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Généraliste, mais orientée art contemporain et design, une nouvelle salle des ventes vient d'ouvrir ses portes à Lyon

Dominique Largeron

L'art contemporain aurait-il enfin droit de cité au sein du monde du marché de l'art lyonnais ? Deux jeunes commissaires priseurs, Etienne de Baecque et Géraldine d'Ouince en sont persuadés. L'associant au design, ils viennent de lui consacrer leur première vente, avec 330 œuvres au catalogue, dans la salle de 680 m2 qu'ils viennent d'ouvrir dans le 6ème arrondissement à Lyon. Un succès avec un chiffre d'affaires de 203 000 euros et un nombre record d'acheteurs régionaux et internationaux. Ces deux novateurs n'en sont pas à leur coup d'essai ayant déjà réalisé d'autres ventes au chiffre d'affaires croissant dans d'autres lieux avant de se poser rive gauche.

 Généraliste, mais orientée art contemporain et design, une nouvelle salle des ventes vient d'ouvrir ses portes à Lyon

Dimanche 20 février, le marteau de commissaire-priseur a résonné pour la première fois dans une toute nouvelle salle des ventes qui a ouvert ses portes rue Vendôme, dans le 6ème arrondissement de Lyon. A l'origine de cette initiative, deux jeunes commissaires-priseurs : Etienne de Baecque et Géraldine d'Ouince, associée avec 20 % du capital.

Travaillant ensemble depuis novembre dernier, ils ont jeté leur dévolu sur une ancienne usine textile pour y installer une toute nouvelle salle des ventes. Un lieu idéal car la disposition du bâtiment industriel offre un excellent éclairage permettant d'exposer les œuvres dans les meilleures conditions. Bien situé, le nouveau site de ventes offre ainsi une salle destinée aux enchères de 240 m2, capable d'accueillir près de 200 acheteurs, mais aussi 300 M2 pour le stockage au sous-sol, avec monte-charge et 70 m2 de bureaux. Un investissement conséquent a été nécessaire pour aménager ce site : 350 000 euros. Cinq personnes travaillent désormais au sein de ce nouveau pôle dévolu au marché de l'art.

S 'installer dans une ancienne usine textile correspond bien à la ligne qu'entendent suivre les deux commissaires-priseurs. La salle des ventes sera généraliste. On y verra défiler du mobilier du 18ème, des livres anciens et modernes, des vins et alocools et bien d'autres choses ; mais, nouveauté à Lyon, Etienne de Baecque et Géraldine d'Ouince entendent bien multiplier les ventes exclusivement consacrées à l'art contemporain et au design.

Ce qui constitue une petite révolution dans la mesure où jusqu'à présent ce type de ventes était rarissime. « Je suis persuadé qu'il existe un marché à Lyon. Le nombre de collectionneurs d'art contemporain est très important en Rhône-Alpes et dans le Grand Sud-Est, jusqu'en Suisse », assure Etienne De Baecque.

Pour ce dernier, «  Ce n'est pas parce qu'on est à Lyon qu'on se situe en dehors du marché international: à chaque vente, nous le prouvons un peu plus ! Il existe un vrai potentiel, nous en sommes persuadés. »

Etienne De Baecque et Géraldine d'Ouince l'ont d'ailleurs prouvé dimanche 20 février lors de leur première vente dédiée in situ à l'art contemporain. Plus de 300 œuvres étaient mises en vente. Certaines, à l'instar d'un tableau du peintre lyonnais Combas (Saint-Georges) ont atteint 17 000 euros. Trois tapisseries, des œuvres phares de Boetti, un artiste italien situé dans la mouvance de l'Arte Povera ont, elles, frôlé les 10 000 euros. La salle était pleine d'acheteurs, sur place, comme au téléphone, les acquéreurs internationaux avaient répondu présent. Résultat : un chiffre d'affaires de 203 000 euros pour cette première vente spécialisée, ce qui est encourageant pour la suite.

Il est vrai qu'Etienne de Baecque n'en est pas à son coup d'essai.

Cet ancien de l'ESSEC qui a travaillé pendant huit ans comme co-gérant au côté de Jean-Claude Anaf, a testé le terrain lyonnais en réalisant auparavant trois ventes dédiées à l'art contemporain, au sein de la Sucrière, à la Confluence, mais aussi à l'Embarcardère. Avec un succès croissant. La première vente en mai 2009 à La Sucrière (90 lots) lui avait permis de réaliser 80 000 euros de chiffre d'affaires, l'avant-dernière, au printemps 2010, près de 200 000 euros.

La démarche d'Etienne de Baecque et de Géraldine d'Ouince paraît donc bien susciter un réel intérêt et une dynamique semble s'enclencher. Paris restant la capitale du marché de l'art hexagonal, les deux commissaires priseurs ont également ouvert un bureau permanent dans le quartier de l'Hôtel Drouot dans 9ème arrondissement. Une manière de prendre le pouls parisien, tout en confortant le cœur de leur activité à Lyon.

Photo (DL) : Etienne de Baecque et Géraldine d'Ouince dans leur toute nouvelle salle des ventes de la rue Vendôme à Lyon.

Publiée le 21 févr. 2011 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 22 févr. 2011
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