Europe ou les Etats-Unis sont encore encalminés dans la crise, de solides réservoirs de croissance résident à l'export dans les pays émergent, en Chine, en Inde ou dans les pays d'Amérique Latine.  Encore faut-il donner aux entreprises et notamment aux plus petites les clés de l'export, car l'international, elles le constatent rapidement, est un domaine technique, complexe, nécessitant au départ un accompagnement. Or tous ces outils sont désormais disponibles.

Le commerce mondial devrait retrouver un rythme de 3,5 % l'année prochaine après avoir plongé de 12 % cette année. Aucun doute : de la capacité à profiter de cette reprise mondiale dépendra l'ampleur de la reprise économique qui s'amorce.

Publiée le 20 oct. 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 20 oct. 2009
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