Monsieur Thévenoud : on ne se fait pas un nom en voulant tuer une profession !

Union Métiers Industrie Hôtellerie

Les restaurateurs ne veulent pas être cloués au pilori. Les professionnels de l'hôtellerie et de la restauration dont l'UMIH, vent debout contre l'éventualité d'une hausse de la TVA.

Les restaurateurs ne veulent plus être cloués au pilori. Une nouvelle fois, le microcosme politique parisien, déconnecté des réalités quotidiennes et des difficultés auxquelles font face nos entreprises du secteur de la Restauration, traîne nos métiers dans la boue et parle sans savoir, voire même, visiblement, sans comprendre.

L'approche doctrinaire du député Thomas Thévenoud, consistant à vouloir relever le taux de TVA de la restauration, témoigne d'une profonde méconnaissance du fonctionnement de nos entreprises et de notre secteur économique. Ses propositions contribueraient à détruire toute une profession.

Les chiffres et le raisonnement budgétaire de Monsieur Thévenoud sont faux. Le Contrat d'Avenir, ce n'est pas une baisse des recettes pour l'Etat. Il oublie de dire que c'est aussi un volet social qui a permis de transférer 1,2 milliard d'euros des entreprises vers les salariés, de créer 53 000 emplois et de sauver près de 20 000 entreprises de la faillite.

Il est temps de rétablir la vérité sur notre profession ! Nous sommes le secteur qui emploie le plus de jeunes et très majoritairement des femmes. Nous sommes le deuxième secteur d'insertion professionnelle après l'intérim. Près d'un quart de nos salariés ont moins de 25 ans : c'est deux fois supérieur à la part des moins de 25 ans dans l'ensemble des autres secteurs de l'économie.

Nous offrons le plus souvent aux jeunes leur premier emploi et une opportunité d'entrer dans la vie active. 68% de nos jeunes recrutés n'ont pas de diplôme: pourtant, ils décrochent un emploi, majoritairement en CDI, dans nos entreprises! Nous contribuons, de plus, au développement de l'économie locale en rénovant et modernisant nos établissements.

C'est pourquoi nous revendiquons sur le terrain, dans tous les départements de France, d'avoir créé des emplois et de contribuer à la richesse et au dynamisme de nos territoires. Loin des idées reçues, nous sommes une profession dynamique et modernisée.

Aujourd'hui, l'irresponsabilité des discours qui encourage une instabilité fiscale est un frein puissant à l'investissement et aux recrutements.

Demain, tout relèvement du taux de TVA de la restauration aurait des répercussions dramatiques en termes de destructions d'emplois - que nous estimons à 100 000 sur tout le territoire - et de défaillances d'entreprises.

Croire que le relèvement de la TVA provoquerait une rentrée budgétaire automatique est un calcul simpliste et déconnecté de la réalité ! Dans ce scenario, les entreprises ne pourraient pas vendre leurs prestations plus chères, elles devraient malheureusement licencier massivement et des milliers d'entre elles feraient faillite. L'Etat perdrait d'un côté sans doute plus que ce qu'il prélèverait de l'autre.

Le relèvement de la TVA à taux réduit est une mesure antisociale ! Elle détruirait des emplois et nuirait au pouvoir d'achat de nos salariés. Nous sommes aujourd'hui une profession en danger.

Les propositions défendues par Monsieur Thévenoud sont d'autant plus choquantes qu'une concertation officielle est en cours sur le bilan du Contrat d'Avenir. Nous sommes en train de faire le bilan partagé avec le Ministère du Tourisme de nos résultats et de nos engagements. Nous faisons confiance à la concertation engagée avec l'Etat et au respect de la parole présidentielle.

Toute la profession, unie et mobilisée, tiendra une conférence de presse mardi à Paris et dans les départements pour rétablir la vérité des chiffres et réfuter les affirmations avancées dans le rapport de Monsieur Thévenoud.

Publiée le 30 oct. 2012 par LARGERON Dominique.
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