L'innovation doit aussi venir de la France d'en bas

L'innovation doit aussi venir de la France d'en bas

Il n'y a pas d'autres alternatives. C'est l'innovation et la créativité qui nous sortiront du marasme dans lequel nous sommes englués. A l'instar de la friteuse économe de Seb (Ecully, Rhône) qui ne demande qu'une cuillerée d'huile ou du système photovoltaïque à très haut rendement de la société grenobloise Soitec, les grandes réussites de ces dernières années proviennent presque toujours d'une offre innovante.

Une fois cela compris, faut-il attendre dans notre pays hyper-centralisé que tout vienne de l'Etat et notamment les financements de la R&D ou faut-il surtout compter sur soi-même ?

Une récente étude menée par le Conseil d'analyse économique et de la Datar (ex-commissariat au plan) permet opportunément de répondre à cette question.

Aucun doute, la croissance de demain sera portée par une troisième vague d'innovations. Or, première bonne nouvelle, cette étude dirigée par l'universitaire Michel Godet estime que la France dispose des armes pour relever ce défi.

Mieux, les chercheurs qui ont mené cette étude sont persuadés que l'animation des territoires constitue un des paramètres essentiels pour que l'innovation irrigue l'économie. Michel Godet et son équipe affirment que la « la force et l'attractivité d'un canton, d'une ville, d'un département, voire d'une région dépendent de la qualité de la vie et du dynamisme des relations sociales qui y règnent. »

Nous avons à cet égard un exemple tout récent sous le nez : si Lyon a atteint cette année le top ten des villes européennes les plus entrepreneuriales en se classant, à la 9ème place, bien avant Paris (*), le travail collectif de tous les acteurs privés et publics à travers « Lyon ville de l'entrepreneuriat » y est sans aucun doute pour beaucoup.

Mieux. Pour les auteurs du rapport, le bouillonnement culturel participe au cadre de vie, de même que le désenclavement numérique : ce ne sont pas les infrastructures qui font le développement. Elles l'accompagnent seulement.

Bonne nouvelle pour les PME ou les TPE qui n'appartiennent pas à la race des sociétés high tech : les membres du groupe de travail estiment qu'il faut commencer à innover en arrêtant de vouloir trop centrer sur les technologies de pointe. Selon eux, 20 % seulement des innovations sont de source technique, mais 80 % de nature sociale, organisationnelle, commerciale, issue du marketing, voire financière.

Ils effectuent une remarque très intéressante au passage : on a tendance à se focaliser sur les pôles de compétitivité dont le rôle, à l'évidence est important, mais ce sont souvent dans des secteurs peu soutenus par les grands projets de recherche... que la France compte nombre de ses champions internationaux !

D'où ce souhait, à l'heure où d'aucuns contestent l'efficacité du crédit impôt-recherche : que l'effort de Recherche&Développement encourage aussi des projets innovants venus du terrain, c'est-à-dire de l'entreprise, de la société et du marché.

Bref, pour paraphraser Mao : que cent fleurs s'épanouissent...

(*) Classement ECER-Banque Populaire des villes entrepreneuriales européennes rendu public le 11 mai dernier à partir d'un sondage réalisé auprès de 4 500 chefs d'entreprise (en 2009, Lyon était 14ème).

Publiée le 19 mai 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 26 mai 2010
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