Un choc de compétitivité qui fait pschitt

Bernard Fontanel, président du Medef Lyon-Rhône

Le MEDEF Lyon-Rhône salue le changement de ton et d’attitude du gouvernement vis- à-vis des chefs d’entreprise, mais regrette que les mesures Ayrault ne répondent pas à l’urgence de la situation.

Un choc de compétitivité qui fait pschitt

« Nous déplorons le choix du gouvernement de ne pas suivre la préconisation du rapport Gallois qui appelait à une baisse de 30 Md€ des charges sociales. Cette baisse significative et immédiate aurait été un choc de compétitivité. Le gouvernement a opté pour un crédit d’impôts de 20 Md€, une somme insuffisante dont les entreprises ne bénéficieront que dans 18 mois. Nous n’avons pas le luxe d’attendre. Il faut agir maintenant pour rétablir la compétitivité des entreprises et restaurer nos marges. En 2014, il sera trop tard pour bon nombre d’entreprises », affirme Bernard Fontanel, président du MEDEF Lyon-Rhône.

Avec le taux de prélèvements obligatoires le plus élevé d’Europe, la France ne peut résister à la concurrence. Le taux de marges des entreprises françaises a atteint un point bas historique à 28 % alors qu’il s’affiche à 40 % en Allemagne. « Nous avons besoin de mesures fortes et concrètes aujourd’hui. C’est en rétablissant la profitabilité des entreprises qu’elles pourront se financer, innover, exporter et donc embaucher. Cessons de penser que la profitabilité des entreprises sert à rémunérer des actionnaires qui s’en mettent plein les poches ! », souligne Bernard Fontanel.

Le MEDEF Lyon-Rhône regrette que les enjeux et calculs politiques privent notre économie d’un choc de compétitivité indispensable. « Pourquoi le gouvernement vient-il chercher dans les entreprises et chez les ménages l’argent dont il a besoin dès 2013 ? Pourquoi recule-t-il cette échéance à 2014 quand il s’agit de redonner du souffle à notre économie ? », interroge Bernard Fontanel.

La mise en place en 2014 des nouveaux taux de TVA interpelle tout autant le président du MEDEF Lyon-Rhône : « L’augmentation de la TVA aurait dû entrer rapidement en application et aurait pu être plus importante sans répercussion sur les prix car la concurrence aurait joué un rôle modérateur. La TVA européenne moyenne s’affiche à 21,2 %, nous pouvions donc atteindre ce taux sans risque », analyse-t-il.

Avec son pacte pour la croissance, la compétitivité et l’emploi, le gouvernement a raté l’opportunité de frapper fort pour relancer notre économie et redonner aux entreprises les moyens d’exister sur la scène internationale. L’enveloppe de 20 Md€ de crédit d’impôt se situe en-dessous des besoins des PME pour remettre à niveau notre économie et notre industrie.

« L’année à venir peut être difficile pour certaines entreprises. Notre économie est malade depuis plusieurs décennies. On ne soigne pas un grand malade sans traitement de choc », conclut le président du MEDEF Lyon-Rhône.

Bernard Fontanel, président du Medef Lyon-Rhône

Publiée le 14 nov. 2012 par LARGERON Dominique.
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