L'obligation innovatrice

L'année avait bien commencé. Jacques Attali avait mobilisé autour de lui de brillantes intelligences pour inventer des mesures susceptibles de nous faire gagner un point de croissance supplémentaire par rapport à 2007. C'est ce travail qui va inspirer la loi de modernisation de l'économie du mois d'août. La crise financière mondiale démontre, dès l'automne, que ces mesures ponctuelles ne seront pas suffisantes pour modifier la trajectoire économique de notre pays. Au lieu du point supplémentaire attendu, c'est jusqu'à deux points qui seront perdus.

En février arrive un indicateur d'un changement fondamental dans le monde, la France rétrograde à la 5ème place du classement de l'Organisation Mondiale des brevets, elle est devancée par la Corée du Sud. La Chine que l'on voyait comme « l'atelier du monde », prend la 7ème place. Le centre de gravité de l'innovation, après celui de la production, se déplace vers l'est.

Comme les Etats, les grandes entreprises sont des mastodontes dont on ne peut attendre des résultats rapides en matière d'innovation. Leurs mésaventures boursières les privent en outre des capacités financières nécessaires à des redéploiements rapides.

L'innovation, dans notre pays, naît souvent au sein de PME, voire de TPE. La crise impose donc que tout soit fait pour développer la créativité de nos entreprises petites et moyennes où se trouvent, à court et moyen terme, les ressources nécessaires à une future croissance.

Pôles de compétitivité, clusters, SPL et tous les réseaux qui permettent aux entreprises de se rencontrer et de développer des projets communs, auront un rôle déterminant dans la fabrication de notre futur économique et social. La chasse aux projets exogènes va devenir pour quelques mois, voire quelques années, secondaire par rapport au développement des échanges sur les territoires. Les réseaux qui se créeront à l'initiative des développeurs devront encourager l'innovation et la solidarité interentreprises.

Il faudra aider les dirigeants qui connaissent souvent mal le tissu économique qui les entoure, à trouver les interlocuteurs et les partenaires propres à leur permettre de traverser les temps difficiles. De ces relations, de ces échanges naîtront les solutions de demain pour l'emploi et l'économie de nos territoires.

En ce début d'année, je vous souhaite donc une année solidaire et créative qui nous permettra de vivre au mieux les mois difficiles qu'on nous promet.

Publiée le 16 juin 2009 Mis à jour le 16 juin 2009
Figure dans les rubriques
L'édito de la semaine
Innovation, R&D


HAUT