Avec 90 000 spectateurs, Jazz à Vienne devrait assurer son équilibre financier
A la baisse cette année : la participation des entreprises en recul de 20 % pour cause de crise et les abonnements en chute de 10 %. La billetterie individuelle a en revanche bien fonctionné. L’année prochaine, la structure organisatrice devrait être transformée.
Jazz à Vienne a la particularité d’être l’un des festivals qui, en France, est doté de la plus forte part d’autofinancement, supérieure à 70 %. C’est la raison pour laquelle, plus sans doute que d’autres manifestations similaires, sa fréquentation est observée avec un soin scrupuleux, qui plus est, en période de crise.
Alors que le Festival vient de tirer le rideau, les inquiétudes des organisateurs sont levées : le Festival de Jazz a drainé cette année près de 90 000 spectateurs, soit autant que l’année dernière, avec une soirée en moins, cependant (14 contre 15 en 2008). Ce qui signifie qu’au théâtre antique de Vienne qui peut accueillir un maximum de 7 500 spectateurs, la fréquentation moyenne a été de 6 000 personnes, légèrement supérieure à celle du millésime 2008. Six soirées dont quatre consécutives ont affiché complet, annonce Jean-Paul Boutellier, directeur artistique du Festival : la soirée Afrique, celle consacrée au Brésil, la Nuit du Blues, SMV, Barbara Hendricks et le concert du chanteur de variété anglais Seal. Au final, le Festival aura accueilli sur ses différentes scènes payantes et gratuites, 120 formations, soit près de 850 musiciens.
Le nombre d’abonnés (2 300) est en baisse, mais celui-ci a été compensé par une augmentation de la billetterie individuelle et des ventes au guichet les soirs même des concerts, ce qui est pour le budget du Festival pécuniairement plus intéressant. D’autant que cette année le prix des places a été modulé, les plus demandées étant les plus chères.
Du fait de la crise, les formules réceptives pour les entreprises mises en place depuis plusieurs années ont, elles aussi, connu une baisse de fréquentation de près de 20 %, liée sans conteste à la crise économique. Au nombre de 150, lesdites entreprises sont restées aussi nombreuses à accompagner le festival, mais elles ont limité leur nombre d’invitations par soirée, soit près de 6 000 personnes invitées seulement cette année.
Au final, si le Festival sera lui même, comme l’année dernière en léger déficit (de l’ordre de – 150 000 euros sur un budget de 3,5 millions d’euros), ce déficit devrait être comblé par les dix soirées de variétés qui hors Festival de Jazz se déroulent avant et après la manifestation jazzique et rassemblent cette année des affiches aussi variées que Marilyn Manson, une Nuit celtique, Oasis ou Léonard Cohen et dont les bénéfices vont dans les caisses de Vienne Action Culturelle, association gérant le Festival. Sans doute pour la dernière fois cette année parce qu’en 2010 un EPIC (Etablissement Public à Caractère Industriel et Commercial) devrait voir le jour a annoncé Jacques Remiller, maire de Vienne, à l’issue du Festival.
Photo (Patrick Audoux ): Innovation cette année, c’est le concessionnaire viennois du constructeur coréen Kia qui a remplacé Renault, pourtant partenaire historique pour le transport des artistes.
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