La chaîne TV Euronews à Lyon-Confluence en 2013, si...

Dominique Largeron

Gérard Collomb entend bien tout faire pour conserver Euronews, la chaîne d'infos européenne, à Lyon et est prêt à y mettre le prix. Celui-ci passe par un abandon de créance de 2,56 millions d'euros qui transformerait le Grand Lyon, le département et la Région en actionnaires de la chaîne à hauteur de 5,4 %. Le Grand Lyon et la Région ont donné leur feu vert. Reste le Conseil général. Il faudra ensuite passer l'obstacle du Conseil d'Etat qui devra donner l'autorisation. Une fois la voie libre, la chaîne quitterait Ecully pour déménager à l'horizon 2013 à Confluence, aux côtés du Progrès et d'Espace Group.

La chaîne TV Euronews à Lyon-Confluence en 2013, si...

Si Lyon a eu autant de mal pour capter Euronews à sa création, face à Valence et Munich, ce n'est pas pour lâcher maintenant la chaîne internationale. Elle a depuis fait son petit bonhomme de chemin grâce à ce qui fait son originalité : son multilinguisme (8 langues actuellement ,12 à terme) qui lui a permis, avec ses 6 millions de téléspectateurs hebdomadaires, de devenir leader en Europe devant CNN et BBC World.
Quelques alertes ont déjà eu lieu : Bruxelles a fait notamment des appels du pied à Euronews.

Pour arrimer la chaîne européenne, ses 300 salariés et ses 200 pigistes à Lyon, Gérard Collomb a trouvé la solution : que les collectivités entrent au capital de la chaîne internationale.

Les trois collectivités ont, lors de son installation sur 5 000 m2 à Ecully en 1992, octroyé à Euronews 2,56 millions d'euros sous la forme d'un prêt participatif à rembourser en 2011 et 2012. Les trois mêmes collectivités abandonneraient cette créance qui serait transformée en capital, à hauteur de  5,4 % du capital, avec l'espoir de bénéficier de surcroît d'un siège au conseil d'administration de la TV.

Les élus de la Région et du Grand Lyon ont déjà donné leur feu vert. Reste à obtenir celui du Conseil général moins prompt à se mobiliser. « Je ne saurais imaginer que le Conseil général ne soit pas partie prenante », lance le maire de Lyon. Une fois cette dernière délibération obtenue, il faudra encore bénéficier de l'autorisation par décret du Conseil d 'Etat, passage obligé  pour permettre aux trois partenaires d'entrer dans le capital.

On le voit, le chemin n'est pas encore totalement dégagé. Pour y arriver, le temps ne manque pas, puisque l'objectif de Michael Peters, directeur général d'Euronews est d'installer la chaîne qu'il dirige en 2013 à Lyon-Confluence, cette fois sur 8 000 m2. Et ce,  pour créer un véritable pôle média aux côté du Progrès et des radios d'Espace Groupe. La chaîne qui ne cesse de prendre de l'ampleur et de grossir en termes de salariés s'estime trop à l'étroit et trouve que la Confluence lui donnerait une plus grande visibilité.

Outre les emplois maintenus entre Rhône et Saône, Gérard Collomb met en avant le rôle joué par Euronews au rayonnement de Lyon à l'international au rythme, bon an, mal an, de 40 à 50 reportages sur Lyon et sa région.

Pour le maire de Lyon « Beaucoup de villes en Europe sont prêtes à tout pour récupérer Euronews. Nous n'entendons pas nous laisser faire !»
Sur le grand échiquier de la compétition internationale entre grandes villes d'Europe, Euronews est une pièce maîtresse que Gérard Collomb entend manifestement ne pas céder.

Publiée le 07 déc. 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 07 déc. 2009
Figure dans les rubriques
News
Edition, presse, tv, radio
L'article du jour


HAUT