Dernières infos

Banque de France Auvergne-Rhône-Alpes : après une année 2016 décevante, des perspectives économiques  un peu plus réjouissantes en 2017

Dominique Largeron

Pas question encore de sauter au plafond, mais l'horizon économique s'éclaircit en Auvergne-Rhône-Alpes. c'est en tout cas la vision du directeur régional de la Banque de France au regard des derniers éléments de conjoncture tout frais dont il dispose. Les exportations qui ont plombé 2016 devraient repartir.

Banque de France Auvergne-Rhône-Alpes : après une année 2016 décevante, des perspectives économiques  un peu plus réjouissantes en 2017Selon les chiffres de la CNR, le trafic des conteneurs a nettement diminué l'année dernière sur le Rhône.

C'est vrai, avec un petit 1,1 % de croissance en 2016, après 1,2 % en 2015, l'année passée s'est révélée décevante.

Pourquoi ? La grande déception est venue de l'export qui n'a pas répondu aux espoirs mise en elle.  Si les importations se sont révélées étales, les exportations ont reculé de 0,9 % contre une hausse de 4,8 % en 2015, mais qui ne s'est pas prolongée. Un manque à gagner important pour la croissance d'une région où un travailleur sur trois travaille pour l'international.

A l'arrivée c'est l'industrie qui fournit 38 % de la valeur ajoutée de la région qui n'a crû que de 1 %, contre 2,3 % en 2015 ; suite à un niveau d'investissement très faible.

La performance très brillante de l'informatique (+ 7,5 %) et la reprise de la construction, (+ 1,9  %, après une chute de 3,1 % en 2015) constituent l'heureuse surprise de 2016 ; sans oublier la bonne performance des services (+ 4,1 %) ; mais même réunis tous ensemble, ils n'ont pas réussi à compenser  cette atonie industrielle.

Le même scénario se répétera-il en 2016 ? Au vu des anticipations des chefs d'entreprises et des éléments de conjoncture dont il dispose, Pierre du Peloux,  le directeur régional de la Banque de France ne le pense pas.

 Le retour de l'investissement et de l'export ?

Malgré la période pré-électorale actuelle, le patron de la banque des banques constate que selon leurs dire, les patrons de l'industrie ont la volonté d'investir à nouveau, ce qui porterait la croissance du secteur à un peu plus de 3 %, selon leurs anticipations.

Une des raisons : enfin, le regain  attendu de l'export... qui, comme en 2015 pourrait, toujours selon les anticipations patronales, caracoler à + 4,7 %.  Autre facteur susceptible de favoriser l'export d'ailleurs les taux d'intérêt, même s'ils risquent de remonter en phase avec le retour, certes encore timide de l'inflation, devraient rester faible.

De surcroît, les astres de l'économie devrait s'aligner : l'informatique devrait continuer à s'envoler avec une croissance similaire à celle de l'année dernière, autour de 7 %, de même que les services qui devraient rester bien orientés (+ 3,1 %).

 Enfin, la construction est bien partie pour accentuer son redressement. Même les Travaux Publics, le secteur le plus malade ces dernières années, devrait s'afficher gaillardement dans le vert.

 Les incertitudes, nombreuses

Certes dans notre monde globalisé, de nombreuses incertitudes, provenant notamment des Etats-Unis subsistent encore. Il faudrait y ajouter le Brexit et les échéances électorales en Europe. Sont-elles à même de remettre en cause ce scénario plutôt rose ? Tout dépendra ensuite du résultat des élections en France et de la capacité de l'Europe à prendre son destin en main et d'appuyer sur l'accélérateur de croissance. En tout cas, les anticipations des chefs d'entreprises restent positives (*).

Reste encore qu'un rayon de soleil conjoncturel qui plus est, bien étayé, ne peut qu'être bon pour le moral...et entretenir l'auto-réalisation de ces projections optimistes.

 Des perspectives qui pourraient être meilleures encore si la France s'attelait enfin aux réformes. Pierre du Peloux constate que les pays qui ont connu l'année dernière les plus forts taux de croissance, sont ceux qui justement ont engagé de véritables réformes qui ont fini par porter leurs fruits : la Suède (+ 4 % ), l'Espagne (+ 3,2 %) et l'Allemagne (+ 2 %). A côté, le 1,1 % de la France fait, il faut bien le reconnaître un peu famélique...

.

(*) Enquête réalisée auprès de 4 500 entreprises d'Auvergne-Rhône-Alpes, au cours du mois de décembre.

Publiée le 19 févr. 2017 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 19 févr. 2017
Figure dans les rubriques
L'article du jour

Ajouter un commentaire

Il sera relu par un responsable qui décidera ou non de sa mise en ligne.



HAUT