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Adocia : star 2014 des sociétés lyonnaises cotées

Dominique Largeron

+ 527 % ! La société biotech spécialisée dans la lutte contre le diabète dirigée par la famille Soula est de loin celle qui a le plus performé en 2014. Le dernier accord à 570 millions de dollars de cette PME avec le géant américain Lilly fait exploser les compteurs.

Adocia : star 2014 des sociétés lyonnaises cotéesGérard Soula et ses deux fils, Olivier et Rémi et la flambée du cours de Bourse d'Adocia en 2014 .

570 millions de dollars à la clef. Et ce pour une PME lyonnaise de moins d'une centaine de personnes ayant réalisé en 2013 un chiffre d 'affaires de 8,8 millions d'euros pour un résultat net de... – 4,3 millions d'euros...

 Tel est l'enjeu de l'accord qui vient d'être signé entre Adocia qui a développé près de cent brevets depuis sa création et le géant pharmaceutique américain Eli Lilly.

Les deux sociétés viennent de signer un accord de licence global couronnant les travaux de cette société sur le développement d'une insuline ultra-rapide. Lorsque celle-ci sera mise définitivement au point, elle devrait grandement faciliter la vie des diabétiques de type 1 et 2 auxquels elle est destinée.

L'insuline ultra-rapide offre beaucoup d'avantages

Son grand avantage : les patients injectent cette insuline exactement au moment où ils en ont besoin, ce qui offre beaucoup d'avantages pour ceux qui souffrent de cette pathologie : une plus faible variabilité des élévations de glycémie après digestion, un plus faible taux d'hypoglycémie et un meilleur contrôle général de la glycémie.

Il s'agit de l'insuline ultra-rapide « BioChaperone Lispro ». Un produit actuellement en étude clinique de Phase Ib.

La Big Pharma américain Lilly sera responsable des futurs développements, de la production et de la commercialisation de cette insuline ultra-rapide.

Le paiement immédiat de 50 millions de dollars

Cet accord se traduit par le paiement immédiat de 50 millions de dollars, ainsi que des paiements potentiels d'étape pouvant atteindre 280 millions, au fur et à mesure des développements de la phase clinique...

Ce n'est pas tout : Adocia recevra également des royalties à des taux progressifs sur les ventes.

Au total, cet accord pourrait rapporter à Adocia près de  570 millions d'euros !

Enfin, cet accord stipule que Lilly remboursera à Adocia, certaines dépenses de recherche et de développement pendant la durée du contrat.

La commercialisation de cette insuline ultra-rapide pourrrait intervenir en 2017. Concernant actuellement près de 400 millions de diabétique, le marché mondial de l'insuline représente 25 milliards de dollars. Il croît de 10 % par an.

Pour Gérard Soula, créateur d'Adocia avec ses deux fils, Olivier et Rémi, cet accord signe la réussite d'une stratégie gagnante depuis l'introduction en Bourse de la société en janvier 2012, il y près de trois ans.

Il a fallu attendre le début de l'année 2014 pour voir le cours de cette société biotech qui connaissait jusqu'alors un encéphalogramme presque plat, commencer à décoller. Et ce, dans le sillage de la forte valorisation dans toutes les Bourses du monde des société biotechs.

Une valorisation boursière de 300 millions d'euros !

A quelques jours de la fin de l'année, dopé par cet accord, le cours d'Adocia flambe de 527 % à 37,40 euros. Ce qui porte sa valorisation en Bourse à près de 300 millions d'euros !

Née en 2005 et basée avenue Lacassagne dans le 3ème arrondissement de Lyon, Adocia a donc été créée par Gérard Soula et ses deux fils, Olivier , 44 ans et Rémi, 39 ans, tous les trois docteurs en chimie.

 Son métier complexe est assez facile à expliquer, comme l'avait fait Gérard Soula lors de l'introduction en Bourse.

Il expliquait alors : « En fait, nous sommes des bio-physiciens. Nous reprenons des médicaments tombés dans le domaine public, et qui en leurs temps furent mis sur le marché en des formes que nous appelons “primitives”. Nous cherchons à en optimiser les performances, tant thérapeutiques qu’en termes de coûts ou de minimisation des effets secondaires. Mais, n’allez pas croire que cela ne serait qu’une sorte de lifting… Nous réinventons quasiment tout, jusqu’à faire la preuve de concept ».

Ancien directeur Recherche&Développement de Rhône-Poulenc, Gérard Soula est loin d'être un inconnu dans le monde de la recherche médicale : il a été le fondateur de Flamel Technologies, une société cotée en 1996 sur le Nasdaq américain.

Il avouait crânement en 2012 lors de l'introduction en Bourse d'Adocia qu'il voulait tout bonnement devenir l'un des leaders mondiaux en médecine régénérative, grâce à sa technologie innovante « BioChaperone ».

La stratégie développée par Adocia est simple : la société développe d'abord elle-même ses technologies, puis les valorise au travers d’accords de co-développement ou de licence avec des majors de l’industrie bio pharmaceutique et de matériel médical. C'est donc le cas avec Eli Lilly.

Un accord pourtant dénoncé une première fois en 2013

Pourtant, l'aventure a failli tourner court en 2013. Un accord qui avait déjà été signé avec Eli Lilly avait alors été dénoncé d'un commun accord par les deux parties.

Le retour d'Eli Lilly dans le jeu a cette fois permis à Gérard Soula d'obtenir de meilleures conditions.

On peut cependant s'étonner que le Français Sanofi, par ailleurs très fortement implanté à Lyon n'ait pas alors profité de cette dénonciation pour emporter le morceau.

D'autant plus surprenant que la Big Pharma tricolore peine, comme la plupart de ses consœurs, à renouveler son éventail de produits destinés à lutter contre le diabète...

Publiée le 20 déc. 2014 par LARGERON Dominique.
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