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Emmanuel Imberton : "Toutes les possibilités d'accord doivent être étudiées entre les Ecoles de Management de Lyon et de Grenoble"

Propos recueillis par Dominique Largeron

Un mariage en vue entre Grenoble Ecole de Management et EMLyon ? L'hypothèse n'est plus exclue. Président de la CCI de Lyon, Emmanuel Imberton a engagé une discussion avec son homologue de la CCI de Grenoble sur les synergies possibles à mettre en œuvre entre les deux Ecoles. Tel est l'un des nombreux thèmes qu'il a évoqués lors d'une rencontre avec les journalistes lyonnais à l'initiative du Club de la Presse de Lyon. Les thèmes au menu étaient copieux : la ligne Lyon-Dubaï d'Emirates, l'avenir en pointillé du centre de formation de la CCI de Lyon, les relations de la CCI avec la CGPME et le Medef, etc. Extraits.

Emmanuel Imberton : "Toutes les possibilités d'accord doivent être étudiées entre les Ecoles de Management de Lyon et de Grenoble"Emmanuel Imberton, président de la CCI de Lyon.

 «J'ai engagé des discussions avec la CCI de Grenoble sur l'avenir de nos deux Ecoles de Management »

 « Comme vous le savez, avec Bernard Belletante, nous venons de trouver l'oiseau rare, en l'occurrence le directeur que nous cherchions pour remplacer Philippe Courtier qui a démissionné en juillet 2013. Ce recrutement a pris du temps car il fallait trouver un pilote capable de diriger une Ecole de Management comme celle de Lyon qui est une véritable Formule 1.

 La nouvelle direction a trois principaux challenges à relever. Celui du financement des Business School qui s'arrachent à prix d'or les meilleurs professeurs et qui est inflationniste. Celui de l'internationalisation et du développement des MOOC, ces cours en ligne ouverts et massifs.

 Lorsque j'ai annoncé la nomination de ce nouveau directeur au corps professoral, je lui ai également annncé que j'avais engagé des discussions avec mon homologue de la CCI de Grenoble qui, comme pour nous, EM Lyon, a la responsabilité de l'Ecole de Management de Grenoble. Nous avons pris l'initiative de mettre le sujet sur la table pour donner le jour à une vision plus dynamiques des deux joyaux que nous possédons en Rhône-Alpes.

 Pourquoi ? Parce que nous avons la chance dans cette région de posséder deux Ecoles de Management qui se situent dans le top 10 français, EM Lyon à la deuxième place, Grenoble Ecole de Management à la 6ème. C'est un atout énorme. D'autant que nous sommes plus complémentaires que concurrents.

 La question qui se pose est celle-ci : reste-t-on avec deux Ecoles ou, si des affinités se font jour, n'allons-nous pas plus loin ? Je ne dis pas pour autant que nous allons fusionner. Je ne préjuge pas de ce qui va se passer. Toutes les possibilités d'accord doivent être étudiées.

 Je me suis donné un an pour que nous trouvions ensemble des synergies entre nos deux Ecoles pour faire face aux énormes défis qu'elles vont devoir surmonter au cours des années à venir."

 « J'ai des craintes sur l'activité du pôle formation de la CCI de Lyon »

 « Deuxième de France, le pôle formation de la CCI de Lyon forme chaque année dix mille salariés. Or, nous avons de fortes craintes concernant son avenir. Celles-ci sont liées à l'accord paritaire sur la formation qui va se transformer en loi.

 Que dit cet accord ? Il prévoit la possibilité pour les PME de s'exonérer des 0,9 % de la masse salariale si elles le désirent, alors que jusqu'à présent les entreprises ne pouvaient y déroger. Le versement de ces 0,9 % va devenir facultatif.

 C'est bien, allez-vous me dire de donner cette liberté aux chefs d'entreprise. Le problème est que dans la situation dans laquelle se trouvent actuellement les PME, nous craignons que l'arbitrage des chefs d'entreprise aille vers la suppression de cette charge. Cela signifierait pour nous, à la CCI, une baisse de nos ressources formation de près de 30 %, selon les calculs effectués par nos services ! J'espère qu'ils sont à cet égard pessimistes, sinon..."

 « A terme, nous aurons 20 % de recettes fiscales en moins »

 «On ne peut pas se plaindre comme chef d'entreprise de la croissance continue des budgets de la sphère publique et s'opposer à une baisse des recettes fiscales dont bénéficient les Chambres de Commerce.

 A terme, c'est sûr : nous nous attendons à une diminution de 20 % de nos recettes fiscales. Les ressources de la CCI de Lyon vont donc devenir de plus en plus rares. Notre responsabilité est de l'accepter et de gérer la CCI en prenant en compte ce paramètre. » 

« Nous avons envoyé une lettre au 1er Ministre demandant que la liaison Lyon-Dubaï d'Emirates devienne quotidienne »

« Avec le président du Grand Lyon, la présidente du Conseil Général du Rhône et le président de la Région, nous venons de cosigner une lettre à l'intention du Premier Ministre.

Nous lui demandons d'intervenir auprès de la DGAC (ndlr : Direction générale de l'aviation civile) pour que la liaison Lyon-Dubaï lancée en décembre 2012 par la compagnie Emirates qui propose actuellement cinq liaisons par semaine, et qui a effectué de son côté une demande en ce sens, puisse devenir quotidienne.

Cette ligne qui affiche 80 % de taux de remplissage est un vrai succès. Elle est très importante pour la Région, pour son ouverture à l'international, et il est nécessaire qu'elle puisse se développer encore pour répondre à la demande. »

« Nous venons de lancer une étude pour assurer l'avenir du Musée des Tissus »

« Cela se sait peu, mais la CCI de Lyon est propriétaire de deux musées : le musée des Tissus, mondialement réputé car il possède une base de données qui fait référence ; et le musée des arts décoratifs.

Nous venons d'engager un cabinet spécialisé dans ce domaine, pour voir quelles actions il faudra mener pour assurer l'avenir de ces deux musées. Comment dans ce contexte d'argent rare, assurer leur rayonnement et leur développement.

ll faudra que l'on trouve une solution pour pouvoir conserver ces collections d'une valeur inestimable : le musée des Tissus représente tout un pan de l'histoire des entrepreneurs lyonnais."

« Je ne roule pas pour moi »

« Vous me posez la question : pour qui roulez-vous ? Je vous réponds, pas pour moi ! Je pense que l'un des problèmes dans le passé à la CCI de Lyon est que les liens se sont distendus entre elle et les organisations patronales.

Moi je représente le monde patronal et je veux renforcer les liens entre les organisations professionnelles et la CCI de Lyon. Pour ma part, je suis membre de la CGPME car cette organisation correspond le mieux au patron que je suis. Mais, jamais François Turcas (ndlr : le président de la CGPME du Rhône) ne m'a appelé pour me dire ce que je dois faire ! »

Publiée le 24 févr. 2014 par LARGERON Dominique.
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