Salon du Bourget : les entreprises rhônalpines nombreuses à monter à bord

Dominique Largeron

Près d'une centaine d'entreprises de la région Rhône-Alpes exposeront à partir de la semaine prochaine au salon du Bourget contre... 5 en 1995. Dynamisé par le cluster Aerospace, le secteur ne cesse de se développer. Ce n'est pas si facile néanmoins de devenir sous-traitant de l'aéronautique. Les places sont chères.

 

Salon du Bourget : les entreprises rhônalpines  nombreuses à monter à  bord

 

 

Jusqu'au mois d'avril dernier, tous les sous-traitants de l'aéronautique l'affirmaient : le ciel était dégagé. Mais depuis deux mois, les nuages s'amoncellent sur le secteur. Cela n'empêchera pas -au contraire !- un nombre record d'entreprises d'exposer du 15 au 21 juin au salon du Bourget : des sociétés à forte notoriété comme Crouzet Automatisme (Valence dans la Drôme) qui  réalise 20 % de son chiffre d'affaires de 156 millions d'euros dans ce secteur, à Dufieux (Echirolles en Isère) qui, grâce à une R&D performante est devenu l'un des leaders de la machine outil pour l'aéronautique avec 70 salariés seulement. Elles seront très précisément 95 entreprises à exposer lors de ce salon contre 5 seulement en 1995.

Devenir sous-traitant de l'industrie aéronautique est cependant un vrai parcours du combattant. Il faut être homologué, ce qui revient à 50/60 000 euros, puis conserver son homologation régulièrement remise en cause. Mais outre le fait que cela vous pose une entreprise, cette homologation ouvre les portes d'un marché qui, ces dernières années, n'a pas cessé de se développer.

Créé en 2005 par la Région Rhône-Alpes, le cluster Aerospace a accompagné, puis développé ce mouvement. Désormais l'aéronautique représente près de 500 entreprises en Rhône-Alpes, lesquelles consacrent tout ou partie de leurs ateliers et de leurs labos de recherche à ce domaine, ce qui représente un total de 16 000 salariés pour 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires annuel.

Il y a bien sûr Toulouse et Midi-Pyrénées, « la »région de l'aéronautique, puis juste après, Rhône-Alpes qui est devenue la deuxième région française en Recherche & Développement aéronautique et spatial. Côté R&D, on comptabilise 40 labos regroupant 250 chercheurs. On recense aussi cinq centres techniques.

Parmi les principales spécialités aéronautiques de la région où ont trouve toutes les étapes de la fabrication d'un avion : les systèmes embarqués complexes qui s'appuient sur la forte filière électronique, ainsi que la mécanique qui bénéficie d'un solide culture industrielle. Les matériaux composites, issus du textile, de la soierie et de la chimie, constituent aussi un domaine où la région est fort bien implantée. 

Les entreprises de Rhône-Alpes sont présentes sur la plupart des grands défis de l'aéronautique de demain : l'amélioration du confort des passagers (confort thermique, acoustique) ; la réduction du poids des avions grâce aux matériaux composites; la sécurité, rendue plus sensible depuis le crash du vol Rio/Paris d'Air France. L'une des recherches en cours est d'actualité avec le développement de sondes pariétales de type mems (microsystèmes électromécaniques), intégrant les mesures de pression, de température et fluidique.

Tous ces savoir-faire s'appuient sur une dizaine de projets d'innovation labellisés et soutenus par le cluster Aerospace, tel que Techseat dont l'objectif est de mettre au point de nouveaux sièges aéronautiques ou Atena qui, réalisé avec le pôle de compétitivité Techtera (chimie verte), vise à développer une nouvelle technologie de fabrication de renforts textiles pour les matériaux carbone/carbone.

Malgré la crise, les entreprises aéronautiques ne veulent pas -ne doivent pas- réduire leur vitesse de croisière en matière de R&D. Si elles veulent mieux s'envoler demain...

 

 

 

Publiée le 10 juin 2009 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 10 juin 2009
Figure dans les rubriques
L'article du jour
News


HAUT