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Inquiets pour l'avenir, les professionnels des Travaux Publics défendent l'écotaxe

Dominique Largeron

Les entreprises des Travaux Publics devraient perdre près d'un millier d'emplois cette année en Rhône-Alpes, selon leur Fédération. En cause, les dépenses d'infrastructures des collectivités qui ne cessent de diminuer et ce, malgré le calendrier pré-électoral. Pour renverser cette tendance, les professionnels ont adopté vendredi 29 novembre, un Livre Blanc qui préconise notamment la création d'un Fonds régional d'Investissement et un « Conseil de la citoyenneté »...

 Inquiets pour l'avenir, les professionnels des Travaux Publics  défendent l'écotaxeJean-Marc Cornut, président de la Fédération régionale des Travaux Publics Rhône-Alpes.

 A l'heure où se multiplient les manifestations contre l'écotaxe, il existe au moins une branche professionnelle qui lui est favorable : les patrons d'entreprises de Travaux Publics (TP) qui réunis en congrès à Lyon-Confluence vendredi 29 novembre se sont déclarés plus que jamais favorables à cette mesure.

 Pour Jean-Marc Cornut, président de la Fédération Régionale des Travaux Publics Rhône-Alpes (FRTP-RA) qui rappelle qu'un camion abime la chaussée autant que mille voitures, « La route a un coût : nous sommes pour le juste coût d'usage de la voiture. Ce report de l'écotaxe est une très mauvaise nouvelle ! »

 « L'écotaxe est légitime et nécessaire »

 Il précise : « L'écotaxe est légitime et nécessaire : Rhône-Alpes est traversée par un intense trafic de transit international nord/sud de transport routier de marchandises participant largement au vieillissement prématuré des infrastructures, sans participer à leur entretien. »

 L'explication de cette prise de position est simple : l'écotaxe était censée abondée l'AFIT qui finance les infrastructures routières ou ferroviaires en France, à raison de 7 à 800 millions par an : ce sont autant d'investissements qui ne seront pas effectués au grand dam des patrons des Travaux Publics.

 Il s'agit là d'un élément parmi d'autres des inquiétudes de ces professionnels. Car les mauvaises nouvelles s'accumulent dans ce secteur, amenant une baisse du chiffre d'affaires de cette profession qui en Rhône-Alpes représentait en 2012, 1 163 entreprises ayant leur siège dans la région pour 36 578 salariés, le tout pour un montant de travaux frôlant les 5 milliards d'euros (dont 63 % de travaux neufs, pour 37 % d'amélioration/entretien).

 Le monde des TP ne tourne plus comme avant. Traditionnellement, les carnets de commandes étaient pleins, l'année précédant les élections municipales, les élus ayant tendance à faire le maximum de travaux à ce moment là. Or ce n'est plus le cas.

 « Alors que nous étions normalement dans une année préélectorale favorable, les collectivités locales ont réduit leur demande de près de 4 %. Du jamais vu depuis trente ans ! » est bien obligé de constater Jean-Marc Cornut.

 « Un recul de 4 %, ce sont mille emplois perdus »

 Il effectue le calcul des conséquences de cette diminution des investissements : « Chaque million investi, c'est six emplois directs créés et deux emplois indirects, non délocalisables. » Il ajoute : « Faites le calcul : une chute de quatre points d'investissements par les collectivités de Rhône-Alpes, cela représente près de mille emplois perdus. »

 La crise et la diminution des financements de l'Etat sont passés par là. Mais Jean-Marc Cornut ne s'explique pourtant pas totalement cette baisse : « Pourtant, les collectivités locales ont une situation saine. Avec seulement 9 % de l'endettement public dont 80 % est imputable à l'Etat et 11 % aux organismes de Sécurité Sociale, les collectivités locales empruntent exclusivement pour investir : elles font de la bonne dette... »

 La situation ne devrait pas s'améliorer en 2014, puisque après un bond à 4,95 milliards d'euros en 2011, les investissements devraient descendre à 4,63 milliards l'année prochaine après un premier décrochage à 4,86 milliards, en 2013.

 Pour autant, les patrons des TP ne veulent pas seulement se plaindre. Ils ont décidé aussi de réagir, à travers un Livre Blanc de la FRTP Rhône-Alpes, lancé officiellement à l'occasion de leur congrès régional.

 Un Livre Blanc contenant neuf propositions

 Synthèse de neuf mois de débats et d'échanges avec les entrepreneurs, les élus locaux et les financeurs, ce document liste neuf propositions.

 Il propose notamment en partenariat avec la région Rhône-Alpes de créer un Fonds régional d'investissement développement-économique-mobilité, dont la profession des TP serait l'un des principaux acteurs.

 Initiative également originale : ce même Livre Blanc préconise de créer un « conseil de citoyenneté » qui permettrait aux citoyens favorables à la création de certaines infrastructures de faire entendre leur voix. « On n'entend que les opposants, alors que dans les pays, les départements, un certain nombre d'habitants souvent regroupés dans des associations que l'on n'entend pas, demandent la construction d'infrastructures, selon eux nécessaires, à l'instar par exemple du désenclavement du Chablais en Haute-Savoie », s'enflamme Jean-Marc Cornut.

 Ce Livre Blanc sera envoyé à tous les élus locaux, candidats aux élections municipales de mars prochain...

 Photo (DR)-Jean-Marc Cornut, président de la Fédération régionale des Travaux Publics Rhône-Alpes, à la tribune du congrès.

Publiée le 02 déc. 2013 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 02 déc. 2013
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