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La société de Michel Noir, chef de file : 1,8 million d'euros pour lutter contre la maladie du simulateur

Dominique Largeron

C'est surprenant, mais toutes les recherches ont permis de constater que les simulateurs de vol, de conduite et les « serious games » permettant des apprentissages divers et variés provoquent du stress chez leurs utilisateurs. Au sein des entreprises, celui-ci a un coût, financier, social et humain. C'est la raison pour laquelle le pôle de compétitivité lyonnais Imaginove a présenté en compagnie d'un certain nombre d'entreprises dont celle de Michel Noir (SBT), chef de file, un appel à projets de Recherche&Développement au ministère de l'Industrie qui a été accepté. Avec 1,8 million d'euros et deux ans de recherche en perspective, il a pour objectif de mettre au point des logiciels permettant de calculer le niveau de stress et les moyens de le diminuer.

La société de Michel Noir, chef de file : 1,8 million d'euros pour lutter contre la maladie du simulateur

Des capteurs pour calculer l'accélération des battements cardiaques, d'autres permettant d'observer la dilatation de la pupille : ces moyens ont permis de constater que les salariés sur simulateur ou se formant à travers un serious game souffrent souvent d'un stress incontrôlable.

D'où cette découverte étonnante : le virtuel, censé mettre les hommes dans les conditions de la réalité, mais sans ses dangers, recèle des effets inattendus qui en freinent l'utilisation. Ce frein au développement des serious games ont, pour les entreprises un coût financier, social et humain.

Or, ces simulateurs, ces serious games, sont un des axes de travail du pôle de compétitivité lyonnais Imaginove, dédié aux images et aux jeux ludiques ou sérieux.

C'est la raison pour laquelle, le pôle, en compagnie d'organismes de recherche et de quatre entreprises (*) dont deux lyonnaises Scientific Brain Training, spécialisée dans l'entraînement cognitif et présidée par l'ancien maire de Lyon, Michel Noir et Qoveo, spécialisée dans le e.learning, ont lancé sur ce thème un appel à projet auprès du FUI (Fonds Unique Interministériel).

Ce Fonds dont le rôle est de financer après acceptation, une partie des coûts de la recherche & Développemement des projets collaboratifs des entreprises adhérentes aux pôles de coméptitivité, vient d'accepter ce projet de recherche. Il a été baptisé MASSAI : « Mesure et Maîtrise du Stress en Situation d'Apprentissage Informatisé ». Sur les 1,8 million d'euros nécessaire à la recherche, le FUI financera 845 000 euros.

« Nous voulons mettre au point des systèmes qui permettent aux utilisateurs de simulteurs et de serious games de prendre en compte les réactions biologiques des salariés qui les utilisent et qui leur permettent de s'adapter ; bref, des systèmes qui s'adaptent à l'usager plutôt que le contraire ! », précise Emmanuel Rondeau, responsable de la R&D au pôle de compétitivité Imaginove.

De manière concrète, le projet de recherche prévoit la création d'un outil de mesure du stress, couplé à un serious game. Sa fonction sera de mener l'apprenant à un état physique et émotionnel ciblé, compatible avec les contraintes de l'apprentissage auxquelles il doit être soumis. L'ensemble sera étalonné et validé dans deux contextes d'apprentissage : un simulateur de conduite et un programme de e-learning (apprentissage via internet).

L'outil aura d'abord pour but de calculer le «quotient de stress» de l'utilisateur. Ces mesures s'effectueront selon deux approches complémentaires. On bardera celui-ci de capteurs physiologiques permettant de calculer la dilatation de sa pupille, signe de stress, mais aussi son activité électrique biologique enregistrée à la surface de la peau et reflétant l'activité des glandes de la sudation, ainsi que son activité cognitive. Ces mesures seront croisées avec les réponses des utilisateurs à des questionnaires scientifiquement validés dont là encore, l'objectif sera l'évaluation de l'émotion et du stress perçu.

A l'arrivée, l'objectif est de mettre au point deux logiciels complémentaires et innovants (outil de mesure multi-sources du stress et serious game de «destress»), destinés à être commercialisés de façon séparée ou conjointe selon les contextes d'utilisation.

Pour Michel Michel Noir, le Pdg de SBT (Scientific Brain Training), « Le projet est un superbe enjeu sociétal et justifie toute l'énergie à déployer désormais. » Toutes ces belles énergies réunies ont désormais deux ans pour aboutir. Sans stress...

(*) Outre SBT et Qoveo à Lyon, les autres acteurs de MASSAI sont la société Corys (spécialiste des simulateurs pour le domaine de la formation et des études, basée à Grenoble), le Lutin Userlab (laboratoire spécialisé dans l'usage des nouvelles technologies de l'Université Paris 8), l'équipe Multicom du LIG (Laboratoire d'Informatique de Grenoble, équipe spécialisée dans la conception et l'évaluation d'interfaces homme/machine centrées utilisateurs). Le consortium fera également appel à des spécialistes reconnus en thérapies cognitives et comportementales.

Photo (SBT) : L'ancien maire de Lyon, Michel Noir est Pdg de SBT (Scientific Brain Training), société lyonnaise cotée en Bourse, spécialisée dans les programmes d'entraînement cognitif et chef de file de ce projet.

Publiée le 09 mars 2011 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 09 mars 2011
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