Rhône-Alpes cherche les apprentis avec les dents

Rhône-Alpes cherche les apprentis avec les dents

Un certain Nicolas Sarkozy nous assurait lors de la dernière élection présidentielle qu'il allait chercher la croissance avec les dents. On sait ce qu'il en est advenu depuis.
Même si elle paraît plutôt dévaluée, la formule pourrait être reprise en matière de l'apprentissage en région Rhône-Alpes. Avec la crise tous les clignotants sont au rouge. A l'échelon national on craint une baisse de 10 à 15 % des inscriptions du nombre d'apprentis en première année.

En Rhône-Alpes, même si le chiffre de 50 000 apprentis visé originellement pour 2010 ne sera pas atteint cette année, leur nombre pourrait être in fine supérieur à celui de 2008. Ce qui constituerait déjà un petit exploit.

L'apprentissage avait jusqu'à présent le vent en poupe dans la Région: il croissait ces dernières années à un rythme très rapide : 28 000 apprentis de plus en quatre ans pour atteindre à ce jour près de 40 000 jeunes en apprentissage (41 500 très précisément en 2008). Puis, patatras, la crise a stoppé net le processus. Ce qui explique pour une part l'important retour du chômage des jeunes.

Il faut savoir que l'apprentissage est une compétence régionale, détenue par Charbonnières, en collaboration avec les socio-professionnels. Or, il existe, tant de la part des professionnels que des élus, tous clivages politiques confondus, un vrai consensus autour de l'apprentissage. Tous ces acteurs sont persuadés qu'il constitue une des voies incontournables pour la formation des jeunes. Une solution d'avenir car il s'agit d'une formation permettant une vraie insertion dans le monde du travail correspondant à de vrais besoins des entreprises.

D'où l'union sacrée qui prévaut. Face à cette crainte d'une chute du nombre d'apprentis, de nombreux acteurs ont décidé de prendre le taureau par les cornes. La CGPME a envoyé cinq collaborateurs sur le terrain pour rencontrer TPE et PME afin de développer les contrats en alternance (contrats d'apprentissage et contrats de professionnalisation). Le Medef a fait de même, ainsi que les Fédérations de la Métallurgie et du Bâtiment.

Les Chambres de Commerce et d'Industrie ont, de leur côté, procédé au plus gros effort en embauchant  dix  CDD d'un an au profil DRH, commercial ou « pédago » et ré-orienté trois autres collaborateurs travaillant déjà au sein de l'instance consulaire. Tous « ces développeurs » comme les a baptisés le président de la CRCI, Jean-Paul Mauduy, sont sur le terrain depuis le 8 septembre. Avec une ambitieuse feuille de route : 2 500 visites et entretiens avec les chefs d'entreprises pour ramener dans leur besace 500 nouveaux contrats. Une mission qui se prolongera jusqu'au mois de juillet et donc portera aussi sur les inscriptions à la rentrée 2010.

Tout porte à croire que ces efforts sont en train de payer. La Région pourrait même dépasser le niveau des inscriptions de 2008. Tout ceci prouve quoi ? Qu'il ne sert à rien de se lamenter et qu'à condition qu'il soit partagé, le volontarisme peut véritablement payer. CQFD.

Publiée le 06 oct. 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 06 oct. 2009
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