Merial qui devient allemand perd à la fois son nom et son siège mondial lyonnais

Dominique Largeron

Le sujet est sensible car il concerne 1 500 emplois dans la Métropole lyonnaise. Le siège mondial de l'emblématique Merial quitte Lyon au profit d'Ingelheim en Allemagne ; de même, la marque, liée à la famille Mérieux, disparaît totalement au profit de Boehringer. En contrepartie, les nouveaux dirigeants assurent vouloir continuer à faire de Rhône-Alpes et de la France un axe stratégique majeur du groupe désormais allemand et annoncent la création de 125 emplois...

Merial qui devient allemand perd à la fois son nom et son siège mondial lyonnaisBoehringer va regrouper ses effectifs lyonnais (800 personnes) sur 14 000 m2 à Lyon-Gerland : inauguration prévue à la mi-2017.

Décrivant les conséquences de l'entrée du leader français Merial dans le giron de l'Allemand Boehringer, on sentait les nouveaux dirigeants de Merial soucieux de ne pas froisser les susceptibilités métropolitaines et régionales.

 Il y avait de quoi, car il s'agissait pour eux d'annoncer avec des gants, deux décisions guère réjouissantes : à la fois la disparition d'un centre important de décision, en l'occurrence le siège mondial de Merial qui quitte Lyon pour l'ouest de l'Allemagne et plus précisément Ingelheim, le siège de la société familiale Boehringer ; mais aussi la disparition brutale d'un pan de l'histoire économique lyonnaise.

 La solide marque Merial, leader français de la santé animale dans de nombreux domaines, va disparaître au profit de Bohringer. Le nom de Merial pour cette société faisait référence à la famille Mérieux : c'est elle qui avait été à l'origine de cette société, qui in fine a fini dans le giron du géant tricolore de la santé, Sanofi.

 Il faut en effet se souvenir que l'année dernière, Mérial a fait l'objet d'un troc entre Sanofi et Boehringer amenant les deux sociétés à redéfinir en profondeur leurs stratégies.

 125 millions d'investissements dans la région lyonnaise

 L'échange, récemment finalisé a eu pour conséquence de remettre dans les mains de Sanofi l'activité santé grand public de l'Allemand Boehringer Ingelheim, valorisée à 6,7 milliards d'euros ; et, en contrepartie, de transférer celle de Merial, la division santé animale de Sanofi, valorisée, elle, à 11,4 milliards d'euros dans le giron, cette fois, de Boehringer Ingelheim.

 Au moins, cette fois, c'est une solution européenne qui s'est imposée, et non américaine, comme c'est souvent le cas.

 La proximité géographique avec l'Allemagne, le fait que la métropole lyonnaise et Rhône-Alpes constituent un socle important de l'entreprise, a amené les nouveaux dirigeants de Merial, Joachim Hasenmaeir, le directeur de la division santé animale de Boehringer et Erick Lelouche, le président de la santé animale pour la France à confirmer aussitôt l'important plan d'investissement qu'avait engagé l'ancien actionnaire Sanofi.

 « La France va rester un centre essentiel dans la chaîne de valeur », assure ainsi le big boss de la santé animale du groupe allemand, Joachim Hasenmaeir.

 Les investissements programmés et déjà lancés sur les sites de Lyon et de sa région représentent 125 millions d'euros. L'un des volets les plus importants va consister à construire un nouveau bâtiment de 14 000 m2, au sein du Biodistrict de Gerland à Lyon : il accueillera à la mi-2017, 800 collaborateurs.

 Objectif : devenir le n°1 mondial de la santé animale

Dans le même temps, un nouveau bâtiment R&D est en train de voir le jour sur le site de Lyon-Porte des Alpes (sur 14 500 m2). Le site de Lentilly, quant à lui, verra de son côté sa capacité doubler : un investissement de 15 millions d'euros.

 En sus de cet important plan d'investissement : l'embauche de 125 personnes pour les fonctions support. Ce qui constitue assurément un bon signal.

 "C'est assez exceptionnel qu'une fusion débute avec un plan de recrutement", relève d'ailleurs Erick Lelouche, président de Boehringer Ingelheim Santé Animale en France.

 Le groupe allemand Boehringer met grand espoir dans sa division santé animale. On le sait, le marché des animaux domestiques, souvent considérés dans les familles occidentales, quasiment comme membres de la famille explose. Il connaît un taux de croissance annuel de près de 5/6 % l'an. Avec en sus de belles perspectives dans les pays émergents.

 Grâce à cette fusion, le nouvel ensemble Merial+Boehringer devient le n° 2 mondial de la santé animale, avec 3,8 milliards d'euros de chiffre d'affaires, à une encablure de l'Américain Zoetis qui affiche lui, 4,4 milliards d'euros. Dans ce nouvel ensemble, Merial pèse 2,5 milliards d'euros et Boehringer, 1,3 milliards. Le groupe allemand a en effet racheté une entreprise qui pesait dans ce domaine, deux fois plus qu'elle.

 L'objectif affiché désormais est clair : devenir, à terme grâce aux synergies amenées par cette fusion, tout bonnement le n°1 mondial de la santé animale.

 Deux entreprises parfaitement complémentaires

 La nouvelle société a de solides atouts pour parvenir à cet objectif : les deux entreprises, Merial et Boehringer sont parfaitement complémentaires.

 Merial est fortement implanté en France et en Europe, Boehringer, l'est lui aux Etats-Unis où il emploie 2 000 de ses 3 950 salariés ; et il a commencé à investir la Chine.

 Les deux entreprises sont en outre en excellente santé financière, ce qui leur permet d'investir fortement et pas seulement dans les bâtiments ou les usines, mais aussi dans la Recherche&Développement qui représente 12 % du chiffre d'affaires, ce qui est très important. Et constitue assurément, un gage d'avenir...

Publiée le 22 janv. 2017 par LARGERON Dominique.
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