Musée des Confluences : veni, vedi...Vinci

Dominique Largeron

Après dix-huit mois de panne sèche, les grues devraient à nouveau s'activer sur le chantier du Musée des Confluences, dès le mois de juin prochain. Lors d'un dernier marathon, le Conseil général du Rhône, après de nouveaux rebondissement, a porté son choix sur le groupement Vinci malgré un surcoût de 6 millions par rapport à l'autre candidate : la société rhônalpine Léon Grosse.

Après tant de mauvaises surprises, les élus ont fait le choix de la sécurité, lançant le message qu'il n'y aurait plus de séance de rattrapage. Le chantier devrait, au total, coûter 175 millions d'euros.

Musée des Confluences : veni, vedi...Vinci

Restons tout de même prudents. Si tout se passe comme prévu et si aucun nouveau grain de sable ne vient enrayer le processus, les grues devraient à nouveau s'activer sur la pointe de la Presqu'île au mois de juin prochain. A l'unanimité moins trois abstentions (*), les élus du Conseil général du Rhône ont donné leur feu vert à ce qui s'apparente comme le choix de la dernière chance pour le Musée des Confluences.

Court rappel des épisodes précédents. Suite à la longue liste des difficultés rencontrées sur le chantier du Musée des Confluences, le Conseil général du Rhône avait lancé un nouvel appel d'offres auquel deux entreprises du BTP seulement avaient répondu : le groupement Vinci et le « régional de l'étape », la société d'Aix-les-Bains, Léon Grosse. A l'ouverture des plis, le 23 novembre dernier, les deux propositions durent être déclarées infructueuses car ne répondant pas suffisamment au cahier des charges.

Des négociations de gré à gré s'engagèrent alors avec les deux sociétés qui ont remis une nouvelle offre technique et financière, le 17 décembre dernier. C'est sur cette dernière qu'avaient à se prononcer, d'abord, le 15 janvier la commission d'appel d'offres ; puis vendredi dernier, les élus du Conseil général. Ils ont tous deux donné leur feu vert à l'offre de la société Vinci.

Pourquoi le groupement Vinci qui rassemble GTM, SMAC et les Italiens de Permasteelisa a-t-il été choisi malgré un surcoût de 6 millions d'euros (mais il est vrai en retrait de 12 millions d'euros par rapport à sa première offre) ? « Car c'est la solution qui offre le plus de sécurité » a expliqué en substance Michel Mercier, président du Conseil général. « Vinci était le plus abouti sur le plan technique. Son offre est en outre forfaitaire : elle couvre toutes les dépenses. Mais, de plus, Vinci est solidaire des autres entreprises, ce qui est important en cas de défection d'un des partenaires. Elle donne enfin la garantie qu'elle prendra en charge un éventuel problème avec les fondations. » Vinci reprend en effet juridiquement à son compte les fondations qu'il n'a pas posé lui-même réglant par là un des nœuds du problème.

Si l'on ajoute au gros œuvre destiné à être réalisé par le groupement Vinci pour 106,99 millions d'euros, le second œuvre (34,21 millions d'euros), la scénographie (9,63), les prestations assurances et le mandat de la SERL (4,46), la facture finale devrait s'établit à 175,10 millions d'euros. Très au-dessus du devis initial : 109 millions d'euros.

Le Département du Rhône pourra-t-il régler cette grosse ardoise en cette période peu propice fiscalement ? « Nous avons de quoi payer sans augmenter les impôts », assure Michel Mercier. Et de préciser : « Entre ce que nous avons déjà payé et ce que nous avons placé auprès du Trésor, nous avons déjà 102 millions. Le Grand Lyon va en outre nous acheter un terrain à l'angle de la rue Paul Bert pour 14 millions d'euros ».

Même Martial Passi, maire communiste de Givors a voté pour Vinci. Il est vrai qu'habilement Michel Mercier a su faire miroiter la carte emploi de ce projet qui devrait créer pendant les trois ans et demi prévisibles de travaux 300 emplois permanents et 600 postes de travail, soit un total de 780 000 heures de travail.

Si tout se passe selon le nouveau scénario écrit vendredi dernier par les élus, le musée devrait être inauguré à l'été 2014. Mais cette fois-ci, plus aucune anicroche n'est permise. Ce serait signer l'arrêt de mort du projet. Les conseillers généraux l'ont bien fait comprendre à Michel Mercier.

(*) Trois élus UMP se sont abstenus : Christophe Guilloteau, Pascal Charmot et Eric Poncet.

Publiée le 19 janv. 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 19 janv. 2010
Figure dans les rubriques
News
L'article du jour
Art, culture, ciné, lecture


HAUT