L'INSEE a publié le mois dernier une étude sur la
rémunération des 2 170 000 entrepreneurs individuels dirigeant des
entreprises de moins de 20 salariés. A fin 2005, ceux-ci dégageaient un
résultat annuel de 25 900 €.
Cette étude peut être complétée par une autre étude de l'INSEE, réalisée à la
demande de la CGPME, portant sur les dirigeants salariés de PME (moins de 50
salariés). Leurs revenus moyens sur la même période se montaient à 51.963 €,
soit 4.330,25 e par mois.
Les variations sont importantes selon les secteurs. Il vaut mieux être
dirigeant salarié d'une entreprise de 20 à 50 salariés dans le secteur des
activités financières (133.569 €de salaire net annuel en moyenne)
qu'entrepreneur individuel dans le domaine des services personnels - coiffure,
blanchisserie... - (Résultat courant avant impôts de 13 600 € en moyenne).
Les seconds sont nettement plus nombreux que les premiers.
Dans tous les cas, il n'y a rien de vraiment scandaleux si l'on tient compte du
fait que ces « travailleurs » ont payé eux-mêmes leur outil de
travail en risquant leurs capitaux personnels et qu'ils créent la majorité des
emplois privés dans notre pays.
Cependant, les perceptions de la réalité sont têtues et pour la majorité de nos
concitoyens les patrons restent d'affreux exploiteurs qui s'enrichissent sur le
dos de leurs salariés ou de leurs clients. Sans vouloir faire un procès aux
médias dans leur ensemble, vous remarquerez que ces deux études n'ont pas connu
le retentissement qu'a connu la publication des rémunérations des patrons du
CAC 40 qui, par définition, ne sont que 40 et dirigent des entreprises dont la
majorité de l'activité s'exerce souvent hors de France.
Peut-être pourrait-on vulgariser cette information en la diffusant à nos
proches par messagerie. J'ai bien reçu récemment un mail d'un enseignant
m'expliquant les difficultés des jeunes enseignants qui débutent avec un
salaire de 1,2 fois le SMIC (soit un salaire brut annuel de 19 541 € en
2005). C'est sans doute peu dans l'absolu, mais l'enseignant n'investit pas
dans son outil de travail et n'a pas à attendre les paiements de ses clients
pour toucher sa rémunération.
Beaucoup de nos jeunes entrepreneurs seraient ravis de bénéficier du même sort
pour des semaines de travail dont la durée n'a pas grand-chose à voir avec
celles du jeune enseignant.
Pour en savoir plus :
INSEE
PREMIERE 1175
Compte
rendu de l'étude INSEE / CGPME dans le JDN/Management