Football : Les chefs d'entreprise s'aventurent sur le terrain de l'Euro 2016

Dominique Largeron

Pas moins de 70 chefs d'entreprise figurent parmi les 200 premiers signataires du comité de soutien à l'Euro 2016 à Lyon. La communauté économique joue collectif derrière le capitaine Gérard Collomb et l'entraîneur Jean-Michel Aulas. On retrouve au sein de l'équipe, les présidents du Medef et de la CGPME, ainsi que Guy Mathiolon, président de la CCI de Lyon qui aimerait bien que l'Euro 2016 serve à débloquer enfin le bouclage du périphérique lyonnais à l'Ouest.

Football : Les chefs d'entreprise s'aventurent sur le terrain de l'Euro 2016

La France est, on le sait, candidate à l'organisation de l'Euro 2016 de Football.  Il fallait attendre que le Conseil Fédéral de la Fédération Française de Football (FFF) désigne les stades qui seront concernés pour que Lyon entre dans la danse. Le 11 novembre la  FFF indiquait  que parmi les douze villes retenues, figurait Lyon. Dès le 13 novembre,  Gérard Collomb, maire de Lyon, accompagné de Jean-Michel Aulas, président de l'OL et de Guy Mathiolon, présidet de la CCI de Lyon lançait sans perdre une seconde,  un Comité de soutien de l'agglomération lyonnaise à l'Euro 2016. Un comité présidé par l'acteur Clovis Cornillac, d'origine lyonnaise et supporteur de l'OL, mais au sein duquel  se retrouve un très grand nombre de chefs d'entreprise.

Au total, près de soixante-dix des deux cents signataires figurent sur la liste, parmi lesquels Bruno Bonnell, ex-Pdg d'Infogrames reconverti dans les robots (Robopolis), Olivier de Clermont-Tonnerre, Pdg du Chinois Bluestar ou Patrick Sauze, président d'Electronic Arts France.

Les organismes représentatifs ne sont pas en reste puisque l'on pointe aussi bien sur cette même liste, Bernard Fontanel, président du Medef que François Turcas président de la CGPME, voire les présidents des syndicats de la boucherie, des charcutiers traiteurs ou de la boulangerie...

Les représentants des structures culturelles dans la mouvance municipales se retrouvent aussi dans  le comité, à l'instar  de Thierry Frémaux, directeur de l'Institut Lumière ou de Guy Walter, directeur des Subsistances et de la Villa Gillet. Explication par Gérard Collomb : « Les institutions culturelles seront associées à l'Euro 2016 »

L'agglomération lyonnaise n'est qu'un des maillons de la chaîne d'une candidature qui va monter en puissance jusqu'au mois de mai (le 27 ou le 28), date à laquelle  l'UEFA (Union of European Football Associations), effectuera le choix du pays d'hôte. D'ici là, le dossier de candidature dont la participation lyonnaise, sera remis par la FFF à l'UEFA, le 15 février 2010. De mars à mai 2010, la commission d'évaluation de l'UEFA fera le tour des douze villes hôtes de l'Euro 2016, avant la désignation ultime.

Si la France et de facto l'agglomération lyonnaise étaient désignées, même divisées par douze (par neuf en réalité, trois villes étant par la suite éliminées), les retombées économiques ne seraient pas minces si l'on sait que le dernier Euro en 2008 en Suisse et en Autriche  a amené le déplacement de deux millions de supporteurs dont chacun a dépensé 1 155 euros en moyenne, soit 537 millions d'euros au total.
Des chiffres qui devraient exploser en 2016 dans la mesure où pour la première fois, ce ne sera pas un Euro à 16, mais à 24 équipes qui devra, cette fois, être organisé.

De quoi comprendre la présence derrière le capitaine Gérard Collomb d'un aussi grand nombre de chefs d'entreprises, il est vrai habitués à travailler ensemble à travers la structure, très fédérative de « Grand Lyon l'esprit d'entreprise. »

De son côté, Guy Mathiolon, président de la CCI de Lyon ne cache pas qu'il souhaitait, dans le cas où la France serait choisie que cette candidature accélère des dossiers d'infrastructures en panne, dont celui de l'achèvement du périphérique de Lyon, par l'Ouest. Pour lui, le football est un formidable démultiplicateur de notoriété : « 80 % des cas où l'on parle de Lyon, c'est grâce au football dans la presse internationale. » De son côté, Jean-Michel Aulas fait comprendre, sans jamais citer nomément d'aileurs le projet, que cette candidature pourrait aussi aplanir les difficultés rencontrées pour la construction du Grand Stade de l'OL à Décines.

Avant de tirer des plans sur la comète, encore faut-il que la France soit choisie. Pour l'heure, l'UEFA a reçu quatre candidatures : outre celle de la France, celles de l'Italie, de la Turquie et conjointes, de la Norvège et de la Suède. Le plus gros adversaire est sans conteste l'Italie qui avait déjà été candidate à l'Euro 2012 et qui avait été battue à la surprise générale par le tandem Pologne-Ukraine.
La nouvelle donne qu'il faudra prendre en compte : justement, les difficultés rencontrées par la Pologne et l'Ukraine pour l'Euro 2012 qui ont amené l'UEFA à plus d'exigence pour les tournois ultérieurs d'où un cahier des charges pour 2016 qui s'annonce très complexe. Un atout pour la France ? Sans doute.


En ce qui concerne les atouts lyonnais, stricto sensu, Gérard Collomb cite le savoir-faire en matière de grands événements, dont la Coupe du Monde de 1998 ou la Coupe du Monde de rugby en 2007. Mais aussi les capacités d'accueil hôtelière qui vont passer de 11 776 chambres à 13 000 à l'horizon 2014, suite aux projets en cours, la présence de près de 2 000 restaurants dans l'agglomération. Mais d'ajouter :  « Cette candidature n'aboutira que s'il y a une véritable envie ! » Référence faite à l'échec de Lyon lors de sa candidature comme capitale culturelle de l'Europe, faute d'enthousiasme collectif, selon le premier magistrat lyonnais.

Photo : Les membres du Comité de soutien sur les marches de l'hôtel-de-ville de Lyon.

Publiée le 16 nov. 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 16 nov. 2009
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