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Liaison ferroviaire Lyon-Turin : vive l'Europe !

Dominique Largeron

Malgré la crise, malgré les budgets nationaux asséchés, malgré les jacqueries anti-TGV du côté de l'Italie, le projet de la liaison ferroviaire Lyon-Turin avance. Et tout laisse à penser que malgré son coût côté français (7,7 milliards d'euros), il se fera. Deux nouvelles décisions viennent de donner un sérieux coup de pouce au projet : le gouvernement va lancer l'enquête d'utilité publique, tandis que Bruxelles est sur le point d'augmenter sa participation qui passerait de 20 à 40 %.

Liaison ferroviaire Lyon-Turin : vive l'Europe !

Il est de bon ton, en pleine crise des dettes européennes de taper sur Bruxelles. Pourtant, malgré le jeu de montagne russe des marchés, les taux d'intérêt qui montent aussi vite qu'ils descendent, la machine européenne sait encore faire preuve d'efficacité.

En témoigne le projet de liaison ferroviaire Lyon-Turin que l'on a cru à plusieurs reprises moribond et qui à chaque fois se relève plus vivace que jamais.

Deux décision récentes viennent de donner le coup de pouce indispensable permettant à ce projet de devenir irréversible. Le gouvernement vient d'annoncer qu'il allait lancer la déclaration d 'utilité publique au mois de janvier prochain.

Mieux encore. Alors que Bruxelles avait conditionné son aide financière au démarrage des travaux au Val de Suze, côté italien où se sont déroulées de véritables jacqueries anti-TGV-ils se s'effectuent désormais sous la protection de près de 700 carabiniers-l'instance européen vient de lancer un signal fort en laissant entendre que son aide passerait de 20 % prévus originellement à 40 %.

Un facteur de déblocage majeur, s'agissant de l'ampleur des sommes en jeu : 7,7 milliards d'euros côté français. Il est vrai que sur les 140 km de ligne, de la gare TGV de Lyon-Saint-Exupéry à Saint-Jean-de-Maurienne, 86 seront souterraines. Il s'agit bien d'un projet pharaonique : 8 tunnels et 59 ouvrages d'art dont trois seront d'ampleur exceptionnelle.

L'Etat français prendra sa quote part, mais aussi la région Rhône-Alpes qui devrait débourser près d'un milliard d'euros aux côtés d'autres collectivités.

Jean-Jack Queyranne, le président de la Région ne rechigne pourtant pas. D'une part parce que les travaux créeront des dizaines de milliers d'emplois pendant plusieurs années, mais aussi parce que, grâce à cet ouvrage, la carte TGV de Rhône-Alpes sera grandement améliorée.

Le projet va en effet permettre la mise en place des liaisons TGV entre Lyon et Grenoble (actuellement saturées), Chambéry et Annecy. Très mal desservi, le sillon alpin pourra l'être aussi bien que la vallée du Rhône.

En faisant grimper à 40 milliards d'euros ses investissements en matière de transports intra-européens, Bruxelles ne donne pas ainsi un signal de frilosité face à la crise bien au contraire.

Cette ambition retrouvée montre bien que ce dont nous souffrons actuellement avec la crise de l'euro, ce n'est pas trop d'Europe, mais pas assez d'Europe. Ce projet Lyon-Turin fonctionne comme une métaphore de la situation que nous vivons actuellement.

Comme le martèle à juste titre Jacques Attali, l'ancien sherpa de François Mitterrand et ancien président de la commission « des conditions de libération de la croissance française », l'Europe ne pourra s'en sortir que par le haut, en mettant en place un véritablement gouvernement économique doté d'un budget.

Le paradoxe est que si les Etats sont surendettés, l'Europe ne l'est, elle, absolument pas. Elle bénéficie d'une signature préservée (AAA) et serait capable d'avoir un budget de plusieurs centaines de milliards d'euros par l'augmentation d'un point ou deux de TVA dans la zone euros, avec possibilité de lever des emprunts, sans provoquer la moindre réaction des marchés si elle le voulait (ou plutôt si les Etats qui la composent l'acceptaient). Une telle démarche permettrait de relancer la croissance et de calmer définitivement le jeu.

Car sans croissance, peu de chance de voir les déficits se résorber rapidement. On l'a constaté en Grèce. On est en train de le constater en Italie et en France où un troisième plan de rigueur pourrait bien s'avérer nécessaire.

Il ne s'agirait pas là de rajouter de la dette à la dette, mais d'achever la construction de l'édifice européen, sans lequel il risque de rester longtemps branlant.

Mais gageons que sous les coups de boutoir de la réalité et des marchés, on y viendra. En quelques mois de crise, l'Europe a déjà franchi des étapes qui auraient mis, sinon, plusieurs années à être adoptées. C'est le seul avantage d'avancer comme actuellement, jour après jour, au bord du précipice...

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Publiée le 12 nov. 2011 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 14 nov. 2011
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