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Le numéro 2 français de l'appareillage orthopédique est né, il est rhônalpin : Alteor

Dominique Largeron

La société stéphanoise Thuasne, n°1 français de l'appareillage orthopédique a désormais un n°2, lui aussi rhônalpin. Accompagné par la société de capital-investissement Evolem du Pdg d'April, Bruno Rousset, à partir de la société lyonnaise familiale lyonnaise, Pascal Sailhen, a réussi à agréger deux autres sociétés aux produits complémentaires, baptisant le nouvel ensemble du nom d'Alteor. Son objectif, désormais : gagner des parts de marché grâce à une forte innovation et se développer à l'international.

Le numéro 2 français de l'appareillage orthopédique est né, il est rhônalpin : Alteor

Les responsables économiques et politiques rêvent de voir se multiplier en France, comme en Allemagne, les désormais fameuses ETI, ces Entreprises de Tailles Intermédiaires qui nous manquent tant dans l'Hexagone, aux effectifs situés entre 250 et 5 000 salariés. Des entreprises qui innovent et exportent.

 Il existe plusieurs manières de créer une ETI : par croissance organique, elle est, en général, la plus longue ; ou alors, en agrégeant plusieurs PME autour d'un même marché.

 C'est la démarche qu'a entreprise Pascal Sailhen, Pdg et petit-fisl du fondateur d'Ormilh, une petite PME familiale lyonnaise née à l'origine de l'Institut Herniaire de Lyon et qui est aujourd'hui à la tête du numéro 2 français de la fabrication de matériel orthopédique, baptisé Alteor.

 Pour agréger autour de soi d'autres entreprises, afin d'obtenir la taille critique, encore faut-il être financièrement bien accompagné. Pascal Sailhen a eu la chance de rencontrer le Lyonnais Bruno Rousset, connu comme Pdg de la société d'assurances April, mais aussi comme créateur de la société de capital-investissement Evolem, qui aime bien participer à ce genre d'aventures, à condition qu'existe derrière une vraie logique industrielle. C'était le cas : il y a mis les moyens.

 Pour preuve : Evolem possède aujourd'hui 46 % du capital du nouveau n°2 français de l'appareillage orthopédique, Pascal Sailhen conservant la majorité avec 54 %.

 Deux rapprochements successifs

Pour arriver à ce résultat, Pascal Sailhen s'est successivement, au cours de la même année 2011, rapproché de la société Sober ; puis, dans un deuxième temps, de Fag Médical : les deux entreprises se retrouvaient au même moment face à des problèmes de succession.

Initiée en 1981par un médecin, le docteur Berrehail qui avait créé et commercialisé le produit qui n'existait pas et capable de soulager son épaule à la suite d'un accident de ski, Sober comptait 30 salariés pour 6 millions d'euros de chiffre d'affaires.

 La seconde, Fag Médical, créée en 1982, par Alain Garabon concevait et fabriquait des attelles et bandages orthopédiques pour de nombreux types d'immobilisations. Cette entreprise rhodanienne de 3,5 millions d'euros de chiffre d'affaires était devenue une référence de l'orthèse dans le milieu hospitalier.

 Un rapprochement cohérent : hormis quelques petites séries, les trois sociétés Ormilh, Sober et Fag Mag fabriquaient et vendaient des produits complémentaires.

 Ce qui permet à Alteor, de proposer aujourd'hui 220 produits différents : à la fois du petit appareillage orthopédique de série, mais aussi du sur-mesure, tout en développant une gamme dans le domaine de la podologie (semelles orthopédiques, etc.)

25 millions d'euros de chiffre d'affaires

 Le nouveau groupe réalise 25 millions d'euros de chiffre d'affaires et emploie 220 personnes au sein de cinq sites de production dont deux sont situés en Rhône-Alpes : Saint-Georges-de-Reneins dans le Rhône, l'ancien site de Fag Médical où est désormais situé le siège social et Crolles, en Isère où est installé le centre de R&D.

 Le déclic ETI est en route. Désormais à la tête d'une entreprise à la taille critique, Pascal Sailhen entend innover et exporter.

 Un service de R&D de dix personnes

Son objectif : « mettre sur le marché cinq nouveaux produits innovants chaque année. » Il a créé pour ce faire un vrai service de Recherche&Développement doté de dix spécialistes : experts-médicaux, ingénieurs, techniciens,designers et chercheurs en biomécanique.

 Une dynamique est enclenchée. Depuis que le regroupement s'est opéré, Pascal Sailhen a embauché vingt nouveaux salariés et intégré des fabrications auparavant externalisées.

 « Nous voulons devenir en trois ans l'entreprise la plus innovante sur le marché de l'appareillage orthopédique », lance Pascal Sailhen qui a déjà développé des actions à l'international, via un partenariat avec le N°1 russe de l'appareillage. Il a également ouvert un bureau au Canada, ce qui devrait lui permettre de pénétrer le marché américain. Il est optimiste « Notre marché est vaste-s'exclame-t-il-chaque jour 6 500 Français se font une entorse, alors ! »

Photo (DL)-Le Pdg d'Alteor, Pascal Sailhen.

Publiée le 24 janv. 2013 par LARGERON Dominique.
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