La Seconde Chance de Mecelec
Belle illustration du sauvetage d'une entreprise industrielle en difficulté suite à la crise, grâce à la mobilisation d'acteurs privés ! Placée en clause de sauvegarde, la société ardéchoise Mecelec, spécialisée dans les équipements de réseaux et les composites dont le chiffre d'affaires a chuté de 21 %, a pu trouver les capitaux dont elle avait un besoin urgent. Et ce, grâce au Fonds d'investissement lyonnais privé, « Seconde Chance » qui s'est donné pour tâche de prendre des participations majoritaires dans des entreprises régionales se trouvant momentanément en situation difficile.

Présidé par Eric Vannoote, le fonds d'investissement lyonnais « Seconde Chance » vient brusquement de sortir de l'ombre en prenant une participation majoritaire dans Mecelec, société cotée en Bourse avant de connaître de sérieuses difficultés. Créé l'année dernière, en début de crise, ce fonds privé qui rassemble des chefs d'entreprises lyonnais s'est donné pour tâche de prendre des participations majoritaires dans des entreprises régionales se trouvant dans des situations difficiles pour des raisons financières ou des raisons liées à leur positionnement ou à leur environnement salarial.
Ce fonds encore jeune a déjà repris cinq sociétés dans lesquelles l'ensemble des associés s'impliquent eux-mêmes pour accompagner les équipes de direction et retrouver le chemin de la rentabilité et du développement.
Tel est exactement le cas de la société ardéchoise Mecelec dont le sort était dans les mains du Tribunal de Commerce d'Aubenas. Le schéma choisi par les juges consulaires était le placement de cette société de 250 salariés et de 42,5 millions d'euros de chiffre d'affaires (chiffres 2008), en clause de sauvegarde. Possibilité offerte par le législateur depuis 2006 et correspondant au célèbre chapitre 11 de la loi américaine sur les sociétés, le temps de trouver une solution capitalistique. Mecelec dont le chiffre d'affaires a chuté en un an de 21 % traversait une passe difficile.
En l'occurrence, le fonds Seconde Chance va acquérir la majorité des titres Mecelec détenus par la famille Labort, actionnaire familial historique ; et ce, via une augmentation de capital non réservée, en s'engageant à travers cette opération à apporter 3 millions d'euros au capital de Mecelec.
Le plan de développement qui sera ensuite suivi concerne deux des trois métiers de Mecelec, l'équipement des réseaux et les composites ; le troisième, les télécoms fera l'objet d'une recherche de partenaires financiers, Mecelec conservant par ailleurs une participation.
Ce montage permet d'éviter des mesures de licenciements au sein d'un territoire déjà bien touché par la crise, les deux principales unités de fabrication étant situées à Mauves et à Saint-Agrève (Mecelec possède également des unités, plus petites, près de Montpellier, à Dijon et à Cluj en Roumanie), même si une procédure de départs volontaires sera toutefois mise en œuvre.
Suspendue depuis le 10 septembre 2009, la reprise de la cotation de Mecelec sur le compartiment Eurolist C de la Bourse se fera dès que le Tribunal de commerce d'Aubenas jugera que l'entreprise est repartie sur de bons rails.
On pourra alors véritablement juger de la pertinence de l'opération, mais celle-ci paraît d'emblée démarrer sous de bons auspices.


