Grand Emprunt : plus d'une douzaine de projets financés en Rhône-Alpes ?

Rebaptisé dispositif « Investissement d'avenir » , le Grand Emprunt agite beaucoup le monde économique en Rhône-Alpes comme dans les autres régions françaises, d'ailleurs... Mais peut-être plus encore ici car Rhône-Alpes devrait bénéficier d'une part non négligeable des 35 milliards d'euros que Nicolas Sarkozy a décidé d'investir pour relancer l'économie française et préparer le futur.

Réunis à la Préfecture de région autour du Lyonnais René Ricol, toutes les parties prenantes, responsables de pôles de compétitivité, présidents de Pôles Régionaux d'Enseignement Supérieur (PRES) de Lyon, Saint-Etienne et Grenoble, ont appris qu'il y aurait « au moins une douzaine de projets qui seront financés dans le dispositif investissement d'avenir », la nouvelle dénomination du Grand Emprunt. Or, on sait que le nombre de dossiers actuellement en voie d'élaboration dans la région est bien supérieur à ce chiffre. Il y aura donc à coup sûr des déçus. Mais telle est la loi du genre.

On sait déjà que sur l'ensemble de l'Hexagone, l'argent doit aller à cinq priorités stratégiques : enseignement supérieur et formation (11 milliards d'euros), Recherche (7,9 milliards), filières industrielles et PME (6,5 milliards), développement durable (5,1 milliards et numérique (4,5 milliards d'euros).

René Ricol veut éviter tout saupoudrage. Les investissements devront donc aller uniquement vers les pôles d'excellence, nombreux en Rhône-Alpes, qu'ils soit dénommés selon le jargon du moment, « Initiatives d'excellence », Instituts Hospitalo-Universitaires, Instituts de recherche Technologiques et autres Pôles de Compétitivité.

Il n'exclut pas d'ailleurs que certaines régions peu dotées en matière de pôles d'excellence ne reçoivent rien : « Je ne prends pas en compte l'aménagement du territoire : ce n'est pas mon rôle », s'exclame le commissaire général à l'investissement.

« La plus belle recherche fondamentale du monde ne sera pas financée par le Commissariat général à l'investissement : nous voulons que ces fonds se traduisent par des innovations industrielles et donc des emplois », poursuit ce dernier. Et d'ajouter : « Une certitude, nous allons être très sélectifs. » Pour lui : « Tous les projets choisis devront avoir des objectifs précis et vérifiables », évoquant au passage son souhait de « redynamiser le tissu des PME »

Ainsi, on sait que le projet « d'Institut d'Excellence en Energie Décarbonnée », en cours d'élaboration et qui devrait s'installer dans la vallée de la chimie lyonnaise, bénéficierait pour une part, du Grand Emprunt. Son coût est estimé à plus de 100 millions d'euros.

De même, la plate-forme Axel'one qui devrait être installée à La Doua (Villeurbanne) et Feyzin (Rhône) et dédiée aux procédés propres et matériaux innovants et initiée par le Pôle de compétitivité Axelera chimie-environnement (coût : 30 millions d'euros) devrait également être éligible.

On peut imaginer que dans les sphères de décisions régionales, beaucoup vont continuer à s'agiter, l'échéance des décisions se rapprochant : les premiers appels à projets devraient être lancés dès cet automne.

Un dernier paramètre sera pris en compte, assure René Ricol : « l'implication financière des entreprises comme des collectivités dans les projets, sera prise en compte ; nous voulons faire jouer aussi au maximum l'effet de levier. » Avis aux intéressés !

Aucun doute, le commissaire général à l'investissement croit en sa mission : « Nous voulons renouer avec le Commissariat général au Plan tel qu'il avait été élaboré à la fin de la guerre : nous avons un pays à rebâtir ! » Ni plus, ni moins...











Publié le  12 juil. 2010 par Dominique Largeron. Dernière mise à jour le  12 juil. 2010 
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