Rhône-Alpes plus touchée que d'autres par la crise

Rhône-Alpes plus touchée que d'autres par la crise

 

 

C'était une tradition, elle perdure. Avec la dernière crise en cours, la région Rhône-Alpes est une nouvelle fois nettement plus impactée par la crise économique que d'autres régions de notre beau pays. Sa structure industrielle plus tournée vers l'exportation que la moyenne nationale explique pour une bonne part  la passe difficile actuellement traversée.

Comme l'Allemagne dotée d'un excédent commercial structurel et dont le PIB va reculer cette année de 6 %, la Région voit ses exportateurs tournés vers le grand large, petits ou grands, particulièrement souffrir.

Les répercussions de la chute de la demande mondiale ont été immédiates sur l'économie régionale. Et ce, dès le 3ème trimestre 2008 au cours duquel l'Insee a constaté  que l'excédent des exportations était passé de 12 milliards d'euros à 10,5 milliards d'euros, le recul s'accentuant depuis.

Les répercussions se font aussi bien ressentir dans le secteur des engins de chantier (Caterpillar à Grenoble, par exemple), objet d'une sévère restructuration que dans celui des semi-conducteurs (ST-Microelectronics, Soitec) ou dans la chimie, par exemple (Rhodia).

Autre secteur qui pèse lourd dans la région, expliquant cette forte  réactivité à la crise : le poids de la sous-traitance automobile. Même si grâce à la prime à la casse, en France, le phénomène a été  pour partie enrayé, la chute des immatriculation en Europe a eu des conséquences immédiates. Le chiffre d'affaires des décolleteurs de la vallée de l'Arve qui travaillent beaucoup pour l'automobile a chuté de près de 45 % !

Tous ces ruisseaux faits de de suppressions d'emplois intérimaires, de licenciements, d'interruption de toute embauche ont alimenté le fleuve du chômage qui après avoir passé à la baisse la barre des 200 000 demandeurs d'emplois avant la crise, atteint déjà les 240 000 inscrits à Pôle Emploi. Sur le seul mois d'avril, le chômage a crû de 3,1 % en Rhône-Alpes contre 2,4 % au plan national

Sur les douze derniers mois, le nombre de demandeurs d'emplois a crû de plus d'un tiers ( 35,6 %), alors qu'il n'a, si l'on ose dire, progressé que d'un quart au plan national ( 24,6 %).

Ces chiffres anxiogènes peuvent en revanche nourrir une perspective d'optimisme lorsque sonnera l'heure de la sortie de crise. Réagissant plus fortement que l'économie nationale en période de crise, la reprise devrait être -encore une tradition régionale- encore plus forte en Rhône-Alpes que dans le reste de la France.

Si la médaille de l'exportation a son revers, elle a aussi son avers. Dès les premiers signes de reprise, Rhône-Alpes devrait voir les courbes du retour du dynamisme économique remonter plus allègrement qu'ailleurs.

 

Publiée le 09 juin 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 09 juin 2009
Figure dans les rubriques
L'édito de la semaine


HAUT