Ces pôles qui ne connaissent pas la crise

Dominique LargeronCes pôles qui ne connaissent pas la crise

Les quinze pôles de compétitivité de Rhône-Alpes font à tour de rôle leur rentrée, sous forme de conférences de presse pour certains et l'on ne peut que tirer ce constat : la crise n'a pas eu d'incidence sur eux. Leur développement n'a pas été entravé. Le nombre de projets de Recherche & Développement labellisés et financés ne cesse de croître. Et ce, tout permettant aux pôles de tisser leur toile au plan européen et mondial.

Mieux : à l'instar de Minalogic à Grenoble (micro-nano technologies) qui a créé Minatec,  les pôles multitplient les projets de plate-formes collaboratives permettant de mutualiser sous un même toit les travaux menés par les chercheurs académiques et les entreprises de plus en plus imbriqués : « Axel'One » pour Axelera (chimie-environnement), «Extrapole » pour Trimatec, l'autre pôle vert, sont les derniers projets en date qui se chiffrent en dizaines de millions d'euros.

Mieux encore, les pôles tendent désormais à générer eux-mêmes d'autres pôles. Un projet de nouveau pôle de compétitivité en Rhône-Alpes, consacré aux écotechnologies sera ainsi soumis le 3 octobre à Christian Estrosi, ministre de l'industrie. Il s'agit d'un pôle rassemblant de manière transversale des domaines de compétences d'un noyau dur de quatre pôles rhônalpins existants : Axelera, Minalogic, Tenerrdis et Lyon Urban Trucks ans Bus, en vue de créer une structure spécialisée dans l'efficience énergétique appliquée aux domaines de l'industrie, des transports et du bâtiment. Les pôles Viameca (mécanique) et Techtera (textiles techniques), ainsi que le cluster Lumière, le pôle d'excellence isérois Innovations Constructives et la Fédération du BTP du Rhône se sont agrégés à ce projet de pôle situé en droite ligne des retombées économiques attendues du Grenelle de l'Environnement.

Ce dynamisme visible confirme une évidence : les pôles ont prouvé leur pertinence. On craignait à l'origine qu'ils ne soient que l'apanage des grands groupes (de Rhodia, à Schneider Electric, en passant par bioMérieux) qui la plupart du temps en sont à l'origine. Or, ce n'est pas le cas : des PME, voire même des TPE s'y associent en grand nombre. Les pôles ont permis à ces dernières de sortir des projets d' innovations qui dormaient sur leurs étagères, mais aussi d'accéder à des réseaux leur permettant de bénéficier d'un vrai service de veille économique, d'accéder à des financements, etc.

Mais surtout ces derniers mois ont permis de constater que les pôles de compétitivité se révélaient d'efficaces amortisseurs de la crise. En sauvegardant, en maintenant ou  en développant des emplois : près de 4 000 pour Axelera. Par exemple, il est probable que sans ce dernier pôle, le chimiste de spécialités Rhodia n'aurait pas rapatrié à Lyon ses labos d'Italie et d'Allemagne. Ils constituent de facto de nouveaux centres d'attraction.
La crise aurait été sans doute plus violente dans la région grenobloise sans Minalogic, deuxième pôle en importance dans le monde dans les domaine d'avenir des micro et nano-technologies. La démonstration peut être effectuée pour chacun des pôles.

A cette aune, on ne peut émettre qu'un seul regret : que les pouvoirs publics aient mis autant de temps à susciter les pôles en France nés en 2005 seulement, alors qu'il se développaient depuis longtemps sous le nom de « cluster » au Canada ou en Catalogne, par exemple. La France a été l'un des derniers pays d'Europe à mettre en place ces grappes si fécondes car rassemblant des entreprises et des labos de recherche.

Aucun doute à avoir : l'innovation dopée par les pôles sera l'un des facteurs clé qui permettra à la France et à l'Europe de développer son industrie et son économie dans la guerre économique mondiale que la crise a avivée.

Publié le  22 sept. 2009 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  22 sept. 2009 
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