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« Road Be Score », la start-up lyonnaise qui utilise Facebook pour profiler les jeunes conducteurs

Dominique Largeron

La Caisse d'Epargne Rhône-Alpes a créé il y a six mois son incubateur qui accueille ce que l'on appelle désormais des Fintech ou des Insurtechs, des start-up très spécialisées dans la banque ou l'assurance qui réinventent ces deux métiers. Parmi celles-ci, une d'entre elle pourrait bien révolutionner le secteur de l'assurance, côté jeunes assurés, du moins, soit 500 000 personnes, chaque année en France...

 « Road Be Score », la start-up lyonnaise qui utilise Facebook pour profiler les jeunes conducteursChristophe Méheut, co-créateur de "Road Be Score"

Dresser le profil de risque d'un assuré est une chose que les sociétés d'assurance savent bien faire. Mais lorsqu'il s'agit d'un jeune conducteur, sans antécédent, elles ne savent pas comment opérer et se retrouvent fort démunies. Il faut savoir que ce type de conducteurs, au nombre de 500 000 chaque année, s'ils ne sont que 8 % provoquent 20 % des accidents.

 D'où la tentation pour les compagnies d'assurances de les matraquer sans trop de discernement.

 La compagnie d'assurance qui aura trouvé la martingale donnant le profil de risque de chaque jeune conducteur, avant même la signature du contrat d'assurance auto, aura un avantage décisif par rapport à ses confrères, sur ce créneau du moins.

 Fou dangereux ou respectueux du code de la route ?

 C'est exactement ce que propose la société lyonnaise « Road Be Score » qui vient de déposer ses statuts et est actuellement incubée au sein de L 612, le nom de l'incubateur de la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes ; les plus férus de littérature sauront qu'il s'agit là de l'astéroïde où vit le Petit Prince de Saint-Exupéry...

 Christophe Méheut (ingénieur Arts et Métiers), passé par le monde de la banque (BRED) et Arnaud Vincent (Ecole des Mines) les deux co-créateurs de « Road Be Score » ont mis au point un algorithme qui prédit précisément le profil de chaque jeune conducteur et dit si celui ci se conduira comme un fou dangereux ou comme un automobiliste respectueux du code de la route.

 Comment ? En allant chercher des informations dans Facebook en premier lieu et d'autres réseaux sociaux. Facile car il s'agit d'une catégorie de jeunes Français très adeptes de ce type de réseaux Web.

 Les deux co-créateurs les moulinent ensuite sur leurs ordinateurs et ressortent un profil vendu aux sociétés d'assurance environ 10 euros chacun. Un concept qui concerne aussi les « malussés » et tous les conducteurs cherchant à s'assurer, mais qui n'ont pas encore d'historique, soit 500 000 personnes chaque année dans l'Hexagone. « Un marché de 90 millions d'euros dans le monde », explique Christophe Méheut.

 La société a déjà bénéficié de deux prêts de la Bpi pour 240 000 euros.

 Atteinte à la vie privée ?

 D'aucuns pourraient hurler à l'atteinte à la vie privée. Pas faux, sans doute, mais les co-créateurs de « Road Be Score » répondent en utilisant un argument imparable : « Nous agissons comme tiers. Nous servons de cloison étanche entre l'assureur et l'assuré. Car on le sent bien, les assureurs meurent d'envie d'aller chercher là où ils pourraient tracer le profil de risque de leurs jeunes clients... »

 Autre argument pour : « Notre objectif est aussi avec la création de ces profils de créer un cercle vertueux et en quelque sorte, de mettre en place un mécanisme auto-réalisateur. »

 Dans un premier temps, Christophe Méheut envisage de signer avec au maximum deux ou trois compagnies françaises : « Celle qui signera aura, nous en somme persuadés, un avantage décisif par rapport à ses concurrentes», explique Christophe Méheut. 

 Cette start-up est en cours de négociation avec une importante compagnie d'assurance française, mais rien n'est encore signé.

 Ils comptent signer avec deux ou trois sociétés d'assurance françaises, puis entendent vendre rapidement leur concept à l'étranger car pour l'heure, aucune autre start-up ne propose un tel produit, mais on imagine que cela ne va pas durer...

 « Road Be Score » est une des quinze start-up Fintech ou Assuretch installées tout à côté de la tour Incity de la Part-Dieu à Lyon, à proximité désormais de la Caisse d'Epargne. Il s'agit en l'occurrence de ses anciens locaux où cet incubateur original se déploie sur près de 300 m2.

 Installée au sein de L 612, l'accélérateur de la Caisse d'Epargne

 Il est dirigé par Cédric Nieutin, 37 ans, ingénieur ECAM qui a déjà dirigé l’incubateur de start-up innovantes Crealys et participé au lancement en 2014 de Pulsalys Pôle Start-Up.

 Il reconnaît que cet incubateur dont l'idée a été lancée par Stéphanie Paix, la présidente du directoire de la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes était un pari. Aucune ville de province n'accueillait jusqu'à présent de telles start-up hyper spécialisées.

 Un succès

 « Six mois après, c'est un succès, nous accueillons douze entreprises très prometteuses », explique-t-il. Leur nombre devrait passer à quinze à la fin de l'année. Objectif, un flux de vingt nouvelles Insurtech ou Fintech chaque année.

 Toutes ne proposent pas des concepts aussi surprenants que « Road Be Core », mais assurément un certain nombre sont en train de révolutionner l'assurance et la banque. Cet incubateur, permet à la Caisse d'Epargne Rhône-Alpes d'effectuer une veille technologique efficace et permanente en interne. Bien vu.

 (*) Un « innovation dating » destiné à mettre en relation start-up avec des PME ou des grnads groupes, rassemblant dix Fintechs et Insurtechs s'est déroulé le 3 novembre au sein de la Tour Incity à l'initiative de la Caisse d'Epargne à Lyon. Outre « Road B Score », ont participé : « Attestation Légale », « Neuroprofiler », « Tell me plus », « Stimul Lab », « Monethor », « Wuha », « Metadesk », « Dreamquark » et « Investglass », des sociétés pour la plupart régionales.

Publiée le 06 nov. 2016 par LARGERON Dominique.
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