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Laurent Wauquiez annonce avoir taillé dans les dépenses de la Région au-delà de ses espérances

Dominique Largeron

Politiquement, dans une passe quelque peu difficile avec la nouvelle donne macronienne, Laurent Wauquiez avait besoin de rebondir. L'occasion lui a été donnée par la dernière assemblée du conseil régional au cours de laquelle il a pu s'octroyer un satisfecit : d'avoir taillé dans les dépenses de la région plus que prévu, ce que conteste son opposition...

 Laurent Wauquiez annonce avoir taillé dans les dépenses de la Région au-delà de ses espérancesLaurent Wauquiez (Photo DR)

Laurent Wauquiez avait axé sa campagne pour les élections régionales sur un arrêt total d'augmentation des impôts régionaux. Ce qui signifiait une diminution des dépenses de fonctionnement de la région pour maintenir a minima le même niveau d'investissement.

Un an après, le bilan est tombé et il assure qu'au moins, là, l'objectif est atteint.

On a pu le constater lors du vote du budget administratif qui acte les ressources et les dépenses effectives de la région.

« Au-delà de l'objectif escompté »

A cet égard, le président de la région a pu pousser un cri de joie : « Nous avions programmé de 80 à 90 millions d'euros de diminution des dépenses de la région. Notre lutte contre le gaspillage de l'argent public est allée au-delà de ce que nous escomptions puisque l'économie s'est monté en 2016 à 130 millions d'euros », s'auto-félicite Laurent Wauquiez, rendant hommage au grand argentier de la région, Etienne Blanc, son 1er vice-président.

Et ce dernier d'expliquer qu'il avait effectué là, pour se faire, un vrai travail de Romain, en taillant dans les dépenses ligne par ligne.

Parmi les plus grosses économies figurent la suppression d'organismes satellites de gestion liés à la région « dont 30 à 40 % des budgets étaient des dépenses de structure » : ce qui a représenté autant d'économies.

S'y rajoute la suppression d'un tiers du parc automobile, la fermeture de l'antenne d'Erai à Shanghai, la division par deux de la surface des bureaux de la Région à Bruxelles, la suppression des Contrats de développement durable Rhône-Alpes, redondants avec les compétences des communes et des intercommunalités, etc.

La baisse du nombre de directeurs à la Région, la rationalisation des agences a également permis d'économiser 20 millions d'euros.

De même, la redéfinition des politiques régionales a rajouté une couche d'économie de 40 millions d'euros

Enfin, le refus du président d'Auvergne-Rhône-Alpes d'entrer dans le plan de 500 000 formations de François Hollande l'a amené, assure-t-il a économiser 30 millions d'euros

S'y ajoute enfin une économie de 22 millions sur la gestion de la dette et le gain de 33 millions par application des pénalités à la SNCF qui n'auraient pas été réclamées par son prédécesseur...

Investissements : 860 millions

Une gestion à la hache dans les dépenses qui a donc permis zéro augmentation d'impôts, ainsi que le maintien d'un niveau d'investissement important : 860 millions d'euros affichés par ce compte administratif contrôlé par l'Etat.

En revanche pour le groupe socialiste, démocrate, écologiste du Conseil Régional, ce compte administratif est en trompe l'œil. Pour son président, Jean-François Debat, "un examen attentif démontre que les économies sont en vérité bien moins vertueuses qu'annoncées et que le niveau d'investissement n'est pas aussi flatteur que Laurent Wauquiez l'affirme".

« Des ajustements techniques »

Pour lui, "le niveau d'investissement a des explications qui ne dépendent en rien de la politique de Laurent Wauquiez, mais plutôt d'ajustements techniques qui lui permettent de sauver son budget". Et de pointer notamment "plus de 40 millions d’euros en provenance des fonds européens et 134 millions d'euros de décalage de paiement des 24 rames TER"...

Et d'enfoncer le clou en ajoutant : "On estime entre 1 500 et 2 500 emplois détruits depuis l'arrivée de M. Wauquiez aux responsabilités de la région, sans oublier les chômeurs laissés pour compte, soit moins 44 millions.. ».

Taclé par la présidente du Ceser

Ce n'est pas souvent : le Ceser (Conseil économique social et environnemental qui représente les forces économiques de la région), d'ordinaire plus en phase avec l'exécutif, le tacle cette fois.

Pour sa présidente, Sybille Desclozeaux, « un tel document exige franchise et transparence. Or, poursuit la présidente, la remise des documents en butée des délais légaux ne participe pas à cette exigence... »

A l'arrivée, seule la majorité a voté ce compte administratif, le Front National s'abstenant, tandis que les autres élus d'opposition votaient contre, pas vraiment convaincus par cet auto-satisfecit...



Publiée le 03 juil. 2017 par LARGERON Dominique.
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