Toute l’actualité Lyon Entreprises

Depuis son rachat, en 2009 par le Crédit Mutuel, le Progrès n’a pas réussi à redresser ses comptes car il perd chaque année des lecteurs. D’où la volonté de son actionnaire, le Crédit Mutuel de basculer désormais à marche forcée le quotidien vers le Web. Une révolution maison qui est accompagnée d’un plan de départs volontaires, actuellement en négociation.

Malgré le rachat du Progrès, en 2009, par Michel Lucas, alors patron du Crédit Mutuel, les comptes du quotidien régional sont restés obstinément dans le rouge.

Depuis ce rachat, le Progrès est intégré au sein du groupe Ebra qui rassemble huit autres quotidiens de l’Est de la France. Or ce groupe a globalement perdu en 2016, 55,6 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 508 millions d’euros.

A l’instar de la plupart de ses confrères, le quotidien lyonnais souffre de la désaffection de la presse papier et n’a pour l’heure réussi ni à renverser la tendance, ni à rebondir sur le Web.

Une diffusion papier passée sous les 200 000 exemplaires

Les ventes du journal papier reculent chaque année de 2 à 3%. Sa diffusion (comprenant la Tribune/Le Progrès dans la Loire) est ainsi passée sous la barre des 200 000 exemplaires, passant de 208 712 exemplaires en 2013, à 186 469, en 2017 (sources OJD, Office de Justification de la Diffusion).

Certes, les abonnements numériques croissent régulièrement, mais pas suffisamment pour compenser les pertes financières dues au recul du journal papier : ces abonnements numériques ne représentaient l’année dernière que 3,50 % du total des abonnements du quotidien régional (source OJD).

Face à cette situation, le groupe Crédit Mutuel a décidé de réagir et de se tourner désormais de manière frontale vers le Web.

Nicolas Théry qui a succédé à Michel Lucas à la tête de la banque mutualiste a demandé à Philippe Carli, ancien directeur général du groupe Amaury (L’Équipe, Le Parisien) devenu le patron du groupe de presse Ebra, d’élaborer, après un audit, un projet de développement… rapide vers le Web.

La stratégie, désormais est affichée : il s’agit de donner la priorité aux publications numériques et non plus au journal papier dont l’érosion est bien partie pour se poursuivre, tout le monde en a conscience.

Tous les journalistes seront donc chargés de produire d’abord pour le Web, et formés pour ce faire si nécessaire. Un chantier colossal, loin de la culture maison.

Ainsi, par exemple, il n’existe pas au Progrès de journal Web spécifique. L’abonnement numérique est actuellement constitué du pdf du journal papier, idem par ailleurs pour le Dauphiné Libéré, autre quotidien appartenant au groupe Ebra.

Départs volontaires

Cette nouvelle stratégie va avoir des conséquences sur le plan de l’emploi. Selon le SNJ (Syndicat National des Journalistes), un plan de départs volontaires prévoit au Progrès, la suppression de 77 postes sur un effectif global d’environ 500 personnes, dont 27 à la rédaction, 30 dans les services administratifs et 20 postes dans les services techniques.

Ces départs, devraient s’étaler entre septembre prochain et juin 2019.

Ils entrent dans le développement de contenus payants sur internet : le Journal va devoir chercher aussi à l’extérieur les compétences pour accélérer son basculement vers le Web qui n’existent pas tous en interne.

Les négociations sont en cours et portent actuellement sur les conditions de la réorganisation pour ceux qui resteront dans l’entreprise. La culture maison va en effet être profondément bouleversée. Le Progrès est diffusé dans le Rhône, l’Ain, le Jura, la Loire et la Haute-Loire.

Pas de craintes cependant à avoir : au sein du Crédit Mutuel, on a assuré qu’il n’était aucunement question comme le bruit avait pu courir de revendre à terme, par appartement, les neufs titres du groupe Ebra. La banque mutualiste escompte bien que son plan Web va réussir, permettant le redressement des comptes.

Centre de préférences de confidentialité