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Gagner 100 000 nouveaux assurés dans le Sud-Est : les fortes ambitions d'Harmonie Mutuelle

Propos recueillis par Dominique Largeron

Elle a beau être la première mutuelle de France, avec 4 % seulement de marché dans le Sud-Est, Harmonie Mutuelle a encore une forte marge de progression. Elle compte s'appuyer la loi ANI qui introduit pour les entreprises l'obligation de recourir à une complémentaire santé pour gagner des parts de marché. A la clef, des économies pour les salariés concernés et une concurrence accrue entre mutuelles. Entretien avec Patrick Hugon, directeur général adjoint d'Harmonie, pour la région Sud-Est.

Gagner 100 000 nouveaux assurés dans le Sud-Est :  les fortes ambitions d'Harmonie MutuellePatrick Hugon

Que pèse Harmonie Mutuelle dans le Sud-Est ?

Au niveau national, nous sommes la Mutuelle n°1 avec 4,5 millions de personnes protégées. Nous sommes n° 1, mais aussi une jeune mutuelle puisque dans la région Sud-Est qui regroupe Rhône-Alpes, l'Auvergne, PACA , le Gard et l'Hérault, nous sommes nés de la fusion en 2013 de Mutuelle Existence et Harmonie Mutualité.

 Pour quelle part de marché ?

Pour nous, c'est clair : le Sud-Est est une zone de conquête car nous n'y avons que 4 % de part de marché, contre 6 % au niveau national. Nous avons donc devant nous une grosse marge de progression. Nous représentons tout de même dans le Sud-Est 570 000 personnes protégées et soixante agences.

 Quelle progression avez-vous connu en 2013 ?

Nous avons connu en 2013, une  progression de chiffre d'affaires de 15 %, par croissance organique ; mais aussi, il faut le reconnaître, par l'apport de deux nouvelles mutuelles qui sont venues nous rejoindre : « Thiers Mutualité », née dans la cité de la coutellerie auvergnate qui compte 15 000 salariés protégés et « Mutuelle Berre l'Etang » dans PACA qui rassemble 8 000 salariés.

Il faut y ajouter la partie régionale du Groupe Total qui a frappé à notre porte, soit au niveau national, 70 000 personnes physiques, salariés, conjoints et retraités compris.

 La mise en place de la loi ANI (Accord National Interprofessionnel) va obliger le 1er janvier 2016 toutes les entreprises à recourir à une complémentaire santé. Qui va être concerné ?

 Cet accord a été signé pour permettre à environ 5 à 6 millions de salariés, présents essentiellement dans les PME et les TPE, de bénéficier d'une mutuelle d'entreprise, beaucoup moins chère et offrant plus d'avantages qu'une mutuelle individuelle. Nous comptons bien sûr sur l'application de cette loi pour continuer à nous développer fortement : notre objectif est de gagner 500 000 salariés à protéger de plus en France et 100 000 dans le Sud-Est...

 Comment comptez-vous faire ?

De deux manières : sur le plan commercial, nous avons recruté cent commerciaux de plus dont vingt-sept pour la seule région Sud-Est. L'autre action porte sur des négociations avec les branches professionnelles qui sont habilitées dans le cadre de la loi à faire des recommandations en termes d'opérateurs, aux entreprises.

Il faut bien reconnaître que la compétition est très aiguisée entre les opérateurs, mais nous avons pour nous, l'atout de la taille.

 Nous avons d'autre part créé un regroupement de mutuelles, « Mutex » une société de prévoyance qui rassemble Eovi, Adrea, Apreva, Ociane et donc Harmonie Mutuelle : nous possédons 34 % de cette société commune. Cela nous permet de faire des propositions extrêmement avantageuses aux branches professionnelles.

Quels sont vos principaux compétiteurs sur ce nouveau marché ?

 Les grands intervenants privés que sont par exemple AG2R, Humanis, Malakoff Médéric...

 Qui pourraient être les grands gagnants de cette bataille en cours pour récupérer ces 5 à 6 millions de nouveaux clients ?

 A coup sûr, ce seront les salariés eux-mêmes ! Les assurances santé à titre individuel sont très chères. Les salariés verront leurs tarifs baisser, tout en bénéficiant d'une meilleure couverture.

 Pour les mutuelles, ce sera plus compliqué : il faut en être, c'est évident, mais la concurrence étant très aiguisées, nous allons devoir serrer nos marges.

Publiée le 06 nov. 2014 par LARGERON Dominique.
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