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Comment la Biennale de la Danse 2014 a réussi à faire mieux avec...moins

Dominique Largeron

Une démonstration concrète qui intéressera sans doute tous les directeurs de Festivals. Dominique Hervieu, directrice de la Biennale de la Danse, et Sylvie Burgat, grande argentière des deux Biennales lyonnaises ont réussi cette année à faire plus de créations et à attirer un public un peu plus nombreux, avec un budget moindre. Ce qui a été possible cette année ne le sera pas lors de la Biennale 2016 tempère cependant la chorégraphe en chef...

Comment la Biennale de la Danse 2014 a réussi à faire mieux avec...moinsSylvie Burgat, directrice des Biennales de Lyon et Dominique Hervieu, directrice de la Biennale de la Danse.

« Les subventions ne bougent pas depuis 2005, tandis que les charges fixes, elles, augmentent. Heureusement, c'est le mécénat qui fait le joint. Pour la Biennale 2014 nous avons dû tirer un peu sur les fonds propres de la Biennale... »

On l'aura compris : par ces propos, Sylvie Burgat, directrice de la Biennale de Lyon et donc grande argentière de celle de la danse a connu quelques frayeurs cette année en concevant le budget de la Biennale de la Danse.

A l'issue de cette manifestation internationale dédiée à la chorégraphie, attirant les meilleures troupes au monde, tant elle, que Dominique Hervieu, directrice de la Biennale qui a conçu le programme, affichent un large sourire.

Plus de cent mille spectateurs

En cette période d'argent public de plus en plus rare, la Biennale 2014 affiche, avec 100 600 personnes, un nombre de spectateurs légèrement supérieur à celui enregistré lors de la Biennale 2012.

Tant les différentes salles que l'espace public-dont le spectacle de la place Bellecour qui a attiré le nombre record de 16 000 personne-ont fait le plein.

Le taux de fréquentation en salles atteint ainsi le très joli taux de 93 %.

 Il faut ajouter à ces chiffres les 5 000 participants et les 300 000 spectateurs du traditionnel Défilé, des Terreaux à la place Bellecour.

Avec un budget un peu moins copieux, la Biennale a pu offrir cette année un nombre nettement plus important de créations que lors de la dernière manifestation: vingt-cinq créations dont dix-sept « premières » mondiales et huit « premières » françaises.

Pour poursuivre dans les chiffres : 43 compagnies, représentant 646 artistes ont été invités, faisant se déplacer 234 journalistes provenant de vingt pays.

Ce coup de projecteur d'un mois sur le meilleur de la danse mondial a en outre attiré 950 professionnels provenant de 41 pays. Ces "pros" de la danse sont venus faire leur marché pour remplir à leur tour leur propres scènes avec les spectacles ayant rencontré le plus de succès.

 Co-productions régionales et efforts sur les charges

 Quel est donc ce petit miracle qui a permis au duo organisateur, Sylvie Burgat et Dominique Hervieu, de faire plus avec moins ? Les co-productions régionales et de gros efforts sur les charges, en réalité.

Les charges d'abord. « Nous avons gratté jusqu'à l'os pour privilégier la programmation. Ainsi par exemple, pour faire des économies, finis les hôtels quatre étoiles pour les troupes au profit des trois étoiles, voire même des chambres d'hôte, ce qui nous a permis de gagner au total 150 000 euros », détaille Dominique Hervieu.

Les co-productions ensuite : « Pour développer les relations avec les autres structures de la région Rhône-Alpes, nous avons pratiquement doublé le nombre de troupes en résidences qui sont passées cette année de huit en 2012 à quinze cette année : aussi bien à la MC2 de Grenoble, qu'à l'Opéra de Saint-Etienne, mais aussi aux Subsistances, à Décines, à Tarare,à Iriginy, voire encore à Sallanches où les danseurs répétaient dans un superbe studio de danse face au Mont-Blanc, etc. ; ce qui nous a permis là encore de diminuer les coûts. »

 « Je ne suis pas dans le déclinisme ! »

 Et Dominique Hervieu de conclure : « Je ne suis pas dans le déclinisme ! Oui, on peut faire plus avec moins. »

 Elle précise  : « Je pense néanmoins que nous avons été là au maximum de nos possibilités. Il nous sera difficile lors de la prochaine Biennale de diminuer encore les charges. »

 La solution pour maintenir le niveau de qualité de la Biennale de la Danse en 2016, devra assurément passer par une montée en charge du mécénat. Avis aux entreprises !

Publiée le 06 oct. 2014 par LARGERON Dominique.
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