Livraison à domicile : UberEats est en train de dévorer avec un solide appétit le marché lyonnais

Dominique Largeron

Dans un marché déjà fort concurrentiel avec des sociétés comme Deliveroo, Foodora ou « Nosbonsplatschezvous » et bien d'autres, UberEats a réussi en six mois seulement à se faire une large place. De plus en plus large. L'entreprise US figure déjà avec 100 000 livraisons à son actif sur le podium des sociétés de livraisons à demeure. Son objectif : 300 000 d'ici la fin de l'année et 500 restaurants partenaires, ce qui devrait lui permettre de s'affirmer comme leader à la fin de l'année.

Livraison à domicile : UberEats est en train de dévorer avec un solide appétit le marché lyonnaisStéphane Ficaja, directeur du développement d'UberEats pour la France et la Belgique, entouré des deux franchisés de "Big Fernand" à Lyon.

« A Lyon, nous ne livrons pas encore de restaurants étoilés, mais à Paris, si ! » Dans la bouche de Stéphane Ficaja responsable du développement d'UberEats pour la France et la Belgique, ce ne serait qu'une question de temps.

 La version livraison à domicile de plats préparés, de la société américaine Uber, si célèbre qu'elle est devenue un nom commun, a réussi à se propager à Lyon à grande vitesse.

 Cela fait six mois seulement qu'UberEats est arrivé à Lyon. Après avoir investi la ville intra-muros et ses 500 000 habitants, puis Villeurbanne, Vénissieux, Sainte-Foy-lès-Lyon, etc. ; l'entreprise vise une présence sur l'ensemble de la Métropole : la Mulatière, Oullins, les Monts d'Or figurent parmi les objectifs à court terme

 Les chiffres sont éloquents : à ce jour 300 restaurants partenaires travaillent avec UberEats. On y trouve pour l'heure beaucoup de fast-food, pizzerias, restaurants ethniques, indiens ou asiatiques, mais aussi des brasseries ou des restaurants plus traditionnels .

 Ces restaurants ont fait le choix, soit de travailler avec UberEats seul, soit en partenariats mutiples avec d'autres, aucune exclusivité n'étant exigée.

 Ce n'est pas le choix effectué par Florian Moreau, qui détient la franchise des deux « Big Fernand », de Lyon, dans la Presqu'île et à la Part-Dieu, un concept axé sur le burger haut-de-gamme fait maison, a minima deux fois plus cher que le burger McDo de base.

 Un choix de l'exclusivité que Florian Moreau revendique : « Cela nous a permis de travailler à travers un vrai partenariat qui porte ses fruits : depuis que nous avons quitté notre précédente société de livraison à domicile, nous avons augmenté notre chiffre d'affaires de 30 %. » UberEats jouerait-il les rouleaux compresseurs ?

McDo, prochain client ?

 Le succès d'UberEats serait total s'il réussissait à embringuer McDo qui n'a pas encore développé de service de livraison à domicile en France, contrairement à ce qui se passe dans d'autres pays.

 Cette collaboration entre les deux géants américains est dans les tuyaux, reconnaît Stéphane Ficaja : un test est actuellement en cours à Paris, mais assure-t-il, il est encore trop tôt pour en tirer des conclusions. Une certitude, si ce test aboutit positivement à Paris et si McDo se lance, Lyon devrait suivre.

On voit mal d'ailleurs comment l'enseigne leader des fast-food, de plus en plus concurrencée, se passerait de ce système de vente qu'utilisent désormais la quasi-totalité de ses confrères.

La méthode Uber

 Quelle est la méthode Uber ? Elle est certes classique, mais semble diablement efficace, s'appuyant de surcroît sur une image forte. Elle s'appuie donc bien évidemment sur son application, bien rodée, mais aussi sur le maillage de plusieurs centaines de livreurs à vélo, plus rarement en scooter, le plus souvent étudiants. Plus le maillage est serré, plus la livraison est rapide.

 UberEats s'engage à livrer ses plats en moins de trente minutes qui suivent la commande. Il en coûte au client 2,50 euros de frais de livraison.

 Le restaurateur, lui, reverse tout de même 30 % de la somme payée par le client, à Uber ; voire moins, tout dépend des négociations, car il existe là une marge. Le fait d'être en exclusivité peut d'ailleurs aider à diminuer ce pourcentage comme le reconnaît le franchisé lyonnais de « Big Fernand ».

 Les livreurs sont en auto-entrepreneur et doivent pour l'heure s'assurer eux-mêmes. « Dès le 1er janvier, une loi nous permettra de prendre en charge l'assurance », assure le patron du développement d'UberEats.

Il est probable en tout cas que ce phénomène de livraison à domicile n'en n'est qu'à ses balbutiements et qu'il devrait encore fortement s'accentuer. Cela risque d'être difficile pour nombre de restaurateurs de passer à côté de cette lame de fond...

L'appétit d'UberEats à Lyon est à cet égard solide : la société US vise 300 000 utilisateurs à Lyon et 500 restaurants partenaires d'ici la fin de l'année.

Publiée le 14 juin 2017 par LARGERON Dominique.
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