Malgré le Grand Stade, l'OL replonge dans le rouge : le club perd 2,3 millions d'euros

Dominique LargeronMalgré le Grand Stade, l'OL replonge dans le rouge : le club perd 2,3 millions d'eurosUn spectateur du Parc OL rapporte 44 euros par match, soit une hausse de 63 % par rapport à Gerland...

Mauvaise surprise pour le président de l'OL. La holding de l’Olympique Lyonnais, OL Groupe, a replongé dans le rouge au premier semestre de son dernier exercice.

 Le président de l'OL avait assuré que le Stade de Décines allait permettre de générer un nouveau modèle économique. Ce qui n'est pas faux, mais il ne faut pas oublier que parallèlement, l'exploitation du Parc OL pèse sur ses coûts de fonctionnement.

 Ainsi, au cours du dernier semestre de l'exercice, sur la période juillet-décembre, l'OL a perdu 2,3 millions d'euros, alors qu'il était bénéficiaire de 19,7 millions d'euros un an plus tôt...

 La raison de cette contre-performance financière se trouve néanmoins essentiellement ailleurs. « Cette évolution résulte directement de la quasi-absence de « trading » de joueur sur le semestre écoulé », explique le groupe.

 La vente de Lindsay Rose n'a pas suffi...

 En clair, les ventes de joueurs ou pour parler plus joliment, les cessions de contrats joueurs, ont été réduites à leur plus simple expression : 1,5 million d'euros, contre un gain de... 26,2 millions lors du précédent semestre. En pleine « Champion's Ligue », le club a préféré conserver son effectif en l'état et a ainsi décliné plusieurs offres de transferts, pourtant très alléchantes.

 Le seul contrat signé, celui de Lindsay Rose à Lorient n’a pas suffi à faire rentrer du cash en nombre.

 Billetterie en hausse, tout comme la maintenance du stade, onéreuse...

 En revanche, les recettes de billetterie sont toujours au beau fixe : elles ont bondi de 184 %, pour atteindre 21,6 millions d'euros.

 En moyenne, un match au Parc OL génère 1,7 million d'euros de recettes, contre... 0,8 million dans l'ancien stade de Gerland.

 De même, un spectateur rapporte 44 euros par match, soit une hausse confortable de 63 % sur un an, grâce aux nouveaux services offerts par cette enceinte ultramoderne et câblée à tout crin.

 Publicité, partenariats, droits TV, organisation d'évènements non sportifs et vente de produits dérivés sont également en progression.

 Ainsi, en dépit de la chute de 94 % du produit des ventes de joueurs, le club peut afficher un chiffre d'affaires en hausse, fut-elle faible, de 4 %, à 111,8 millions d'euros.

 11 millions supplémentaires dans les caisses du Club

 De surcroit, le Club a aussi tiré sur le semestre 11 millions d'euros de la vente de son ancien siège et centre d'entraînement à Gerland et de la cession de droits à construire dans le périmètre de son nouveau stade.

 Si le Parc Olympique de Décines rapporte nettement plus que le stade de Gerland, il coûte aussi nettement plus... L'exploitation du Parc OL génère des coûts supplémentaires par rapport à l'ancien stade, ne serait-ce que par sa capacité plus grande qui implique le recrutement d'un plus grand nombre de stadiers : plus d'un millier à chaque match !

 Le poste "achats et charges externes" a ainsi fortement augmenté en un an, pour atteindre 40,2 millions d'euros.

 Lourds frais financiers

 Mais aussi, OL Groupe supporte de très lourds frais financiers, passés d'une année sur l'autre de 0,8 million... à 10,7 millions d'euros.

 Heureusement le groupe vient d'engranger par deux fois du cash, grâce à l'injection d'une première tranche de 30 millions d'euros du groupe chinois IDG, puis de la seconde tranche de 70 millions d'euros, versée le 28 février, en contrepartie d'une entrée dans le capital du club à hauteur de 20 %. Cents millions d'euros bienvenus !

 Il y a dix ans, l'introduction en Bourse de l'OL s'effectuait à 24 euros...

 Tout ceci ne fait cependant pas exploser le cours de Bourse d'OL Groupe. Si l'action gagne près de 40 % sur un an, à un peu moins de 3 euros, le titre stagne depuis le début de l'année 2017, cédant près de 2 %.

 A ce rythme, il faudra attendre encore de nombreuses années pour retrouver le cours d'introduction, une arrivée en Bourse, salle de la Corbeille à Lyon, dont les dix ans ont été fêtés en février 2017 : l'action était alors proposée à 24 euros...

Publiée le 28 févr. 2017 par LARGERON Dominique.
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