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A l’instar de la biotech lyonnaise ElsaLys, la start-up grenobloise Kalray vise une introduction prochaine en Bourse sur Euronext Growth (l’ex-Alternext), comme elle. Une jeune société à la forte ambition dans son domaine : « les micro-processeurs intelligents”, notamment utilisés pour les voitures autonomes… Elle vise 100 millions d’euros de chiffre d’affaires à l’horizon 2025.

Présidée par Eric Baissus, Kalray, société grenobloise, pionnière des processeurs dédiés aux nouveaux systèmes intelligents, annonce l’enregistrement de son Document de base par l’Autorité des marchés financiers (AMF). En clair, elle s’apprête à entrer en Bourse.

 Il s’agit en effet de la première étape pour son introduction sur le compartiment Euronext Growth, celui des sociétés visant une hyper-croissance.

 Crédibilité

Il s’agit pour cette start-up de mettre en œuvre sa forte ambition en se dotant des moyens nécessaires à sa stratégie de développement. Une manière aussi, expliquent ses dirigeants de « renforcer sa crédibilité vis-à-vis de ses clients, dont de très grands groupes industriels mondiaux, quant à la capacité de les approvisionner en grands volumes sur des marchés mondiaux qui devraient connaître un rythme de croissance soutenu. »

Fondée en 2008 par essaimage du CEA, Kalray est le fruit d’une longue patience qui devrait être récompensée  : près de dix ans de travaux de R&D et un investissement de l’ordre de 60 millions d’euros !

Kalray conçoit et commercialise une nouvelle génération de processeurs dits « intelligents », protégés par 23 familles de brevets, qui permettent « d’analyser à la volée et de manière intelligente des flux très importants d’informations, de réagir et de prendre des décisions en temps réel. »

Grâce à leur architecture dite « MPPA » (Massively Parallel Processor Array) unique et brevetée, miniaturisation d’un super calculateur sur une seule puce, ces processeurs intelligents de Kalray expliquent ses créateurs, « combinent un ensemble de critères et de performances capable de répondre à chacun des enjeux soulevés par la nouvelle génération des systèmes intelligents, à savoir : une puissance de calcul considérable, comparable à 2 000 ordinateurs grand public ; une très faible consommation énergétique ; une sécurité intégrée très en amont du processus de conception grâce à des coopérations techniques menées avec divers acteurs de secteurs très sensibles dans le domaine de l’aéronautique ou encore de la défense ; et enfin, un système ouvert et programmable. »

Deux marchés : celui des datacenters intelligents et des véhicules autonomes

L’entreprise vise notamment deux marchés : celui des datacenters intelligents et celui des véhicules intelligents.

Ces deux marchés à très forte croissance-plus de 50 % par an sur les cinq prochaines année- représentent des opportunités commerciales à très court terme-dès 2019 pour le marché des datacenters-et à moyen terme : à partir de 2021/2022 pour les véhicules intelligents.

A ce titre, le processeur intelligent de Kalray a d’ores et déjà été intégré dans le concept car Symbioz4 dévoilé par Renault fin 2017, afin de gérer plusieurs algorithmes critiques liés à la conduite autonome.

Le président du directoire de Kalray annonce ainsi « avoir d’ores et déjà engrangé des avancées commerciales significatives sur ces deux marchés prioritaires, représentant chacun un potentiel de plus de 1 milliard d’euros. »

Sur le marché des datacenters, «  la solution de Kalray a été certifiée par un organisme indépendant en avril 2018. Trois fabricants de serveurs sont aujourd’hui en phase de qualification de leur produit intégrant la solution Kalray, pour une mise sur le marché début 2019. »

Sur le marché du véhicule intelligent, « le processeur de Kalray est aujourd’hui en phase d’évaluation chez cinq constructeurs parmi le Top 10 mondial et est notamment intégré dans le projet définissant la nouvelle architecture électronique de tous les véhicules d’un constructeur figurant dans le Top 3 mondial. »

 Objectif 100 millions d’euros

Pour mener ses projets, Kalray est accompagnée par des acteurs du capital-risque : ACE Management, CEA Investissement, Eurekap ! et Inocap Gestion ; rejoints depuis 2017 par les fonds d’investissement de Safran, MBDA (joint-venture entre Airbus, BAE Systems et Leonardo), le fonds d’investissement asiatique Pengpai et, récemment, par Alliance Ventures de Renault-Nissan-Mitsubishi ; mais encore par le fonds Definvest, géré par Bpifrance pour le Ministère des Armées.

Alors que la société a commencé à commercialiser ses processeurs « afin que ses clients et prospects puissent valider sa technologie et développer leurs propres produits », les dirigeants de Kalray se disent « prêts à aborder avec ses clients une nouvelle étape majeure de son développement. »

Ainsi, la société se fixe un objectif ambitieux de chiffre d’affaires, supérieur à 100 millions d’euros en 2025…