Recherche : attention danger !

Dominique Largeron Recherche : attention danger !

La tendance est forte actuellement pour les entreprises de tailler dans leur budget Recherche&Développement. C'est ce que montre une étude de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économique) dans un rapport publié récemment (*). Il apparaît que les déclarations des responsables économiques et politiques sur la nécessité pour les entreprises de maintenir l'effort de R&D malgré les difficultés du moment constituent avant tout un vœu pieux.

 

Que dit cette étude ? Que les entreprises ont tendance à consacrer un certain pourcentage de leur marge à la recherche. Que leur marge décline, comme c'est le cas actuellement, les dépenses de recherche refluent dans le même sens. Qui plus est, circonstances aggravantes, ces mêmes entreprises rencontrent de plus grandes difficultés à assurer leur financement du fait de la crise financière qui a tout déclenché. Même les sociétés de capital-risque ont ralenti leurs investissements (- 40 % en Europe, - 60 % aux Etats-Unis). En France, le recul pourrait être moins brutal grâce aux mesures fiscales incitant les particuliers à investir dans le PME, notamment innovantes.

 

Ainsi, près d'un tiers des plus grandes entreprises dans le monde envisage de réduire leurs dépenses de recherche en 2009, selon le cabinet McKinsey, cabinet de conseil en stratégie.

Ce qui se passe dans les pays de l'OCDE se déroule bien évidemment en Rhône-Alpes, une région dont on connaît le poids de la recherche, tant publique que privée.

Or, ralentir les efforts de recherche de manière trop importante, sous prétexte de la crise, constituerait une grave erreur. Une faute stratégique grave, même.

 

L'innovation d'aujourd'hui déterminera la géographie du monde de demain. C'est d'ailleurs une bonne nouvelle pour la France et Rhône-Alpes. Rien n'est perdu, c'est le moment ou jamais de donner le coup de fouet pour recoller au peloton et préparer la meilleure sortie de crise possible.

 

Les dix dernières années ont vu les innovations ralentir. Comment inciter à la recherche, au développement de biens nouveaux et aux nouveaux process de production lorsqu'un milliard de femmes et d'hommes sont prêts à travailler pour des salaires dérisoires ?

Il faut bien comprendre que la sortie de crise se fera largement par une croissance accélérée de secteurs fortement imprégnés d'innovations et de technologies nouvelles.

Nous les connaissons en Rhône-Alpes. Ce sont les secteurs de demain : les énergies renouvelables, la chimie verte, les transports, les nano-technologies, la santé, le numérique, tous domaines dans lesquels la Région excelle, grâce à ses chercheurs et ses entreprises.

Encore ne faut-il pas céder une nouvelle fois aux sirènes du court terme...

 

 

(*) Publié le 5 juin, il est intitulé « Les réponses à la crise économique : investir dans l'innovation pour une croissance à long terme. »

 

 

 

Publiée le 16 juin 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 16 juin 2009
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