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Tourisme en Rhône-Alpes : l'une des pires saisons d'été de ces dernières années

Dominique Largeron

Vingt-cinq jours de pluie en juillet dans les deux Savoies. Le mauvais temps a plombé la saison touristique en Rhône-Alpes. La montagne et les bords de lac ont été les plus touchés, les vacanciers se reportant sur le tourisme rural et surtout le tourisme urbain : les musées ont fait le plein à Lyon.

Tourisme en Rhône-Alpes :  l'une des pires saisons d'été de ces dernières années Choisir la montagne cette année n'a pas été un bon calcul...

Avec un été particulièrement pluvieux, les établissements du tourisme en Rhône-Alpes ont vécu une saison estivale, en l'occurrence juillet et août pour le moins compliqués.

Seuls 55 % des professionnels considèrent avoir connu une bonne fréquentation de leur établissement durant l’été. Un constat d’autant plus marqué que 53 % d’entre eux jugent cette fréquentation en recul par rapport à 2013 sur la même période.

  Toujours sur l’ensemble de la saison (de juin à août), le taux moyen d’occupation est en baisse par rapport aux niveaux observés sur les précédentes saisons, avec des hébergements remplis seulement à un peu plus de la moitié de leur capacité (55 % contre 58 % en 2013 et 61 % en 2012).

 « Une météo en berne »

  Principale explication avancée, on s'en doute : les mauvaises conditions météo reviennent avec insistance dans le discours des professionnels : « une météo en berne », « une saison rendue difficile à cause de la météo », « le temps n’a pas aidé à faire une bonne saison », expliquent-ils, dépités.

 Tous les professionnels convergent pour mettre en cause le temps exécrable. Un sujet sur lequel leur opinion est unanime : 97 % d’entre eux se disent déçus du niveau d’ensoleillement estival. Il est vrai par exemple qu'en juillet, les deux Savoies ont par exemple comptabilisé vingt-cinq épisodes de pluie, ce qui ne s'était pas produit depuis de nombreuses années.

Les conséquences de la crise économique sont également largement évoquées par les prestataires de services, ceux proposant des animations ou des prestations à la journée, très touchés et les restaurateurs.

 Tout un ensemble de phénomènes se sont en outre rajoutés au mauvais temps. « La crise économique continue à impacter petit à petit le budget des vacanciers. En juillet, la Coupe du Monde de Football a aussi eu un impact : les touristes hollandais, en général nombreux, ont soit décalé leurs séjours ou l'ont carrément annulé », constate Gérard Octroy de l'Observatoire du Tourisme Rhône-Alpes.

  Comme à l’accoutumée, le mois d’août a permis de compenser quelque peu le mois de juillet décevant (62 % de bonne fréquentation pour ce mois contre seulement 47 % sur juillet), mais le déficit est resté important pour plus d'un tiers des établissements.

 Niveau des dépenses toujours à la baisse

  Ainsi, 38 % des professionnels ont vu le niveau de dépenses touristiques dans leur établissement impacté à la baisse (contre seulement 7 % qui ont à l’inverse perçu une hausse de ces dépenses).

  Et 36 % des hébergements ont constaté une diminution de la durée moyenne des séjours, plus encore dans les hôtels (47 %) et les campings (52 %).

 Le ralentissement est d’autant plus net en montagne et en bord de lac. Dans les deux Savoies et en Isère, près de trois professionnels sur cinq jugent la fréquentation de leur établissement insuffisante (61 % en bord de lac et 58 % en montagne), avec notamment des durées moyennes de séjours raccourcies, les touristes voulant échapper aux conditions météo pour le moins médiocres.

 Les musées à la fête

 A l’inverse, les établissements situés en ville mais aussi ceux en zone rurale ont globalement mieux résisté : dans ces zones, plus d’un professionnel sur cinq a vu la fréquentation touristique progresser sur la saison (24 % en zone rurale et 21 % en ville), avec notamment un gain notable en ville pour la clientèle étrangère (26 % constatent une hausse de fréquentation par rapport à l’an passé).

 « Tous les lieux couverts vers lesquels se sont rabattus les touristes ont fait le plein, à commencer par les musées », constate de son côté Rodolphe Brenier du Comité du tourisme du Rhône. Lyon a ainsi pu, en partie, tirer son épingle du jeu.

 Progression en août dans le Rhône

 Ainsi 58 % des professionnels du Rhône ont été satisfaits de la fréquentation de leur établissement. Si le mois de juillet a connu une satisfaction moindre (60 % contre 72 % en 2013), celle du mois d’août est en progression : 62 % contre 58 % en 2013).

 Cet indicateur est proche de celui enregistré en 2013 (63% de bonne fréquentation), mais en retrait par rapport à 2012 (76 %) et 2011 (86 %). Il reste cependant nettement supérieur à la moyenne régionale, qui s’élève cet été à 55 %.

 Un gros bémol pour la clientèle étrangère, moins présente que d'ordinaire. Elle a oscillé entre baisse (pour 30 % des répondants), stabilité pour 29 % et hausse pour 26%.

 Baisse de la fréquentation étrangère, heureusement, les bibliothécaires...

 Ainsi, les professionnels sont 45 % à faire état d’une baisse de fréquentation contre 27 % seulement une hausse.

 Heureusement, le congrès mondial de la Fédération Internationale des Associations de bibliothécaires et de bibliothèques, qui s'est déroulé à Lyon à une date inhabituelle pour une manifestation de ce type-au beau milieu de mois d'août- a constitué une occasion bénie pour les hôteliers et les restaurateurs.

 Présente pour la première fois à Lyon, cette manifestation a rassemblé près de trois mille délégués de cent-vingt nationalités différentes. Un congrès pour le moins bienvenu en cette période difficile !

Publiée le 28 août 2014 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 28 août 2014
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