La mutation réussie du Groupe lyonnais Sword

Dominique Largeron

En dix ans, Jacques Mottard a réussi à créer un groupe de 1 800 personnes, mondialisé et particulièrement rentable. Pour parvenir à son objectif de figurer parmi les cent premiers éditeurs mondiaux de logiciels, le Pdg du groupe lyonnais accélère la mutation de son groupe des services vers les logiciels, plus rentables, tout en développant les marchés de niche. Tandis qu'il vient d'ouvrir une antenne à Singapour, le célèbre fonds Fidelity vient de monter au capital.

La mutation réussie du Groupe lyonnais Sword

Son Pdg, Jacques Mottard, le reconnaît, contrairement à certains de ses confrères, il n'a pas un ego surdimensioné. La SSII lyonnaise Sword aura dix ans d'existence cette année, mais ne fêtera pas l'événement. Il y aurait pourtant de quoi. En dix ans, Jacques Mottard aura développé loin du battage médiatique une entreprise de 1 800 salariés parfaitement mondialisée et installée sur des marchés de niches, particulièrement rentables.

En 2009, Sword devrait atteindre une marge opérationnelle courante de près de 17 %, soit une des meilleures performances du secteur. Sur les cinq dernières années, le bénéfice net (21 millions d'euros en 2008 pour 206 millions de chiffre d'affaires) a été multiplié par 2,5.

A quoi est due cette réussite ? A une stratégie pertinente qui a permis à Jacques Mottard de faire muter une société centrée sur les services informatiques (donc la gestion de contenus), vers une société éditrice de logiciels, nettement plus rentables. Ce métier représentait 15 % des ventes totales de Sword en 2005. « Nous faisons désormais 60 % de notre chiffre d'affaires en logiciels et 40 % en service, sachant que les purs services ne représentant plus que 30 % », se félicite Jacques Mottard. A ce rythme, les produits pèseront bientôt la quasi-totalité des revenus.

Cette réorientation de l'activité s'est traduite, cette année, par la vente des filiales de services en Ecosse et au Brésil. Dans le même temps, la société lyonnaise s'est encore renforcée dans les logiciels avec le rachat du groupe américain AgencyPort, spécialisé dans les produits destinés aux agents d'assurances.

Sword Group s'est spécialisé dans les secteurs réglementés (énergie, santé, télécoms, secteur public, etc.) aux domaines d'activité moins cycliques et aux revenus plus récurrents. D'importants contrats ont été ainsi conclus auprès de la Commission européenne et de grands établissements publics, comme Réseau Ferré de France.

La société serre ses coûts et se concentre sur des niches bien ciblées (gestion des risques des réassureurs, sécurisation des transferts financiers, etc.), où son savoir-faire reconnu lui permet de pratiquer des prix élevés.

Parallèlement, Jacques Mottard a mené une politique de développement international. La société est désormais mondialisée, réalisant 25 % de son activité aux Etats-Unis avec de gros clients comme le groupe Sears, pour 9 % seulement du CA en France. « Nous venons d'ouvrir une antenne à Singapour : nous sommes présents dans vingt pays, nous sommes vraiment devenus une société globalisée », assure le Pdg.

Désormais Jacques Mottard vise le Top 100 mondial des producteurs de logiciels. « Selon Software Magazine, nous sommes à ce jour à la 127ème place mondiale et à la 13ème européenne. Pourquoi visons-nous la 100ème ? Tout simplement parce que lorsque vous figurez parmi les 100 premières sociétés mondiales, vous devenez une société de référence et vous bénéficiez d'une cotation qui correspond à votre réelle valeur. Notre valorisation actuelle ne correspond ni à notre croissance, ni à l'augmentation de notre rentabilité. »

Le cours de Bourse de Sword reste en effet encore inférieur à son cours d'introduction (1er cours coté : 44,80 euros, 27 euros, vendredi 22 janvier 2010 à la clôture) ; mais depuis un an, le titre superforme en affichant une hausse de 171 % et de 11 %, depuis le 1er janvier 2010.

Il y a au moins un actionnaire qui s'en est rendu compte. Le célèbre fonds Fidelity vient de dépasser les 5 % du capital de Sword. Un signe qui ne trompe pas.



Photo : Jacques Mottard, Pdg : « Lorsque vous figurez dans le top 100, vous devenez une entreprise de référence... »



Publiée le 26 janv. 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 11 mai 2010
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