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 Medef/CGPME et CCI de Lyon : je t'aime, moi non plus...

 Medef/CGPME et CCI de Lyon : je t'aime, moi non plus...

C'est décidé : Medef et CGPME, les deux organisations patronales feront listes séparées lors du prochain scrutin aux élections à la CCI de Lyon. Lors d'une réunion de la dernière chance, vendredi 24 septembre, François Turcas, président de la CGPME et Bernard Fontanel, celui du Medef-Lyon-Rhône se sont quittés sur un constat de désaccord.

« Il y a entre le président de la CGPME du Rhône et moi-même des relations d'amitié anciennes et sincères ayant permis ce matin une nouvelle fois un échange franc, direct et chaleureux », explique ainsi Bernard Fontanel, président du Medef Lyon-Rhône. Qui ajoute aussitôt : « Pour autant, compte tenu du contexte et des points de divergence dans la construction d'une liste commune, nous avons convenu de présenter des listes séparées. » Ce que traduit François Turcas dans le langage direct qui est le sien: « Il n'y a pas de sang sur les murs, mais il n'y a pas d'accord non plus... »

Cela rappelle le scénario de 2005, à une différence près qu'in fine, les deux organismes patronaux avaient décidé de s'entendre en proposant une forme originale d'accord en se partageant alternativement la présidence. Ce pacte qui devait se poursuivre après l'élection de cette fin d'année a éclaté en lambeau.

Que s'est-il passé ? Le mandat de Guy Mathiolon, actuel président (issu de la CGPME) a servi d'étincelle. Cette présidence qui estime-t-on à la CGPME a parfaitement correspondu à la feuille de route qui lui avait été assignée, a été émaillée de difficultés. S'il a été un bon gestionnaire, Guy Mathiolon a été un piètre diplomate et a eu des velléités politiques. Il s'est mis à dos non seulement Gérard Collomb, mais aussi le préfet de région, mais encore le président du Conseil général, Michel Mercier, devenu ministre.

Il y a eu aussi l'épisode de sa garde à vue de 48 heures, suite à un rapport de la Cours des comptes. Une affaire qui a fait pschitt et qui est désormais classée. Derrière cet épisode et de quelques autres, à la CGMPE, on pointe du doigt Benoît Soury directeur général de la Vie Claire et premier vice-président de la CCI de Lyon qui estime-ton, a savamment savonné la planche du président en titre.

Or, c'est ce même Benoît Soury que le Medef veut installer en tête de liste. « Le Medef n'en démord pas. Pour nous c'est un casus belli », estime François Turcas.

D'où la décision de ce dernier de mener lui-même la liste CGPME pour bénéficier de sa popularité qui est très grande parmi ses troupes. Mais s'il siégera à la CCI de Lyon, il ne briguera pas la présidence. Qui alors ? Sûrement pas Guy Mathiolon, définitivement out, même s'il est défendu toutes griffes dehors par la CGPME. On évoque le nom d'un ancien président du Tribunal de Commerce de Lyon : la décision sera prise dans les prochains jours par les instances de la CGPME.

On peut donc s'attendre à une campagne particulièrement active, chacun des deux organismes patronaux s'estimant capable d'emporter la victoire. Du côté de la CGPME on se prend même à penser que la CRCI Rhône-Alpes pourrait aussi tomber dans l'escarcelle, le nombre de CCI détenues par la CGPME pouvant croître encore. Or les chambres régionales vont, avec la réforme de la CCI, prendre un poids grandissant.

Cette élection à listes séparées va en tout cas clarifier la situation et éviter des combats souterrains qui ont perduré derrière une union affichée de manière artificielle. Les choses vont désormais aller très vite : le dépôt des listes est fixé au 18 octobre. Ensuite, il faudra convaincre les 60 000 électeurs potentiels. Pas de sang sur les murs, mais une élection qui s'annonce virile...









Publiée le 27 sept. 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 27 sept. 2010
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