François Turcas (CGPME) « Des zones d'ombre font plus que nous inquiéter  »

François Turcas (CGPME) « Des zones d'ombre font plus que nous inquiéter  »

Lors de la Fête de l'entreprise organisée par la CGPME qui s'est déroulée le 25 janvier au Double Mixte à Villeurbanne devant près de deux mille patrons de TPE et PME du Rhône, François Turcas, président Rhône-Alpes du syndicat patronal, n'a pas caché ses inquiétudes pour l'avenir.

« Des zones d'ombre font plus que nous inquiéter » a-t-il lancé du haut de la tribune.

Et de préciser : « Oui nous sommes inquiets car la sphère financière compte toujours plus que la sphère productive et est encore encombrée de « junks bonds », littéralement « obligations pourries ». Ces valeurs spéculatives à haut risque sont des facteurs de dangers permanents pour toutes les économies réelles. »

Selon le responsable patronal : " La financiarisation de l'économie ne semble pas appartenir au passé. Dans ce domaine pourtant, il paraissait inévitable de retenir les leçons d'une crise précisément provoquée par la perte de sens, la perte de valeurs, la perte de raison de financiers aussi responsables que coupables. La purge des pratiques douteuses était souhaitée, revendiquée, attendue par toutes les victimes du cataclysme récent."

Et de regretter : « Or qu'a-t-on vu venir en lieu et place de la refondation indispensable du capitalisme : un panel de déclarations d'intention et de «mesurettes» souvent provisoires, telle cette idée britannique, reprise ici, de taxer avec force retenue les bonus des traders. Ces gesticulations quasi inoffensives ne sont bien sûr pas à la mesure du problème posé et nous ne devons pas nous en satisfaire. »

Il enfonce le clou : « Nous devons continuer à nous battre contre ce modèle financier inique qui tue l'entreprise… Nous devons faire entendre notre voix parce que, quant à nous, nous n'utilisons pas les paradis fiscaux comme outils de gestion, parce que la spéculation nous est globalement étrangère, parce que nous sommes les vrais créateurs de richesses et d'emploi ! »

Il conclut : "En d'autres termes, nous voulons un libéralisme à visage humain parce que nous sommes convaincus que l'entreprise de demain sera, ou redeviendra humaine ou ne sera pas !"


François Turcas à la tribune (photo Michel Godet) : " Un panel de déclarations d'intention et de mesurettes ."

Publiée le 01 févr. 2010 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 01 févr. 2010
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