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Vallée du Rhône : bientôt une 37ème AOC en Rhône-Alpes ?

Dominique Largeron

Ce n'était au départ qu'un pari de quelques viticulteurs de Côte-Rôtie. Demain, ce pourrait bien être être la trente-septième AOC viticole de Rhône-Alpes. Son nom ? Vins de Vienne, Côteaux de Seyssuel ? Le débat reste ouvert, rien n'est encore décidé. Le processus menant au sésame délivré par l'INAO (Institut National des Appellations d'Origine) est engagé. Et vu la qualité du nectar produit, ces vignobles pourtant récents situés le long de l'A7 au sud de Lyon ne devraient pas avoir trop de difficultés à obtenir leur promotion au paradis des vins.

Vallée du Rhône : bientôt une 37ème AOC en Rhône-Alpes ?

 Il y a quinze ans, au grand dam de certains puristes, un trio de viticulteurs de Côtes-Rôties-Pierre Gaillard, François Villard et Yves Cuilleron- franchissaient le fleuve-roi pour planter leurs premiers ceps de syrah et de viognier sur la rive gauche du Rhône, au sud de Lyon,... dans l'indifférence générale.

 Quinze ans plus tard, le bouche à oreilles, la facilité avec laquelle ces vins se vendent a fait merveille. Du trio de départ regroupé sous le nom commercial de « Vins de Vienne », on est passé à treize viticulteurs qui ont peu à peu investi les coteaux longeant l'autoroute A 7, défrichant des collines superbement orientées pour modifier le paysage sur le territoire des communes de Vienne, Seyssuel et Chasse-sur-Rhône. Parmi eux, on relève quelques noms ayant pignon sur vignes, tels Alain Paret ou Michel Chapoutier.

 Ils seront même bientôt quatorze : une viticultrice, Sophie Eymin, s'apprête à son tour à planter trois hectares sur des terrains appartenant à sa famille.

 Au prix de la Côte-Rôtie

 La qualité du terroir, l'ensoleillement, ont fait le reste : la trentaine d'hectares déjà plantés produit des vins de grande qualité qui se vendent dans le monde entier. Ils n'ont droit pourtant pour l'heure qu'à l'appellation « vins de table », mais ils s'écoulent déjà, pour certains : au prix de la côte-rôtie ou du saint-joseph pour d'autres. En tout cas à des tarifs nettement plus élevés que celui des côtes-du-rhône génériques.

 L'évolution logique de ce vignoble, vu la qualité de sa production, voulait qu'elle passe un jour ou l'autre au statut d'AOC-Appellation d'Origine Contrôlée-le paradis des viticulteurs, un statut décerné par l'INAO, l'Institut National des Appellation d'Origine, un organisme qui ne transige pas sur la qualité.

 Pour aller rechercher le précieux sésame les treize viticulteurs ce sont regroupés en une association, « Vitis Viennas ». Son président, Stéphane Ogier, trente-six ans, espère décrocher le précieux parchemin d'ici quelques années.

  « Nous avons commencé à rencontrer et à travailler avec les représentants rhônalpins de l'INA0, l'Institut National des Appellations d'Origine Contrôlée. Ils ont estimé que notre dossier était valable et que l'on pouvait passer à la vitesse supérieure, c'est-à-dire à la constitution d'un dossier national », assure ce dernier.

Il va lui falloir cependant être patient : « Dans le meilleur des cas, le processus devrait prendre trois bonnes années. Pour monter le dossier et nous accompagner, nous avons fait appel à un « thésard », issu de Sciences Po Lyon : Marcellin Florian. Il va travailler avec nous pendant ces trois années, tout en rédigeant sa thèse sur « le renouveau des vignobles de Seyssuel ». Nous entendons nous appuyer beaucoup sur l'histoire car si ce vignoble a vu le jour il y a une quinzaine d'années seulement, ce terroir a en réalité un passé vieux de plus de deux mille ans : nous avons réussi à le faire renaître ! »

Vue du terrain, cette future jeune appellation ne manque pas de potentiel. Selon le président de « Vitis Vienna », « il sera possible de faire pousser à terme, près de quatre-vingts hectares de vignes sur ces coteaux. »

 Un avenir qui pourrait être entravé par une petite fleur

 Le seul problème rencontré est d'ordre environnemental : des écologistes plutôt rigoristes font pression depuis plusieurs années pour qu'un arrêté de biotope soit instauré sur une partie des coteaux où la vigne est susceptible de se développer ; et ce, pour protéger une fleur, présente en nombre sur le site : la Gagée des rochers.

 Le dossier est dans les mains du sous-préfet de Vienne : l'administration doit trancher d'ici la fin de l'année 2013. De la décision prise, dépendra aussi pour partie, l'avenir de cette future appellation.

 Parmi les dernières Appellations d'Origine en date, reconnues par l'Inao dans les Côtes du Rhône figurent Beaumes de Venise, en 2005 et Vinsobres, en 2006...


(*) Les treize viticulteurs installés sur les coteaux de la rive gauche du Rhône au nord de Vienne et appartenant à l'association « Vitis Vienna » : Vignobles Hervé Avallet, Domaine Christophe Billon, Michel Chapoutier, Cave Yves Cuilleron, Domaine Pierre Gaillard, M&S Ogier d'Ampuis, Domaine Julien Pilon, Domaine des Sérines d'Or, Domaine de Seyssuel A. Paret, les Vignobles de Seyssuel, Domaine Pierre-Jean Villa, Domaine François Villard et les « Vins de Vienne ».


Photo (DL)-Les coteaux situé sur la rive gauche du Rhône, sur le territoire de la commune de Seyssuel.

Publiée le 09 oct. 2013 par LARGERON Dominique. Mis à jour le 11 oct. 2013
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