La « Foodtech » Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes entend se développer à feu vif

Dominique Largeron

Les premiers diplômes Foodtech ont été décernés mardi 16 mai au sein de l'incubateur « le Village » initié par le Crédit Agricole. L'occasion de constater que les start-up de l'agro-alimentaire et de l'agriculture sont légion dans la région : une bonne soixantaine dont onze s'avèrent à haut potentiel. L'une d'entre elle, emploie même déjà plus d'une centaine de salariés...

La « Foodtech » Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes entend se développer à feu vifLes onze premières start-up diplômées de de la Foodtech Auvergne-Rhône-Alpes

On a jusqu'à présent beaucoup parlé de Lyon-France Tech, une labellisation nationale obtenue de haute lutte, mais moins de ses déclinaisons thématiques.

 Cinq déclinaisons accompagnent en effet Lyon France Tech et parmi celles-ci, l'une des plus emblématiques commence à émerger : « Foodtech Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes ».

Normal, direz-vous que ce thème inspire à Lyon, une métropole qui accueille le Sirha, le plus important salon de la gastronomie du monde, BIG, son pendant grand public ; et bientôt la Cité de la gastronomie au sein du Grand Hôtel-Dieu.

Du champ à l'assiette

 Mais d'abord, qu'appelle-t-on Foodtech ? Tout simplement la révolution numérique et entrepreneuriale du champ à l'assiette qui bouscule le secteur et a tout-de-même représenté 7 milliards d'investissements en 2015 dans le monde.

 Au départ on trouve un incubateur qui accompagne depuis de nombreuses années les start-up du secteur de la restauration et de l'agroalimentaire. Créé au sein de l'Isara, une école lyonnaise formant des ingénieurs agronomes (*), il a servi de point de départ au phénomène Foodtech dans la région, à telle enseigne que son responsable, Jérôme Zlatoff est naturellement devenu le référent régional Foodtech.

 La Foodtech est d'abord un écosystème qui vise « à la fois à rassembler les acteurs, à accélérer la croissance des entreprises et à rayonner au-delà de la région », explique Jerôme Zlatoff.

 Ce nouvel écosystème a ainsi réussi à fédérer des entreprises parmi les plus importantes d'Auvergne-Rhône-Alpes, de SEB au Crédit Agricole, en passant par Panzani, des pôles de compétitivité et des clusters, à l'instar de l'Organics cluster, de Rhône-Alpes Gourmand, l'inter-profession agroalimentaire représentée par l'ARIA, voire encore de nombreux centres de formations dont l'Institut Paul Bocuse, l'Isara Lyon, bien sûr ; ainsi que la future Cité de la Gastronomie, actuellement en gestation.

 Une soixantaine de start-up Foodtech dans la région

 Un premier recensement réalisé par Foodtech Lyon-Auvergne-Rhône-Alpes a permis de constater que le terreau est important : près d'une soixantaine de start-up poussent actuellement sur le terreau de la région.

 L'objectif de ce réseau Foodtech ? « Détecter, incuber et accélérer leur croissance », explique Jerôme Zlatoff, le responsable entrepreneuriat et innovation à l'Isara-Lyon.

 Sur ce nombre, onze ont été estimées être des pépites, susceptibles de devenir un jour de grosses PME, voire des ETI. Pour le symbole, pour la première fois, des diplômes French Tech leur ont été remis le mardi 16 mai, pour marquer l'an 1 de la FoodTech régionale.

 Certaines de ces start-up commencent d'ailleurs à créer un grand nombre d'emplois. C'est le cas de « La Fraicherie » qui emploie déjà 109 personnes et devrait afficher 200 salariés à la fin de cette année. Le concept de cette jeune pousse est tout simple : il consiste à découper et servir un grand nombre de fruits et légumes devant les clients au sein de « corners » implantés dans les grandes surfaces : déjà 20 millions d'euros de chiffre d'affaires.

 Parmi ces onze start-up à haut potentiel, on trouve aussi le traiteur low cost, « Monbanquet » créé par Maxime Renault, mais low cost ne signifie pas là, qualité au rabais, avec des prestations qui commencent à 3 euros par personne. Les produits sont simples et le modèle économique s'appuye sur des artisans locaux et notamment des boulangers : déjà 20 salariés à Paris et Lyon : mille événements accompagnés depuis sa création. Cette jeune entreprise s'apprête à effectuer une levée de fonds de 500 000 euros.

 D'autres sont plus high tech comme « Véritable » qui propose des petits vergers intérieurs à installer dans sa cuisine, sur lesquels poussent un large choix de plantes aromatiques, des fleurs comestibles ou encore des mini légumes. Une culture à opérer chez soi dans un petit espace de façon facile et propre... Un concept qui a tout-de-même a nécessité le dépôt de trois brevets par son créateur, Nicolas Gelin.

 On y trouve encore, une start-up « Baguette Academy » qui propose des cours de boulangerie à travers le monde ; puis développe des formations pratiques, mettant en avant la boulangerie française, etc.

Les prochaines étapes

 Le premier événement organisé par ce nouveau réseau se déroulera la 4 juillet avec le premier apéro « Footech » « Il s'agit de mieux se connaître et de recueillir les besoins  des start-up », explique Jérôme Zlatoff.

 Le Comité de pilotage de la Footech régionale réfléchit également à un événement d'importance qui se déroulerait fin 2017, début 2018, avec l'objectif de bien inscrire ce nouvel écosystème dans le paysage entrepreneurial de la région pour donner une plus grande visibilité à cette Footech encore en manque d'image...

 (*) Isara : Institut supérieur d'agriculture et d'agroalimentaire Rhône-Alpes.

 
Publiée le 21 mai 2017 par LARGERON Dominique.
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